Mon amour jalousé

Participation au concours de l'ouvrage collectif "Rencontres Extrêmes" en hommage à Maguerite Duras 2014, organisé par Soufflecourt Editions.

Rappel des contraintes du concours :

Concours francophone de Nouvelles 15 septembre 2014

Il y a cent ans naissait Marguerite Duras, il y 30 ans elle obtenait le Prix Goncourt pour l’Amant. A l’occasion de ce double anniversaire, les éditions Souffle court, veulent lui rendre hommage en lançant un concours de nouvelles ouvert à la communauté francophone.

Ce recueil, qui s’intitulera « Rencontres extrêmes » sera publié en fin d’année 2014 dans la collection « l’Atelier ». Il sera composé de d’une quinzaine de nouvelles sélectionnées par un jury composé d’écrivains et de lecteurs. Les résultats seront annoncés le 30 octobre 2014.

Ce concours sera l’occasion de vous (re)plonger dans l’œuvre de Duras et d’y puiser votre inspiration. Vous pourrez conjuguer à l’infini toutes les variations de la rencontre amoureuse, explorer les mille et un territoires de ce cœur toujours battant. L’hommage que nous rendrons par cet ouvrage pourra s’inspirer De l’œuvre de Marguerite Duras, le lecteur pourra retenir l’exploration et le déploiement constant de thèmes comme l’enfance, le voyage et les pays lointains, la transgression sociale, l’insignifiance du monde, l’érotisme et la sensualité, le désir et la passion, le parcours initiatique, l’écriture et son expérience.

« Je disais que l'écriture courante que je cherchais depuis si longtemps, je l'ai atteinte. Maintenant j'en suis sûre. Et que par écriture courante, je dirais écriture presque distraite, qui court, qui est plus pressée d'attraper des choses que de les dire… ».
(Marguerite Duras, Apostrophes, 28 septembre 1984)

Règlement

  • Date limite d’envoi de votre nouvelle : 15 septembre 2014
  • Date de Proclamation des résultats : 30 octobre 2014
  • Date de parution de l’ouvrage : 30 novembre 2014
  • Les nouvelles retenues seront éditées dans un ouvrage collectif publié aux éditions Souffle court.
  • Votre nouvelle devra comprendre la phrase suivante : « Elle dit aussi que s'il n'y avait ni la mer ni l'amour personne n'écrirait des livres. »
    (Marguerite Duras, Yann André Steiner)
  • Nombre minimum de caractères : 12000 caractères (espaces compris)
  • Nombre maximum de caractères : 15000 caractères (espaces compris)
  • Police à utiliser : Time New Roman.
  • Présentation de votre nouvelle : traitement de texte WORD (et non PDF ou autre).
  • Adresse mail d’envoi de votre nouvelle : atelier@soufflecourt.com
  • Vos coordonnées complètes dont adresse email figureront en haut à droite de votre page d’en-tête avec le rappel du titre de votre nouvelle.
  • Toute nouvelle ne respectant pas les consignes de nombre de caractères sera éliminée impitoyablement !

 

Commentaires de l'auteur Philippe Graindorge :

             Afin de répondre aux critères de ce concours, j’ai retenu l’exemple de « L’amant » de Marguerite Duras. En étant très sincère, j’avoue qu'elle n’ai pas un de mes auteurs préférés. Donc, je me console de ne pas avoir réussi car il était ouvert aux professionnels. A ce titre, je me doutais qu’il serait difficile. Je n’ai juste qu’un doute par rapport au thème. Malgré une question adressée à « Soufflecourt Editions », je ne sais pas s’il était possible de faire un texte purement imaginaire. Comme je suis parti de l’amant. Je me suis placé sur une histoire strictement vraie. Mais, je comprends aussi que les vérités ne doivent plus intéresser. Cela ne crie pas assez de réalisme. Cette histoire est tirée de mon vécu et à ce titre très personnel. Il m’a fallu du courage pour que j'en parle.Bien qu'elle se rapproche plus du roman que du récits. En effet, j'ai dû rogner des parties et il ne reflète pas la totalité des évènements uniquement l'essentiel.

" L'amour entre deux personnes qui a dépassé les jalousies et les difficultés que certain se sont évertués à leurs portés. Partant, d'un homme qui lui avait cessé d'espérer et qui ne voulait plus aimer."

Le 14/06/2016, en plein divorce, Quand j'ai écrit ces lignes. Je ne pensais pas à ce qu'y pouvait arriver après. Pourtant, aujourd'hui, je sais certaines choses font que je mettais voiler la face sur mon Ex pendant très longtemps.

Malgré tout, Très bonne lecture à toutes et tous

 

 

Mon amour jalousé

           

Mon amour jalousé

              C'était pendant les vacances d'été de 1993 qu'il la découvrit pour la première fois. Son visage s'ouvrait sur de magnifiques traits fins. Philippe contemplait la grande douceur qui en émanait. La jeune femme était perchée sur une des places passagères d'un tracteur, les bras tendus pour s'y maintenir. Elle aidait à décharger du bois pour son père dans la petite ruelle derrière sa maison de la rue voltaire à Flavigny-sur-Ozerain. Ce beau village se perchait sur le haut d'une colline qui desservait un grand plateau de culture et de bois.

Il se situait à la proximité immédiate des anciens camps de siège du site d'Alésia, où Vercingétorix s'était rendu aux forces de César pour épargner son peuple. Ce lieu depuis des siècles bouillonnait d'histoire et de culture, on ne devait pas pouvoir s'y ennuyer. De plus, d'anciens vestiges de fortifications médiévales encerclaient son ensemble d'habitations et ils invitaient à la curiosité et à l'évasion.

À côté, au cœur de ce village atypique de Bourgogne, quand le vent changeait de sens et annonçait le mauvais temps, on sentait circuler dans les rues l'odeur caractéristique de l'anis en provenance de sa fabrique de bonbons. Enfin sans doute le plus remarquable, il conservait un haut lieu de la religion avec des séminaristes qui se destinaient à la prêtrise. Il y avait également une résidence où séjournait des moines qui invitait au recueillement et à la méditation. Pourtant Philippe détestait le goût de l'anis. Il ne s'intéressait pas à ce lieu et il n'attachait pas non plus d'intérêt à son histoire.

A contre-cœur, il avait suivi son père pour être auprès de lui. Philippe était déçu que son père ne soit pas resté dans la maison familiale en Normandie pour sa retraite. Sans divorcer, ses parents faisaient leur vie chacun de leur côté, sa mère continuait à travailler dans sa petite commune comme secrétaire de mairie. Son père voulait absolument retrouver l'endroit qui avait bercé son enfance.

Ils se retrouveraient plus tard. Pour Philippe c'était une véritable déception, mais il respectait le choix de son père. Souvent, il observait cette femme avec attention tandis que son cœur était encore fragile et qu'il lui disait non. Déjà petit, il se souvenait à quel point l'attirance qu'il avait pour les filles finissait généralement mal, avec une préférence indéniable pour les brunes, sans savoir pourquoi. Son tout premier béguin s'appelait Elodie, avec des cheveux longs couleur de châtaignes, en classe de CM2, il lui écrivit un poème au titre prometteur : " La petite fille aux yeux marrons".

A la récréation, il lui glissa ses sentiments étalés sur un joli papier dans son petit cartable. Il n'avait absolument pas prévu qu'elle déballerait tout à l'ensemble de la classe. Tout le reste de l'année scolaire, il devint la risée des autres enfants. Comment ne pas avoir été refroidi quand on avait tant de mal à s'exprimer avec sa voix… Malgré tout ce n'était que la première fois, il pensait que la prochaine serait sans doute moins malheureuse.

A sa rentrée en sixième, il ne tarda pas à faire une nouvelle rencontre, une brune encore, avec des cheveux mi-courts cette-fois. Il se trouva auprès d’un camarade de classe énergique, prénommé Eric. Celui-ci, téméraire, glissa à l’insu de Philippe dans un minuscule message à la jeune fille juste devant leur table de cours : " Veux-tu sortir avec moi ?". Très gêné, Philippe eut peur de la réaction mais celle-ci fut : "Oui !" à sa grande surprise. Un petit mot suite auquel, il sortit environ trois ans avec la jolie Christelle car il avait un grand défaut : il n'arrivait pas à lui dévoiler ses sentiments comme lui dire la simple expression : "Je t'aime". Ils se séparèrent puis se remirent ensemble puis se séparèrent de nouveau à cause de sa maladresse. Il garda durant longtemps une grande tendresse à son égard.

Enfin le collège passé, la page tournée, il rentra au lycée sans enthousiasme, sans savoir quoi choisir comme filière. Comble de l’infortune, il tomba dans la classe la plus agitée et, en cours d'année, un groupe d'élèves avait même réussi à excéder leur professeur principal jusqu'à ce que la totalité de la classe termine collée. Seulement deux élèves eurent leur passage en 1 ère cette année là. Son père voulait qu'il se décide, en faisant un choix important et difficile. Il n'aurait jamais imaginé que vers la fin de la seconde, alors que les cours se terminaient, il puisse tomber amoureux d'une nouvelle fille dont les cheveux étaient bruns bouclés.

Ce fut à elle, Cécilia, qu'il accorda le plus de son cœur. Il espérait tellement que ça dure. Il vécut des instants magiques, la main dans la main ou lorsqu'elle se serrait dans ses bras lors de balades en forêts. Quand tout vola en éclat. Pendant les vacances d'août, elle l'avait invité pour son anniversaire, le séjour se termina par un refus de ses parents. La mère de Cécilia l'avait vite ramené en voiture chez lui. Il ne savait pas qu'à cet instant il tenait sa main pour la dernière fois. Peu de temps après, Cécilia lui expliquait dans une lettre que ses parents préféraient qu'ils ne se voient plus afin qu'elle puisse poursuivre ses études.

Sous le coup de l'émotion, Philippe fit soixante-dix kilomètres à vélo pour lui parler et ce fut là encore une déception et elle ne le sut jamais. Détruit de tristesse, il s'était fracassé le crane s'en voulant d'avoir été incapable d'avoir été meilleur pour la garder, d'avoir trouvé les bons mots, jusqu'à tomber sous les chocs. Une plaie ouverte qui ne se referma pas. Le reste des années, il se consacra en conséquence à ses études d'électricien, une façon d'oublier, sa souffrance et ses échecs. De ce fait, il n'attendait définitivement plus l'amour, il s'était fait une dure raison. Contre toute attente, les jours passant, la jeune femme s'immisçait de plus en plus dans sa vie. Elle se débrouillait pour trouver des excuses pour qu'ils se croisent. Elle abordait son père où elle allait chez son oncle et sa tante lorsqu'il y était présent.

Du coup, Philippe devenait curieux aux regards et aux petits mots échangés. Dans l'effervescence d'une sortie de courses de calèches, son père invita cette jeune femme et sa mère à les accompagner. Pendant le voyage, à l'arrière du véhicule, elle chatouilla et taquina le jeune homme qui était complètement déconcerté par cette brune café aux cheveux courts. Il ne savait pas comment se tenir devant les assauts de la belle Isabelle. Pour lui, il n'était pas important qu'elle soit un top model. Néanmoins, elle dégageait un charme fou, avec un regard noisette envoutant bordé d’une touche de vert. Sur le coup, il l'imaginait dans le dessin animé où le personnage principal " Betty Boop" danse pleine de malice. Par l'attention qu'elle s'attachait à lui porter, Isabelle retournait le cœur de ce jeune homme au caractère réservé. Celui-ci, lunettes sur le nez, la vingtaine, désirant d'abord des sentiments sincères et du romantisme, était en complet décalage avec les autres jeunes hommes de sa génération.

Bouleversé à la remontée du champ où s’étalaient les calèches, marchant légèrement en retrait d'Isabelle, avec une certaine hésitation, il glissa sa main dans la sienne. La jeune femme se retourna et il lui dit : " Veux-tu sortir avec moi ?" et elle répondit avec un large sourire : « oui ! ». Ce fut le début de leur idylle. Ils alternèrent avec attente les promenades dès qu'ils le pouvaient, à l'ombre des maisons en pierre du village, dans les chemins ruraux, vers les jardins ou jusqu'au vieux lavoir. La principale difficulté était qu’Isabelle travaillait pendant la journée comme assistante en soins hospitaliers, à la maison de retraite d'Alise-Sainte-Reine. Cette difficulté n’en était pas une. L'amour grandissait dans le cœur des deux tourtereaux.

Parallèlement, l'œil inquisiteur, les inquiets des « bonnes mœurs » commençaient à jaser. La tante de Philippe soufflait aux oreilles de son père que ce n'était pas une fille pour lui, étrange pour quelqu'un qui côtoyait ses parents depuis des lustres. Ensuite, il y avait la différence d'âge… Isabelle était de huit ans son ainée. Au soir de la fête de la chasse, cela fut même un prétexte pour un de ses ex, crevant de jalousie et à moitié saoul, de lancer : "Maintenant tu les prends au berceau ?". Devant les reproches quotidiens, Philippe eut un mal fou à tenir son calme. Et, contre toute attente, Isabelle s’interposa et tempéra les choses immédiatement. Un trait de caractère que Philippe admirait chez sa petite amie, un courage dont il se croyait, lui, dépourvu.

Malheureusement, les grandes vacances s'étiraient et Philippe devait repartir pour ses études en Math sup Ta en région normande. Il promit à Isabelle de lui écrire le plus souvent possible et de l'appeler au téléphone aussitôt qu'il le pourrait et ensuite de revenir à chaque vacance. Sous l’emprise d'un amour naissant et déjà profond, Philippe débutait une classe compliquée. Les premiers temps, il aimait la nouveauté de ces cours pourtant il n'arrivait pas à se faire au moule de la classe. En effet le rabâchage des professeurs « Vous êtes l’élite, vous êtes les meilleurs » l'irritait énormément. Le tempérament humble de Philippe ne supportait pas les éloges quand on a rien réalisé. Jamais il ne s'imposait comme supérieur à quelqu'un.

D’autre part ses pensées étaient tournées vers Isabelle. Il lui écrivait chaque jour, même les dimanches. Il lui racontait tout, l'école compliquée, ce qu'il aimait et il lui plaçait chaque fois ces trois plus beaux mots, je t'aime. D'allers en retours, les vacances de mai tournèrent à un événement plus intime, leur première fois. Succombant à leur passion, une couverture bleue sous le manteau, ils se donnèrent l’un à l’autre, dans la paille d'une grange, plus tendres et amoureux que jamais. Après avoir été bercés par la pureté du ressac de leurs sentiments, baignés plusieurs fois dans leurs câlins sensuels, Philippe était persuadé qu'Isabelle devait devenir plus que sa petite amie.

Avec énormément de patience, il l'avait convaincu de partager son appartement, sa vie. Les deux premiers jours furent angéliques et vivre d'amour et d'eau fraîche prenait tout son sens. Pourtant les jours suivants, la raison retombée, la peur du lendemain, l'absence de ses proches, bouleversa Isabelle, elle voulait repartir malgré tous les arguments de Philippe. Le déracinement était trop dur. Pour le naïf, la chute fut terrible sur le quai de cette gare de Rouen.

Au lieu de trouver un réconfort près de ses proches, la jeune femme fut culpabilisée par sa famille. Il était perdu, broyé, seul responsable. Alors il voulut dormir, il voulut oublier. On lui prescrivit des somnifères. Dans le bus, il les avala sans compter. Il monta les marches de son logement, tourna la clé et heureusement tomba avant d’entrer, sur le palier. Enfin, on prit le temps de les écouter… Isabelle et lui prirent alors la décision de vivre ensemble dans sa région à elle, ce qui fut accepté. Il changea de filière pour un BTS en alternance. Après deux ans, ils voulurent se marier, mais ce ne fut pas un véritable bonheur du côté de leur famille. Décidés, ils ne laissèrent pas le choix, ce fut un minuscule mariage juste à la mairie. Tant pis, ils s'adoraient.

Puis, le chagrin et les coups durs arrivèrent avec le décès du père de Philippe sans qu'il sache qu'Isabelle attendait un petit fils. Plus tard, en 1998, un CDI conduisit Philippe, à Méry-sur-Seine auprès d'un tuteur lunatique. Après un certain laps de temps, il finit par abandonner, terrorisé. Encore des complications, sans logement social pendant cinq mois, ils vécurent sous une tente du camping municipal, au bord du canal de l'Ourcq. Ils nourrissaient les colverts avec le pain devenu moisi.

Ensuite, suivirent une période où alternaient travail en intérim et chômage. Ils survivaient grâce à leur courage et leur amour. Philippe se lança alors dans des concours.  Il réussit à entrer à EDF en 2000, avec encore le goût amère du décès douloureux de sa mère, partie un an plus tôt. Cinq années avec des deuils liés à la maladie dans leur famille respective, mais ils étaient toujours ensemble. Au début, ils pensaient qu'avec le travail de Philippe ils vivraient dans la sérénité. Seulement, son travail était comme un cadeau empoisonné : dès que l'on connaissait son métier, on lui crachait qu'il était un privilégié, qu'il devrait en avoir honte. Ils prirent le pli de ne plus rien dire pour préserver leur union, leurs bons moments.

De vieux amis leurs proposèrent d'avoir une maison de rêve, avec de la vigne, un puits, un four à pain et une cave voutée sur la commune d'Alise-Sainte-Reine, une façon de passer l'éponge. Joyeux, il eut la bêtise d'en parler au travail, on l'obligea à faire un choix entre la maison et la présence de sa famille à ses côtés. Sans hésiter, il choisit sa famille qui finit par compter quatre enfants, les quatre prières de son trésor et il lui était impensable de les perdre.

De dépit, il acheta une autre maison scellant une nouvelle plaie, car un crédit relais les obligeait à vendre à perte lors d'une évolution de carrière. En 2007, ils pensaient enfin revenir dans le paradis de leur amour, la Bourgogne, dans une maison agréable. Une maison agréable, soit, mais cette commune abritait la soucoupe de la jalousie. Leur amour trop palpable gênait : « Vous n’avez pas le droit d’être heureux ici ».

Durant sept années, ils supportèrent l'indignité d’une petite poignée avec de courtes accalmies. L’année la plus agréable fut celle de leur séjour en Charente Maritime. Ils profitèrent non de la mer mais de l'océan, ils y oublièrent cette haine et ils regrettèrent de ne pas pouvoir y rester. En date du mois d'avril 2014, l'ignominie des ragots les obligea à déposer une nouvelle plainte à la police de la place Suquet à Dijon, pour calomnie. Il n'y avait pas de fin à la honte… lui qui croyait à la justice et l'équité de son pays ! Apparemment, l'honneur d'une famille souillée n'avait jamais eu d'intérêt pour personne.

Pourtant, Philippe s’en moquait royalement parce qu’il puisait une force inépuisable auprès de celle qui était devenue son amour, son épouse et la mère de ses enfants. Décidé, ils partiraient. Cette citation prenait à présent tout son sens : « Elle dit aussi que s’il n'y avait ni la mer ni l'amour personne n'écrirait des livres » (Marguerite Duras, Yann André Steiner).

Même si la jalousie, l’hypocrisie et le mensonge régnaient où ils étaient, la vague de l'amour déferlait toujours dans leurs veines. Le 2 août 2014, après avoir fait des économies, Philippe offrit à Isabelle un des plus beaux souvenirs : le grand mariage, celui du cœur, celui devant Dieu. Sans remord, Philippe était prêt à sacrifier jusqu'à sa vie pour Isabelle. Elle qui savait si bien faire face avec lui à toutes ses tempêtes. Elle avec qui toutes les joies étaient possibles, elle qui avait su pérservé leur univers d'amour indéfectible. Elle était son unique. Elle était son Eden.

 

Tous droits réservés et exclusifs à l'auteur Philippe Graindorge

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