BOND SPATIAL

Bonjour à toutes et tous,

 

Non primé au concours de la cité des sciences de TOULOUSE octobre 2016. Le texte est cours de correction avec un premier prix d'une valeur de 200 euros.

Thème retenue : imaginez une autre platnète

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Bond Spatial

 

À bord de notre nouveau vaisseau, le Dragon 4, au rythme de son grondement cantique d’hyper propulsion, nous avions bondi irrémédiablement de notre vieille voie lactée afin de progresser vers l’objet de Hoag, œil jaune intense entouré d’un anneau blanc. Là, cachée derrière une ceinture d’astéroïdes, après une longue recherche à l’aide d’une des dernières sondes spatiales, nous avions détectée une planète similaire à la terre, qui semblait encourageante et prometteuse. C’est avec une grande minutie organisationnelle gargantuesque que ce projet d’expédition avait été planifié. Un délai de trois ans nous avait été nécessaire pour cet incroyable bon spatial.

Toutes les précautions standardisées avaient été prises, ce qui augurait une véritable chance de succès. En effet, c’était nos besoins de ressources toujours grandissants qui nous avaient poussés à faire un tel bond spatial, vers cette terre providentielle et inconnue. Cependant, notre voyage était délicat car il durait déjà depuis dix-huit mois. Anxieusement, nous étions enfermés dans cette coque froide à base de la dernière qualité de polymère artificielle qui nous tenait presque lieu de prison. Même cloisonnés, nous avions pu garder un crucialement certain moral.

Pour tout dire, le dôme panoramique du pont supérieur était propice à une certaine évasion. Il nous offrait un miraculeux spectacle par le défilé de couleurs dans cet espace que nous traversions d’une course folle. Dès notre pause de quart, avides de dépaysement, pour ne pas trop souffrir de l’isolement, nous grimpions alors dans notre pièce de détente favorite réceptacle de déluges de lumières du cosmos. Cependant, notre plus grande joie fut inévitablement ressentie à l’approche de l’exoplanète, prénommée L’GAÏA. En effet, enveloppée dans son manteau cotonneux rosé, celle-ci promettait d’être une des découvertes des plus incomparables de notre univers. Notre amiral, Lorinda Douglas, l’air sévère, mais d’un charme fou, était en suractivité dans le cadre des préparatifs d’explorations.

Pour l’heure, celle-ci était d’une humeur plus que directive dans sa combinaison moulante. Mais ce cuir artificiel lui donnait une densité féminine d’une incomparable beauté. Même, à certaines occasions, nous avions presque l’impression, déversée d’une étoile de feu stellaire, d’être au pied d’une déesse faite de chair. Un choc subtil de la douceur et de la force entremêlée lui conférait cette aura, d’une brune angélique mais aux ailes noires. Calculatrice à l’excès, elle avait décortiqué tous les problèmes potentiels, envisagé toutes les possibilités. Car elle voulait avoir réponse à tout et ne jamais avoué qu’elle puisse se tromper. Avec sa voix cadrée tandis que scintillaient ses épaulettes dorées, elle nous donnait des ordres clairs, avant de descendre à la surface de L’GAÏA.

En tout premier, venant de passer la couche stratosphérique, quinze drones de reconnaissance scientifique descendirent pour une inspection et un rapport par un multiple scannage afin de connaître les conditions de vie en surface. Magistralement, la vidéo extérieure affichée sur l’écran principal de la salle de pilotage, renvoyait sa couleur rosée liée à sa constitution gazeuse et au rayonnement solaire de son étoile. Cette étoile nous aurait réduites certainement en cendres si nous avions été à proximité. Par contre, l’invraisemblable rayonnement de notre amiral Lorinda qu’en à lui, nous faisons fondre dans sa bondissante noblesse de leader.

Magnifiquement, L’GAÏA lui répondait complice. Celle-ci était composée à soixante-cinq pour cent d’eau et le reste de terres, des terres érodées par ses climats.

En basse altitude, les drones renvoyaient des images plus belles les unes que les autres d’un merveilleux paradis perdu, fourni de nuances colorées. Débordement de majesté, on distinguait de grandes plaines aux herbes bleutées drues, des forêts denses avec des arbres d’environ quinze mètres de hauteur et pourvues d’une faune tout aussi imposante. Plus loin, les montagnes s’étaient recouvertes de neiges roses comme si c’était de la barbe à papa. Encore plus loin, des déserts tirant sur un sable vert sombre s’offraient en contraste jusqu'aux océans violacés. Enfin, les pôles de la planète s’érigeaient en gigantesques icebergs de glace à l’eau d’une couleur fraise. Ce défilé de contrées montrait à priori l’absence d’une intelligence quelconque sur l’ensemble de L’GAÏA.

Parmi toutes les images compilées, on pouvait observer des espèces plus que primitives et agressives. En fin de soirée, après le retour de l’intégralité des drones et de leurs données, l’amiral Lorinda programmait dans les trois jours, une intervention sur le terrain à 8 Heures, zéro, zéro. Les relevés étaient clairs. L’atmosphère était amicale, respirable et même plus pure que celle relevée sur la terre. Si on comparait cette atmosphère à celle de la terre. Il fallait au moins remonter à la période glacière pour obtenir une telle pureté.

Face à la vie indigène, le port de pistolet Laser à choc neural s’avérait obligatoire. Dans le froid spatial, en orbite géostationnaire, le Dragon 4 subissait, une effervescence peu commune suite à la vision de ces images extraordinaires. Une balise venait d’être projetée et positionnée sur la future base principale, prénommée Alpha Une, dans une clairière isolée, juste avant l’exploration de surface. Cette balise autorisait par sa conception, un transfert de matière de masse par téléportation. Cet emplacement allait devenir principalement un point névralgique. D’autant plus qu’elle accordait ainsi un important transfert de matériel technologique.

De plus la balise servait aussi de lien direct de communication avec le vaisseau qui restait en orbite géostationnaire. Voilà, tout était prêt pour le jour J, la première mission sur la belle et engageante L’GAÏA. Le stress du dernier jour avait imposé une nuit compliquée pour l’ensemble des équipes de chercheurs. Avec certitude, le premier jour glorieux laisserait peu d’instants à la détente en dépit de la mise en place de la base. Au matin, le compte à rebours était lancé avant le transfert de nos équipes : « Trois, deux, un, téléportation ! ». Dans la brume matinale, tandis que nous marchions sur cette terre nouvelle, l’amiral Lorinda, émue, aux yeux d’onyx perçant, regardait la lueur de l’aurore et sa queue de cheval brune filant sur son dos s’agitait sous le frisson d’une légère brise. Elle s’était stoppée pour profiter de la vue.

Au milieu de nous, débordante d’enthousiasme, elle organisait sans relâche nos tâches sur le terrain pour une mise en place optimale. Fortifiée d’une protection, notre base allait se composer d’une enceinte d’énergie plasmatique pour empêcher toutes les intrusions étrangères. Celle-ci serait installée par l’intermédiaire d’une cinquante de plots réverbères autour du site, disposés en forme de cercle. Au centre de la base, il y avait déjà six blocs, une pour la base de vie principale, une pour le repos, une pour les soins, deux pour la recherche et une dernière pour les prises de décisions. En annexe, il restait trois lieux de stockage pour le matériel et les véhicules tout terrain.

Une journée ne fut pas de trop pour arriver à sa mise en place définitive. De plus, un contrôle d’entrée automatique, avec sas, était installé à chacun des blocs. Il incorporait l’une des dernières générations de destruction de molécule par laser. Ainsi, aucun microbe ni insecte ne pouvaient pénétrer dans les pièces, maintenues dans une stérilité parfaite. En fin de journée, la dernière intervention de notre amiral était placée avant le repas, pour la planification des activités des équipes dès le lendemain.

On décida qu’une première équipe s’occuperait d’une recherche approfondie sur l’environnement, climat et flore, la seconde sur l’étude des espèces, la faune et enfin la troisième sur la géologie et les minéraux. Les drones avaient déjà délivré un large éventail d’informations sur L’Gaya. On reconnaissait des caractéristiques principales des insectes, ailes, antennes, mandibules. On retrouvait même des similitudes avec les cafards. Cependant des différences importantes ressortaient. En bref, ils possédaient huit pattes comme les araignées et en proportion certains pouvaient atteindre la taille d’une main humaine.

Donc, ils étaient considérés comme potentiellement dangereux. Le plus imposant était le règne animal. Ils n’y avaient pas de taille définie. Mais, tous réservaient des systèmes de défense surprenants qui innovaient dans l’art d’être intégré à son milieu. On découvrait par exemple un tripode caméléon qui une fois assis sur lui-même ressemblait à une fleur. Ou bien, ce carnivore de grande longueur que l’on pouvait presque assimiler à la famille des félins tant par la position de ses dents acérés, que par sa morphologie faciale la texture de poils ras irisés. Il avait à lui seul dix yeux sur sa partie crânienne avec six membres, quatre pattes arrière et deux bras plus courts sur le devant.

En somme, entre projections d’acide, dents aiguisés comme un rasoir, queue en forme de masse d’arme, camouflage, chacun des animaux possédait une forte agressivité bestiale, dénuée d’intelligence. En outre, l’environnement n’était pas en reste. Bien que cette terre offre un monde végétal en couleur tirant sur des bleus paisibles, la nature s’exprimait tout aussi dangereusement par une végétation difficile. Dans la jungle primitive, on distinguait des arbustes carnivores qui ressemblaient à une boule d’éponge. Au contact d’une proie, celles-ci s’éventraient en une bouche géante pour les avaler à la suite d’une projection d’anesthésiant.

Tout ça entrait en contradiction avec les couleurs douces presque pastel de paysages. Pourtant, les érosions présentaient les mêmes références terrestres, avec la présence de volcans actifs, avec une dérive des continents, la création de reliefs accidentés, de montagnes ou de collines. C’était tellement beau à regarder. Evidemment, cela s’accompagnait de climats similaires à ceux sur terre en passant par le désertique, le polaire, ou bien le tempéré. Voilà, c’était la fin de notre premier jour. Son soleil rouge se couchait à l’horizon. Les ombres des blocs de la base s’étiraient maintenant sur le pan abrupt de la montagne qui touchait notre clairière ainsi que le début de la forêt en forme de palmier à trois troncs séparés.

Toutefois, la nuit qui s’amorçait ne pouvait être noire. Car, dans leur aube, les trois lunes de L’Gaya qui montaient, on pouvait distinguer une argentée, une bleutée et une rousse. Leur lumière s’annonçait insolite dans les cris et les grognements nocturnes. L’ensemble des personnes étaient parties se coucher, rêvant à de nouvelles découvertes. Curieusement, L’amiral Lorinda Glass fut traversée par des rêves étranges, des rêves en plein milieu de la nuit. Quelque chose l’appelait ! Non, quelqu’un l’appelait ! La voix était celle d’un être à la peau bleutée, presque argentée, d’une forme humanoïde. Ses orbites d’un bleu océan étaient captivantes de sensibilité, ses traits étaient fins, d’une musculature ciselée. Une tête en forme d’une goutte d’eau tombant du ciel faisait ressortir comme une pointe au sommet de son crâne.

Cette femme qui était devenue amiral avait vouée toute sa vie à sa carrière et son travail. Mais elle chavirait en entendant ce timbre harmonieux. C’est comme si elle avait attendu tout sa vie vers cette seule aventure qui lui manquait. Dans les images qui se bousculaient dans son esprit, incrédule et euphorique, elle se laissait conduire par cet être lui transmettait un amour intense et infinie, doux et délicat, fait de compassion et de purs sentiments. Cet être était angéliquement bâti et attractif. Dans ses rêves, elle avait eu la sensation de tomber dans un étrange souterrain à la toiture au reflet d’arc en ciel. Sous une voûte gigantesque, elle se retrouvait au sein d’une peuplade, amicalité et généreuse. On entendait une chanson d’amour à la musique berçante comme le chant de l’âme. A l’abri des regards, ce que l’on pouvait apparenter à des femmes, la déshabillèrent pour lui faire revêtir une robe brillante de saphirs. Ensuite, entourée d’une foule, elle rejoignit l’être qu’elle avait vu dans ses songes après le passage de divers arceaux de fleurs qui ressemblaient à des lys d’or et éclairé de lueurs irréalistes nacrées. Sur un grand parvis de marbre doré, devant un vaste autel, on lui lia la main à lui. Mais lui qui était-il ? A cet instant, il portait une couronne de roi, des habits d’une grande beauté et si soyeux, brillants de mille feux.

Lorinda était extraordinairement réjouie comme libérée de tout son passé de terrienne comme si la vérité était là. Elle ressentait l’amour comme jamais et renversée, elle pouvait donner de l’amour comme jamais. C’était comme si ce lieu l’avait toujours attendu en reine. Et aujourd’hui, il résonnait de fête et de gaîté, plus que jamais. Journal de bord année 3543 : «  L’amiral Lorinda Douglas a disparu depuis deux mois déjà malgré nos recherches. Difficilement, nous avons conclu qu’elle ne reviendrait pas. Pourtant, nous n’avions décelé aucun comportement suspect. J’espère que là où elle est, elle est heureuse et en paix», le responsable en second Philiux Dange.


FIN

 

Tous droits reserves et exclusifs à l'auteur Philippe  Graindorge

 

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