Un sorcier au coeur noble

Bonjour,

Je vous présente si joint le résultat du concours Focombe 2015 où j'ai participer, pour la partie Saga. http://forum.fondcombe.com.

Principe du concours:

En définitive, 3 thèmes font l’objet de 3 classements séparés :

Thème félin

Concerne les nouvelles dont un personnage est un chat.

Thème Saga

Concerne les nouvelles dont un personnage (réel ou fictif) se rattache à l’arbre des Alespée

Illustrations

Les participants ont été invités à fournir des illustrations de leur nouvelle, d’une autre nouvelle ou d’un des deux thèmes.

Les nouvelles devaient faire entre 5 000 et 50 000 caractères (espaces compris). Cette limite a été augmentée à 75 000 caractères à condition que les nouvelles concernées soient découpées en chapitres.

La nouvelle la plus courte fait 5 600 caractères (celle qui fait 4 203 caractères est hors concours), la plus longue 71 232.

7 nouvelles faisaient moins de 10 000 caractères, 3 autres plus de 50 000 caractères.

 

les retenues:

Les gagnants:

Voir sur le site FONDCOMBE pour les autres résultats http://forum.fondcombe.com.

L'accès au texte sur le concours est en accès réservés par code. Dédicace spécial à Lorie, sans toi, je n'aurais jamais osé, le code est ton véritable prénom.

Un sorcier au coeur noble

Un sorcier au coeur noble

           

                Au pan d'un versant escarpé, souverainement se dressait un petit château, de couleur sombre et abondement crénelé. Celui-ci surplombait par son côté sud, l'immense vallée de la Vère, bout éternel de la Suisse normande. Il appartenait à une des lignées des Alespées qui s'apparentait à la branche pourrie de cette famille. Dans tous les cas, c'était l'explication sans scrupule que donnaient leurs cousins lorsque l'on les interrogeait à son sujet. Le père, tout petit vassal du suzerain Guillaume 1er habitant depuis tout jeune le château de Domfront, était pourtant content de son sort et sans titre. Avec bravoure, il était devenu le porte-épée de son suzerain après avoir guerroyé plusieurs fois à ses côtés, contre des hordes de bandits et de vikings, sur ses terres. La causerie sur son sujet ne l'intéressait pas. Sensé, il se doutait qu'une des principales sources de jalousie était son mariage avec une paysanne du coin, Hermione.

 Leur première rencontre avait eu lieu lors d’une campagne pour défendre le village de la belle. Le charme qu'elle avait dégagé l'avait conquis et il n'aurait pas pu faire demi-tour devant une telle douceur de visage. De leur union naquirent deux fils Alespées, le premier, Pierrique qui deviendrait un grand gaillard comme son père et le second, Merluche. Dans cet ordre, l'importance était tournée vers l'ainé pour prendre le relais de la seigneurie. Quant à Merluche, il était préposé à intégrer le sein d'une congrégation. Cette obligation, dès l'âge de 16 ans, il dût s'en acquitter. Sans préparation, il devait rejoindre un ordre installé depuis peu d'années, sur un lieu particulier, celui des bénédictins. Sous la main d'un précepteur, frère Damien, venu le quérir, il effectua une grande marche de plusieurs jours depuis la demeure parentale jusqu'au futur habitat de sa vie.

Les sentiments de Merluche était mitigés car d'un côté, il y avait l'aventure et de l'autre l'absence de sa famille. C'était un regret pour lui. Enfin, le périple touchait à son but. Il découvrait pour la première fois, l'embouchure où se jetait le Couesnon et qui abritait sa future retraite, un îlot émergeant de la mer. Son précepteur lui indiqua qu'ils devaient patienter jusqu'à la marée basse pour rejoindre le mont de sa formation religieuse. À son sujet, une légende racontait qu'un évêque avait reçu par trois fois l'ordre de l'archange Saint-Michel d'y édifier une abbaye. Immanquablement, la troisième fois fut décisive contraint par une marque à la tête que l'archange en colère lui aurait porté. L'évêque d'Avranches, Aubert, avait fini par céder à la certitude de ses visions. Béni, l'enrochement granitique sortant des flots venait figer à son sommet, la pointe d'une abbaye presque irréelle au creux de cette baie. D'un camp d'attente, formé dans la nuit qui se couchait, ils mangèrent un morceau de pain et de viande secs avant de se reposer à la faveur d'un feu balloté par une brise. Un temps plus tard, dans l'odeur iodée, Merluche était allongé et frigorifié par la pluie d'une bruine qui s'était mise à tomber.

Soudain, il fut secoué dans son demi-sommeil par frère Damien. «C'est l'heure», disait-il. Stoïquement, frère Damien reprit la marche, muni d’une gaule en chêne et d'une courte lanterne dans l'autre main. Celui-ci testait leur avancée dans le sable apparu, par intermittence car prévenu de ces terribles dangers. Tous les deux engagèrent alors une difficile traversée sinueuse en direction des lumières du mont, avec leurs sandales qui venaient à se tremper dans le reste des poches d'eau de mer. Même les mouettes criaient, apeurées par leur cheminement comme pour leur demander de repartir. Peu loquace depuis leur départ, frère Damien prit néanmoins la parole. Afféré dans sa besogne, il relatait avec émotion la perte de plusieurs de ses amis au gré des années de pèlerinages. Frère Damien exprimait le fait qu'il fallait rester humble devant la nature. Car sinon, l'arrogance de l'homme, le conduirait irrémédiablement à sa propre perte. D'une affirmation froide, il finit par rajouter qu'en ce lieu, Dieu éprouvait la foi des hommes qui devaient faire de grandes choses pour lui.

Dans un regard encore appuyé, il affirma à Merluche que s’il y avait un destin, sa vie serait longue. Parce que Dieu protège ceux qui luttent contre le mal et en son nom, où qu'il soit. Fort de sa jeunesse, Merluche était embarrassé devant une telle conviction d'homme. Sous ses émotions, il se remémorait ses balades au creux de la montagne, la chasse avec son père ou bien des conversations avec sa mère. Sa famille lui manquait vraiment beaucoup. Pour l'instant, elle restait pour Merluche, le plus important, Dieu ou pas. Rayonnant, le petit jour illuminait enfin la terre, sur un perron improvisé dans la roche. Ardu, un escalier arpentait l'ascension du Mont Saint-michel en direction du presbytère.

En revanche, hors des parties pratiquantes, une petite auberge et une poignée de maisons jonchaient sa partie basse comme une réponse à son lien avec la civilisation. S'acquittant des salutations de politesse, frère Damien s'arrêta un instant pour parler l'aubergiste, M. Poulard. Merluche en fit autant. Quand son intérêt porta son regard vers l'intérieur de l'auberge. Il se mit à observer une très jolie jeune fille, une serveuse, avec les cheveux bruns attachés à l'arrière et qui dégageait sa nuque. C'était la fille de l'aubergiste, Lorianna, qui dans l'affairement, passait et repassait dans l'embrasure de la porte de l'auberge. D’affolement, le cœur de Merluche avait fondu comme la neige sous les rayons du soleil. Il comprenait que sa vie religieuse ne serait pas si morose que ça. En colère, frère Damien avait vu l'état de Merluche, il le tira de sa béatitude pour reprendre la direction du presbytère, tout en le sermonnant sur son devoir et l'engagement religieux.

Baissant la tête dans ses épaules, Merluche s'accommodait mal de préceptes aussi réducteurs. La désillusion, ce n'était qu'un espoir et les premières années lui confirmèrent que son futur tournait plus à une prison qu'à la liberté. Non résigné, il profitait du cloître pour repenser, en dehors de Dieu qui l'accompagnait au long de ses journées, entre prière, travail et méditation, aux seuls images du visage de Lorianna. Comme si dans son esprit, elle représentait sa liberté. Du haut de ses 18 ans passés, Merluche fut convié à faire la grande marche jusqu'à Jérusalem. Par son assiduité, on avait estimé que ses 2 années d'applications dans ses tâches lui permettaient de suivre avec sérieux le pèlerinage en Terre sainte. La nouvelle l'avait réjoui car il sortait enfin du mont. Merluche savait qu’on lui témoignait une marque importante de reconnaissance.

Magnifiquement, cette procession de plusieurs mois lui offrit des souvenirs inconnus de contrées et de villages. Sa mémoire se gâtait, comblée, par des découvertes au quotidien. A cette période, il se sentait revivre par ce dépaysement. Avec pour comble, la prestigieuse Jérusalem qui resterait gravée dans son esprit. Pourtant, ils étaient de retour au Mont, après plus de 10 mois d'absence. Il savait pertinemment que la reprise de ses occupations de départ serait pour lui un calvaire, après avoir goûté à l’espace. Quand, il avait oublié quelqu'un d'important. N'ayant plus de vivres depuis 2 jours, la troupe de pèlerins décida de manger un morceau à l'auberge de M. Poulard. Au fond de l'échoppe, ils s'installèrent sur une table à disposition. Le choix était facile au vu du peu de monde présent. Lentement, Merluche prit place en dernier sur l'extrémité du banc.

À l'instant où ses yeux se levèrent, il se figea. Dans les habits typiques de la région, Lorianna se dressait devant eux et elle attendait pour prendre leur commande. Chacun d’eux répondaient à leur tour. Alors que pour Merluche, le temps s'était irrévocablement suspendu. Il n'arrivait plus à parler. Quel effet étrange le paralysait et nouait son ventre affamé. Après insistance de Lorianna, il s'exprima d’une façon presque rigolote qu'il souhaitait un plat consistant. Toute amusée et fière, elle lui proposa une de ses préparations. D'approbation convenue, Merluche accepta devant l'expression de soleil au bout des lèvres de Lorianna. Comme ci, elle avait deviné qu'il ne refuserait pas. Afin qu'ils patientent, elle déposa un pichet de vin sur la table, tiré du tonneau et une miche de pain frais. Dont l’odeur enivrante émanait depuis la sortie du four. Pendant ce temps, elle commença la cuisson de la viande et des légumes mais surtout son plat spécial pour Merluche. Son père était absent pour se réapprovisionner sur les marchés en dehors du Mont et il lui demandait régulièrement trois jours de déplacement. Seule sa mère présente l'aidait auprès des clients en s'occupant principalement des fournils. Sortant de la cuisine, Lorianna, avec rapidité, rapporta enfin les plats.

Méticuleusement, elle servit la bande mais elle garda pour la fin la préparation de Merluche. À son dernier tour dans les cuisines, elle lui posa une omelette. Passionnément, une omelette qui à elle seule embaumait et comblait le nez de merluche. Lorianna leur souhaita un bon appétit et elle repartit servir les autres clients. Au tréfonds de Merluche, Lorianna avait pris une place spéciale à l'image de son omelette et quelle… omelette! Dans sa bouche, sa saveur était succulente comme si l'amour le faisait chavirer. Alors merluche se mit à espionner par curiosité cette cuisinière hors pair. De son côté, Lorianna repassée derrière le comptoir, faisait mine d'être indifférente alors qu'elle levait de temps en temps la profondeur de ses yeux marrons en direction de Merluche. La barrière qui se dressait entre eux était la soutane noire recouvrant Merluche.

Un pincement l'éprouvait elle-aussi lorsqu'elle entendait les conversations, sur ces pays lointains, ces merveilles et ces aventures. Dans un soupir, elle songeait : elle aurait tant aimer quitter ces lieux pour partir aussi à la conquête de nouveaux lieux. Cependant, leur activité reprit le pli de la routine comme le seul lien important sur ce Mont. Après quelques jours, Merluche et Lorianna providentiellement se revirent. En effet, l'aumônerie avait pris une telle activité en cette période hivernale qu'un coup de main impérieux avait été sollicité auprès de l'auberge. Contre toute attente, répondant aux ordres, Merluche fût convié à aider Lorianna. Celle-ci était préposée à l'apport de bois pour chauffer l’âtre de la grande salle. Promptement, Merluche l'assista alors dans son travail.

Dans leur descente au bucher du presbytère, tous les deux restaient intimidés. Ils ne savaient pas quoi se dire alors qu'ils échangeaient déjà par leur regard. Passant l'encart du bucher, maladroitement, Lorianna trébucha et on ne sait comment, voulant se raccrocher à quelque chose. Elle entraîna dans sa chute Merluche. Dans la pénombre du lieu, ils tombèrent l'un sur l'autre et sous l'effet de la surprise, de l’élan, de l'envie, du désir, Merluche lui vola un baiser. D'abord surprise, Lorianna le frappa de coups de poing sur le torse à tout rompre. Gêné, Merluche s'excusa aussitôt et contre toute attente Lorianna lui rendit son baiser avec une intense émotion de volupté en finissant par écraser sa poitrine contre lui. Rêveusement, Avait-elle cédé à son allure de seigneur des Alespées, à ce grand blond aux yeux bleus ?

Faut-il un baiser pour délier les langues, d’une idylle improbable d'un moine et d'une serveuse d'auberge sur un lieu des plus religieux ? Invariablement, le résultat était là et ils n'arrêtaient plus de parler, buvant chacun à tour de rôle les moindres mots prononcés. Plus de raison, ils devaient se revoir. Alors, ils se donnèrent rendez-vous. Dans la nuit, ils attendraient  les derniers sons de cloches marquant le coucher en provenance de l'église. Au gré de leur lanterne, ils se verraient derrière les remparts, dans les coins improbables, à l'abri des autres. Cet amour prenait tellement de place qu'ils en devenaient étourdis même la journée. Un soir, ils convinrent d'un commun accord qu'ils devaient s'enfuir pour être ensemble.

Tous les deux savaient que le Mont n’accepterait pas qu’ils puissent s’aimer. Dans ses prières, Merluche pria Dieu de l'aider, pria Saint-Michel de l'aider. Mystérieusement, il lui vint alors une idée. Peut-être qu'il découvrirait dans les livres de la bibliothèque un lieu approprié à leur amour et de quoi les protéger de ceux qui pourraient penser que leur amour n'aurait dû jamais exister. Certains soirs à l'ombre de la bougie quand il ne pouvait pas la rejoindre. Assidûment, il partait à la quête de son bonheur avec Lorianna. L'endroit parfait où on ne les rechercherait pas. Surtout que les mois passaient et Merluche entendait les chuchotements qui devenaient de plus en plus pesants à son encontre. Malgré les précautions qu'il avait prises, les autres moines avaient vu son changement d'attitude.

Lorsque, dans sa recherche régulière dans les livres, au milieu de la réserve, Merluche tomba par hasard sur un étrange livre, au fond d'un reliquaire, un livre interdit. On y parlait d'anciens druides celtes qui possédaient le pouvoir de se mouvoir vers d’autres réalités. D'autre part, un symbole l'intriguait sur des pages du récit. Curieusement, il le prit pour un talisman de protection car il n'y avait pas la totalité de la traduction. À côté, son érudition se limitait à décrypter des textes plus récents. Par ailleurs, il ne pouvait pas le copier sur du papier. Si on le fouillait ! Sous l'angoisse de se faire surprendre, il se grava l'image sur son cœur avec de l'encre, pensant qu'on ne le verrait pas sous son horrible soutane noire. Or le pire arriva. Beaucoup de mois passés, le ventre de Lorianna s'était arrondi. Il n'y avait plus de doute. Sa belle brune élancée était enceinte. Ne pouvant plus attendre, à la faveur d'une nuit sans lune, ils quitteraient les chaînes de leur obligation pour vivre cette vie ensemble.

Un panier rempli à la hâte, l'un près de l'autre, ils enfilaient la sortie du rocher, tournant le dos définitivement à ce lieu. Leur désertion fut de courte durée car ils furent presque aussitôt rattrapés par les soldats envoyés par le père Poulard inquiet de la énième absence de sa fille. Jeté dans un cachot, Merluche avait peur pour Lorianna et son enfant. Il n'avait qu'un souhait qu'ils vivent. Une seule idée le traversa, il assumerait tout pour la, pour les protéger. Le lendemain, le couperet du Mont débarqua avec un inquisiteur très partial par rapport à la religion. L'abbé Conan d'une haine dans le verbiage qui faisait comprendre à Merluche quelle devait être sa sanction pour un tel crime. Quelle honte de s’être détourné de sa voie, au profit d'une aguicheuse de vilaine.

Les questions accusatrices portaient aussi sur l'implication de Lorianna. La hargne que déployait cet abbé lors de l'interrogatoire dévoilait un personnage odieux. Il se croyait mandaté par Dieu pour pourchasser tous les mécréants sous quelques formes que ce soient. D'autre part, il soupçonnait Lorianna de sorcellerie pour détourner, aussi insidieusement, un homme de Dieu. Sans remords, Merluche assumait la totalité des responsabilités. C'était lui le sorcier grâce à un livre interdit qu’il avait découvert dans la bibliothèque du presbytère. Avec à-propos, il le décrit avec précision. Celui-ci avoua que c'était lui qui l'avait influencé. Pour terminer, il ouvrit sa soutane et il montra son torse avec le symbole celte dessiné à l’encre.

Dans un rictus, l'Abbé Conan affirma qu’avec ces informations de toute façon, ils seraient condamnés tous les deux à mort. Un enfant du diable ne devrait en aucun cas  voir le jour. Quant à elle, Lorianna avait aussi été jetée dans un cachot. Alors que confiant, son père faisait des pieds et des mains pour obtenir sa libération. Pour échapper au jugement, il n'y avait qu'une solution. L'enfant serait tué à la naissance. Les ordres ecclésiastiques n'avaient aucune clémence dans la bouche de l’abbé. A l’opposé, frère Damien, lui qui avait pris sous son aile Merluche, n'avait pas l’intention de laisser cette situation dans cet état. Avec l'appui de ses relations, il fit adresser immédiatement une lettre au père de Merluche : «Sir Robert, j'ai le devoir de vous informer que votre cadet Merluche de l'Alespées est accusé de sorcellerie. La cause est qu'il s'est amouraché d'une jeune fille du Mont, Lorianna Poulard, la fille de l'aubergiste. Je pense qu'il doit être terriblement amoureux car il a reconnu les faits devant le pire des inquisiteurs de notre ordre. Je vous conjure de le sauver car je suis sûr qu'il s’est mis en tête de les protéger, elle et l'enfant qu'elle attend de lui. Dans quatre jours, il doit être conduit à Saint-Malo pour succomber sur le bucher en place public. Le fanatisme de l'abbé est tel qu’il a décidé de faire un exemple de votre fils pour l’ensemble de la congrégation. Votre dévoué servant, frère Damien, auquel vous avez confié votre fils».

Malgré le petit espoir qu’elle avait soulevé, les chances de réussite étaient maigres. La lettre était arrivée très vite mais Sir Robert n’en prit connaissance que le lendemain midi, à son retour de campagne. Le temps qu'il mandate une escouade à cheval et qu'il remonte sur la ville de Saint-Malo, son fils était mort, brûlé vif. En effet, une fois sur place, malgré une course épique dans les rues de la ville, il était arrivé trop tard. Pyramidalement, il n'y avait plus qu'un amas calciné encore fumant au centre de cette place principale. Devant cette tombe, il s’en suivit une large altercation en lieu et place, avec l'abbé Conan, encore présent et entouré des bourreaux. Celui-ci expliqua à nouveau que son fils s'était détourné de Dieu pour les plaisirs de la chair comme pour narguer le Père de Merluche, auprès du reste de la populace encore présente.

D'une colère d'ouragan, Sir Robert descendit de cheval en direction de l'abbé et s'écria avec un aplomb incroyable : «Espèce de sot diabolique, Dieu n'a jamais demandé de n'aimer que lui. Sinon, il n'y aurait aucune personne sur terre. Ils nous a demandé de veiller à respecter ses lois. Si mon fils avait trouvé l'amour. Dieu ne l'aurait pas tué. Seul un homme mauvais peut faire ça en son nom et seul un homme de courage peut t'arrêter !». D’une force décuplée et d'un large mouvement de bras, Sir Robert dégaina son épée et il coupa d'un seul coup, la tête de l'abbé Conan. Pitoyablement, celle-ci roula alors à même le sol, comme un rejet de sa démence. De dépit, tournant le dos, Sir Robert se mit en charge de récupérer cette fille enceinte et son future petit enfant. Mu par un autre espoir, le groupe de cavaliers reprit la course et cette fois-ci, en direction du Mont-Saint-Michel.

Débarquant à la charge, le petit groupe de chevaliers arborant l’emblème de Guillaume le conquérant ne rencontra pas de résistance devant les officiels du Mont. Tous étaient plus tôt apeurés et serviles. Ils ne mirent pas longtemps à faire sortir de sa cellule, Lorianna. Quand Sir Rober la vit, il soupira : «Je comprends pourquoi mon fils t'a aimé. Tu ressembles à sa mère ! Viens avec nous si tu veux vivre ainsi que l’enfant que tu portes. Ma tendre Hermione, prendra soin de vous». S'invitant à la démarche, le père Poulard accepta le départ de sa fille car il comprenait qu'elle serait en sécurité avec la famille de Merluche. C’est donc ce qu’il advint. Dans le château familial, Lorianna donna naissance, pas à un, mais à deux fils, Étienne et William. Par son amour, Merluche avait réussi à les sauver. Son vœu avait été entendu par Dieu. Mais, contre toute raison, ce n’étaient pas les seuls à avoir été sauvés. Un autre l’avait été !

Merluche n'était pas mort. Quand l’enfer des flammes rongeait et carbonisait sa soutane noire et sa chair. Une chose étrange s'était produite et l’avait catapultée autre part. En effet, malgré la douleur, il s'était mis à prier, prier pour elle et prier pour lui d'être ailleurs. La marque sur son torse avait réagie. Le symbole magique s'était illuminée, l’avait aspiré et finit par le faire disparaître. Lorsqu'il s’était réveillé, il était amnésique. Il s’était retrouvé effectivement ailleurs mais dans une soutane grise, purifier d’une partie de son humanité, dans sa course à travers l’espace et le temps. Dans un vaste temple de couleur marbré, vert, gris, pourvu d’une ribambelle de colonnes géantes, deux druides magiciens l'entouraient et l'un dit : «Bienvenue en terre du milieu. Bienvenue au sage, grand Alphe.... le gris ! Fils des pères, des érudits ! Gloire à la marque, des descendants des prêtres magiciens» « Gandalf le gris?», fit d’incompréhension et d'étonnement Merluche. «Si vous le voulez, vous serez Gandalf le gris, nous avons attendu depuis tellement longtemps, pour vous former. Notre tâche sera peut-être ardue. Mais, nous sommes sûrs que vous deviendrez, un des plus grands défenseurs du bien, car le mal rôde et se prépare à frapper et nous avons terriblement besoin de vous». 

FIN

 

Rédigé par l’auteur Philippe Graindorge avril 2015

Tous droits réservés et exclusifs à l'auteur Philippe Graindorge

 

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