CHP2 Le génie insolite, "Journal de bord"

Si vous n'avez pas lu la première partie! Le Génie Insolite chapitre 1, La Fleur de Mon ceour

 

Bonjour à toutes et tous,

Vous êtes dans la partie rédaction Règlement intérieur, droit d'auteur. Je vous propose de continuer des essais de roman, en suivant vos idées pour construire une suite.

"Le thème abordé est l'unique amour", avec un point de vue sur un roméo et juliette moderne.

Ce thème n'est pas unique et je rappelle qu'il a pour but d'être incitatif ! Donc, vous pouvez regarder les autres.

Les consignes importantes pour faire une proposition:

- Il faut lire le texte (texte normal).  D'autre part,  j'ai choisi des chansons qui pourraient se comparer, pour partie, à l'émotion des personnages à certain moment du récit. 

- Il faut rédiger l'équivalent d'un chapitre d'un livre soit environ 5000 mots à minima. C'est ce qui est déjà réalisé pour vous.

- Il faut faire attention à l'orthographe, grammaire et éviter les répétitions ( aide sur internet pour les synonymes)

- Il faut respecter le caractère de chaque personnage s'il est décrit.

-Orientation pour le titre du chapitre 3, un autre monde, renaissance

-Dans tous les cas, vous pouvez le lire simplement, vous faire votre opinion en allant jusqu'au bout :

Je vous propose l'aide à la compréhension des sentiments des personnages: Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci et j'ai créé des poèmes pour donner encore plus de compréhension.

Bon courage à ceux qui vont essayer. votre essai à adresser monespritenlib@gmail.com

 


 

Le génie insolite, Chapitre 2, "Journal de bord"

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

  (1) Quand Paul se rappelle de l'amour que portait chaque jour son père pour Mélanie.

  Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à   A l’œuvre de Calogero, sa chanson « avant toi ».

Acces you tube chanson 1 

 

(2) Quand Paul se rappelle de l'engagement de son père pour Mélanie.

 Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à  A l’œuvre de Keen'V, sa chanson « j'me bats pour toi ».

Acces you tube chanson 2

(3) Quand mélanie avait pris le temps d'écouter auguste. 

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à A l’œuvre de Nâdiya sa chanson « Parle-moi». 

Acces you tube chanson 3 

 

         

                 Journal de bord, en date du 08 mai 2038 jusqu’à 08 mai 2045, clôture définitif du fichier avec ses derniers événements. Mon père est mort ce matin ! C'est moi qui ai eu la malchance de le trouver. Livide, il était en train de ballotter dans les airs dans un grincement indigeste, le cou sans doute brisé par sa chute volontaire. Il avait choisi l’endroit le plus haut au sein de notre complexe souterrain. Dans cette position atroce, il était pendu à la coursive supérieure du grand hall T, celui des gestations avant les pouponnières au niveau moins 23. Sans rien nous dire, à son habitude, méticuleusement, il avait dû déjà tout planifier depuis un bout temps. J’avais la gorge qui avait du mal à déglutir chaque fois que je levais le regard.

                  C'était tellement horrible de le découvrir dans cet état, les bras ballants, attirés vers le sol, ce pauvre diable était telle une marionnette repliée sur elle-même. Là, il était comme un ange noir des ténèbres déchu, dans la blancheur de cette salle, meurtri par cet amour, par une femme qu’il avait tant et tant aimé (1). Peut-être qu'il voulait s'échapper comme quand il était né, dans l'indifférence, dans la solitude, à l'abri des autres, lui l’orphelin. Même les marteaux sur la ferraille se seraient tus pour faire le silence. Par empathie, j'avais bien vu à son comportement que depuis plusieurs jours, il n'allait pas bien. Ces crises de colère anarchique se multipliaient, de plus en plus aiguës et longues,  la maladie chronique prenait cette fois la forme d'un cancer en phase terminale.

                  Je m'appelle Paul, je suis un de ses fils. Contrairement aux autres, je devrais dire que je suis plutôt un de ses enfants et non pas un de ses clones. En effet, je ne fais pas parti de ses 2134 créations précédentes. Mais, j'appartiens au groupe que père a nommé, les assemblées. Suite à ses recherches, il avait réussi à prélever sur mère son matériel génétique. En stase cryogénique, à l'aide d’un matériel sophistiqué, il avait obtenu d'elle, une grande quantité d'ovules. Aujourd'hui, les assemblées sont au nombre de 25. Au départ, mon père me nommait de la lettre grecque epsilon, étant arrivé le cinquième dans l'ordre des naissances à cause des ouvertures des couveuses accélératrices et artificielles de fabrication des clones.

                  Par respect pour lui, je souhaitais lui témoigner toute mon affection, dans ce journal de bord. Avec douleur et énormément de tristesse, je percevais bien qu'il souffrait en permanence. Malgré son engagement consciencieux pour trouver la solution, il ne parvenait pas à découvrir le moyen de réanimer sa bien-aimée. C'était ce terrible vide abyssal, frappé par la disparition de Mélanie, de notre mère qui avait dû être une fois de trop, trop lourd à porter.(2) Alors, si j'ai tenu à écrire ces quelques lignes. Sans détour, c'était pour montrer quel homme exceptionnel, il avait été et ô combien il nous avait aimés aussi ! Le jour où son travail sera dévoilé, je voudrais que tout le monde sache à quel point il l’aimait et que tout ça, tout ce qu'il avait fait, il l’avait fait rien que pour elle. Oui, bien sûr, il avait tenté de créer un clone de Mélanie, de mère …

                  Malgré cela, elle n'avait aucun pouce de sa mémoire, pas un seul de ses défauts ou de ses qualités, avec précision et encore moins de son vécu. Par exemple, les instants difficiles qu'elle avait passés comme serveuse au sein du Mac Donald de Sézanne, commune de la Marne, son clone ne pouvait pas s'en souvenir. Courageuse, elle qui y avait travaillé pour payer ses études universitaires. Alors pensez-vous ? Incontestablement, elle ne pouvait pas non plus se rappeler, ces moments de bonheur passés avec père, avec Auguste. Comme tous les autres, nous avions notre propre personnalité, même si le clone 1893 aimait beaucoup père. Cela ne changeait rien à son état, même s’il lui portait une tendresse particulière ! Ce n'était pas Mélanie, l'unique amour de son cœur.

                 Celle qui avait percé et avait vu l’intérieur de la carapace d'Auguste(3) . Pour mesurer à quel point, père était un homme passionnant et passionné, au-delà du miroir de son corps, froid, triste et austère. Aujourd'hui, je veux crier l'absence atroce que tu nous laisses. Certains te traiteront d'égoïste pour avoir fait ça. Moi, je te pardonne en intégralité, car aucun, vraiment aucun d'entre eux n'a vécu, ce qui t’a meurtri tout au long de ta vie. Donc, à vous, je vous interdis de le juger, de juger cet acte, parce qu'il avait une de ces forces de caractère rarissimes pour avoir tenu autant de temps, avec un tel supplice dans son âme. Auguste était sans doute la personne avec le plus gigantesque et puissant amour dans le cœur et quand on lui a pris celle qu’il chérissait, son monde s'est arrêté.

                  Dévasté, il s'était forcé à espérer la sauver et ramener mère du royaume des morts, en repoussant les limites de la science et de la création. Quant à ses gestes, les premiers temps gorgés de haine, où il avait tué un par un les auteurs du drame assassin et sauvage de sa bien-aimée Mélanie. Par la suite, en prenant du recul, il avait admis, sous le couvert de la justice, qu'il avait mal agi et qu’il s'était laissé consumer par sa terrible colère. Alors, nous avions laissé cette ville de Dijon reprendre le cours de son existence. Sous ses ordres, nous avions cessé nos interventions de milice secrète.

                  Sans équivoque, père n'avait jamais voulu être un homme de guerre. A l’inverse, il n'avait jamais voulu qu'une seule chose, la paix. Quand, on a connu un mal déchiqueteur à l’intérieur de soi. Par son humanité, on ne doit pas le souhaiter aux autres. Alors je comprends, lorsqu'on aime à ce point une personne, qu'on l'aime plus que tout au monde. Parfois la folie vous gagne et la raison ne marche plus. Toutefois, le juger encore sur ces faits et le condamner, n'aurait pas un sens équitable. Il serait même le raccourci d’une facilité pernicieuse. Pourquoi ? Mon père n’était pour autant pas un fou.

                 Par amour, Auguste a tué exclusivement des criminels, seulement des personnes immorales et agissantes comme des bêtes. Ceux qui ne servent que leurs propres intérêts. Ceux qui ne pensent qu’à eux, qui n’ont qu’une idée en tête profiter des autres avec cupidité, égoïsme, avarice, appétence sexuelle, luxure, vice et qui sont la plaie de la terre. Clairement, père nous avait expliqué la différence. Certes, bien qu’il en eût invariablement souffert, il n'aurait pas pris la vie de quelqu'un de bon. La première raison, un homme bon n'aurait jamais fait aucun mal à mère. Ensuite, un homme bon l'aurait aimé comme mon père l'aimait.

Le génie insolite, Chapitre 2, "Journal de bord"suite 2

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

(1) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" la plus belle des fleurs".

(4) Quand Paul contemple sa mère à travers le tube cryogénique.

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à A l’œuvre de Calogéro sa chanson « Le portrait ».

Acces you tube chanson 4 

 (2) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" L'homme au coeur de rose".

(5) Quand Paul évoque les sentiments d'Auguste pour Mélanie.

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie A l’œuvre de Phil Collins sa chanson « Two Hearts ».

Acces you tube chanson 5

Lien de traduction de la chanson 5 en Français

         

                 Mais surtout, il aurait laissé sa place à un homme bon si celui-ci rendait plus heureux Mélanie que lui. Sciemment, il ne voulait que son bonheur à cette femme, à cette fleur épanouie auprès de lui. Il était heureux parce qu’elle était heureuse. La vérité, un homme bon sait qu’on n’aime pas quelqu’un pour soi. On aime une personne pour ce qu’elle est et c’est pour ça que l’amour est un partage. Magnifique lorsqu’il est réciproque. Sinon, il conduit à la soumission, l’exclusivité et au final, une des deux personnes en souffre et en est malheureuse. Problématiquement, on retombe sur l’homme mauvais. En effet, un homme mauvais vous aimera intégralement pour lui et il fera tout pour vous faire perdre définitivement votre liberté, votre personnalité jusqu’au moment où il vous détruira moralement.

                  Pour cet homme mauvais, l’amour est jeu satanique à l’image d'une prison possessive. Malheureusement, il fallait seulement te côtoyer et échanger avec toi pour découvrir que tu étais cet homme, un homme bon. Avec recul, je me remémore combien tu as choyé chacun d’entre nous. Tu as pansé nos blessures. Tu nous as nourris et avec assiduité, tu nous as aimés sans commune mesure. Je n’aurai pu désirer un autre père que toi. Tu étais attentif à nous. Etant donné que tu as toujours eu une patience extraordinaire, je te revois avec ces gestes lents, pour expliquer ces mots compliqués ou pour ces concepts que tu voulais nous inculquer.

                  A côté des autres enfants de cette ville de Dijon, nous apprenions la mécanique quantique ou les chaînes d’ADN et tellement d’autres choses encore. Pour nous, c’était merveilleux de t’écouter car tu étais intarissable sur tous ces sujets. Nous ne nous sommes jamais ennuyés auprès de toi. Toutefois, je savais que tu avais quelque préférence. Mais, qui n’a jamais de préférence ? En ce moment, si tu m’apercevais… Je suis allongé sur l'herbe fraîche d'une pelouse. Ici, je profite des odeurs printanières pendant que je rédige ce dernier mémoire sur ton journal. Comme invitées à un bal, elles viennent d’un peu partout enivrer mes narines interrogatrices. Les yeux fermés, je retrace tous les mots, toutes ces descriptions que tu adorais nous faire sur la serre de ton ancienne maison familiale, située aux allées du parc.

                   C'était tellement curieux, de parler d'un homme qui aimait tellement la nature, qui aimait tellement les fleurs. Bizarrement, je ne discernais pas comment toute ta jeunesse et ensuite ce qui a fait ta vie avait tourné au désastre. À croire que tu ne devais pas être heureux, que ta seule direction fût d’être damnée ! Cependant, dans l'enfer que tu as vécu, dans ces moments de torture où ton cœur s'écroulait. À côté, fait de petits, petits morceaux, tu as quand même attrapé des petites parties de bonheur.

                    Assurément, elles n'étaient pas nombreuses, voir minuscules, mais tu en as eues. Pour commencer, la serre que tu avais créée. En suivant ton cœur, tu l'avais doté d'une multitude de variétés de fleurs dont tes préférées les roses, rouge pourpre. Ému, j'ai une larme qui coule sur ma joue. En effet, le récit que tu nous contais me traverse d'un seul coup l'esprit. Celui de votre première fois avec mère où tu avais pris soin de lui offrir justement la plus belle de tes roses. Comme tu nous l'avais dit à la plus belle des fleurs, tu avais coupé la plus précieuse en cadeau.(1) Je sais que tu t'en doutais que nous allions la voir parfois et comme toi je me suis agenouillé pour la contempler à travers la vitre de son cylindre cryogénique. Nous t’imitions !

                   Presque toutes ces fois, tous ces matins, je m'imaginais qu'elle se réveillait et qu'elle me tendait la main pour m’inviter à aller se balader à travers la serre, en allant d’allées en contre allées faire la visite époustouflante de ton travail.(4) Même si, on ne te l’a jamais montré car c'était un accord entre nous tous, les assemblées. Parce que, on ne souhaitait surtout pas te faire plus de peine et t’ajouter encore un fardeau supplémentaire. Avec résolution, nous nous sommes toujours tus sur le sujet, que notre mère nous manquait également beaucoup. Là, dans le décor du parc Darcey, en regardant autour de moi, je perçois une partie, peut-être pas la plus importante, de ce qui a fait ton univers sur plusieurs années.

                À ces moments, je sais que tu devais être au calme avec toi-même, être en phase avec tes émotions. (2) Ensuite, avoir brillé tes yeux à chaque fois, lorsque tu parlais de notre mère. Nous devinions la profondeur de tes sentiments inépuisables, que tu la chérissais, que cet amour était marqué de respect et d’un indélébile attachement. Du reste, c'était paradoxal, avec perspicacité quand tu détaillais ta relation, les échanges et les interactions avec mère. Nous étions scotchés et émerveillés de cerner que ton amour pour elle te rendait idiot.(5) Il est évident pour nous qu'elle captivait toute ton attention et que les sentiments que tu éprouvais pour elle était d'une sincérité si singulière, inouïe et incomparable. Autour de moi, j'ai beau chercher les amoureux assis sur un banc, par ici, par là…

               La cécité doit me gagner car je n'arrive pas à matérialiser le magnifique couple que vous deviez être parmi eux. C’est peut être ça l’entente parfaite ou le bonheur absolu. Ce qui me dirige impitoyablement vers la chute : «  Qu’y avait-il après ? ». Seulement nous, moi et mes frères et sœurs le savons, par ton héritage à travers notre sang, par tout ce complexe sous la gare de Dijon ville. Où l’entrée principale de celui-ci se situe sous le pont de ton épreuve tragique, sous ce pont de l’arquebuse. Cet endroit que tu avais choisi pour revivre les derniers moments aux côtés de Mélanie. Pourtant, ce n’était pas les plus beaux. A croire que tu voulais absolument te culpabiliser le reste de ta vie pour essayer de survivre à ton calvaire.

Le génie insolite, Chapitre 2, "Journal de bord"suite 3

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

(6) Quand auguste a été rongé par la douleur.

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie A l’œuvre d 'Evanescence  sa chanson « My Immortal».

Acces you tube chanson 6

Lien de traduction de la chanson 6 en Français

(7) Quand Paul abandonne son père.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie A l’œuvre de Phil collins sa chanson «another day in paradise».

Acces you tube chanson 7

Lien de traduction de la chanson 7 en Français

(3) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" Je m'éteins !"

 (8) Quand auguste et mélanie partage l'intimité de la chambre

 leurs sentiments pourraient se comparer pour partie à

 A l’œuvre de Mickael Jacson sa chanson « I just can't stop loving you».

Acces you tube chanson 8

Lien de traduction de la chanson 8 en Français

                Mais voilà, cela t’a rongé jusqu’à l’os et tu n’as pas pu supporter ta défaite, ton impuissance malgré tout, tout ton génie.(6) Alors, oui, tu devais avoir vraiment très, très, très mal et nous aurions dû t’entourer davantage. Je pense que c’est pour ça que tu nous as donné la vie. C’était pour ne pas être tout seul dans ta douleur qui te poignardait comme mère le soir de sa mort. Je suis désolé père. Je suis tellement désolé. Si, j’avais su avant. En imbécile, je n’ai pas compris que tu pouvais souffrir à un tel point et être au point de rupture. Qu’une chose insidieuse te dévorait la poitrine chaque heure, chaque minute, de chaque jour comme un monstre insatiable. Pardonnes-moi encore père, je t’aime et nous t’aimons. Dans le dédale de ce labyrinthe qui nous conduisait à cette impasse, je me console.

                En effet, je n'ai pas de doute que malgré tout, une part de toi était bien avec nous. Alors, je visionne dans ma tête tous les petits moments de complicité que nous avions ensemble. Avec joie, nous avions même de temps en temps des parties de fou rire lorsque nous jouions dans le couloir numéro sept auprès de ton laboratoire. Tu nous disputais pour que le calme revienne et après, tu t'arrêtais de travailler, tu venais auprès de nous et tu finissais par jouer avec nous. Alors, je suis sûr que tu étais bien avec nous, il suffisait de le voir dans ton comportement. Puis, à l’âge identifié de 20 ans, après une croissance accélérée, nous avions atteint des raisonnements intellectuels qui te laissaient bien souvent perplexe.

                C'était pourtant évident, nous avions ton intelligence et celle de mère aussi. Complices, nous t'encouragions dans tes travaux, dans tes recherches et même parfois, nous émettions des hypothèses que tu n'avais pas soulevées. Tu comprends père ! Il n'y avait pas de doute dans mon esprit. La muraille, ta timidité, cette frontière que tu mettais entre toi et les autres, pour moi, je ne la distinguais aucunement. Peut-être, que ce qui me rendait tellement si différent, mais tellement proche de toi était que j'avais les yeux bleus de mère. Ces yeux qui t’avaient vu tel que tu étais. Je sais que malgré tout, peut-être à cause de l'habitude, moi et mes frères et sœurs n'avons pas été assez loin pour te secourir.

                 Mais comment j'ai pu concevoir que toutes tes attitudes étaient normales ! Les pires instants, ceux où tu devais souffrir le plus, j'aurais dû insister et te serrer contre moi. Au lieu de cela, je te laissais me congédier pour que l'on ne puisse pas te surprendre dans une telle situation de fragilité. Odieusement, j'avais ce choix comme l'avant dernière fois où je t'ai aperçu dans ton laboratoire. En enfant chétif, fourmillant de spasmes, tes larmes creusant un chemin sur tes joues, tu étais plié sur toi-même dans l'angle de la pièce. De rage et sans doute de peur, de me voir là, tu m'as chassé en me repoussant de la main. Sourd de tourments, tu ne voulais plus écouter personne. Ton mal au plus profond de toi s'était invité sur le devant de la scène.

                En lâche, j'ai fui de cette pièce en t’abandonnant dans l'arrachement de tes sanglots.(7) Les sanglots que supporte un animal quand il a compris qu'il va bientôt mourir (3). D'hésitation, je me suis arrêté pourtant de l'autre côté du mur et je continuais de t'entendre te déchirer dans le silence des éprouvettes. Culpabilisant, je voulais retourner sur mes pas et j'ai frappé du poing sur cette paroi en béton. Sans réfléchir, j'aurais dû, oui j'aurais dû faire demi-tour ou bien immédiatement ramener les autres. Comme tes parents, à ce stupide instant, je t'ai abandonné. Faible, je ne savais pas quel choix faire. Avec fermeté, il aurait fallu que pour une fois je sois un enfant désobéissant à son père. Pourtant, nous étions persuadés que tu touchais au but dans tes recherches.

                    Colossalement, tes transferts de la mémoire sur le patrimoine génétique semblaient extrêmement prometteurs avec différents tests concluants. Est-ce que c'était l'échec de trop ? Alors, je me suis affalé, mon dos glissant sur ce mur. Puis, les genoux pliés, la tête dans mes bras, j'ai continué à supporter ce son grinçant, strident qui frappait les parois de mon cerveau. En jouant au yoyo, il me marquait au sang à chaque pique élevé. Enfin, le calme est revenu après plusieurs heures. Comme si de rien n'était, tu es sorti de ton laboratoire dans ta blouse blanche. Me voyant parterre, endormi, tu m'as réveillé en me demandant d'aller me coucher. Distinctement, tu m'as alors fait jurer strictement de ne rien dire aux autres sur l'événement qui s'était produit. Au vu de ton insistance et que d'autre part je voulais t’apaiser. Par un hochement de tête, sans te parler, j'ai accédé à ta requête. Tous les deux, nous avons alors longé ce tunnel numéro sept en direction de l'ascenseur central dans cette connivence mise en sourdine. Parmi mes hésitations, j'ai fini par te regarder en face. Après avoir monté dans la cage de l'ascenseur afin de remonter au niveau 10, celui des dortoirs, mes yeux t’ont examiné. Apparemment, tu semblais avoir repris tes esprits comme si ce n'était pas toi qui étais là-bas, tout à l'heure. En fin de compte, là, assis maintenant sur ce banc, je concevais que je m'étais convaincu que tout allait pour le mieux. Par facilité, afin d'éluder le problème, je m’étais laissé aveugler pour me soulager de mon attitude.

                   Encore une fois, père, tu ne peux pas savoir combien de fois, je regrette. En fait, tu ne peux pas savoir combien même nous regrettons ! Bien sûr, aujourd'hui, je sais pertinemment qu'il est bien trop tard, tellement tard. Durablement, j'espère que là où tu es, pour une fois, tu puisses trouver la paix. Parce que de tout mon cœur, de toutes mes pensées, je ne veux plus, je ne souhaite plus, me dire que tu subis encore ces déchirements dans ton âme. Ensuite, j'aimerais penser qu’à mon tour si je meurs et que je m’élève probablement au ciel. D'enchantement, je te trouve souriant dans ta serre parmi tes fleurs mais surtout, prêts de toi, aussi souriante, mère.

                   Après une très longue délibération, entre nous les assemblées, nous avons opté pour t’enterrer sous le sol de la serre. À côté, nous avons choisi de reconstruire à l'identique celle-ci, en y replantant les variétés que tu avais croisées. Avec émotion, nous espérons que tu pourras les voir. D'autre part, je crois que j'étais le plus concerné par cette décision. En effet, je sais que tu m’as fait un des plus grands privilèges qu'un enfant puisse avoir de son père. Par retenue, je ne t'ai jamais dit merci étant le seul dans ce cas. Parce ce que c’est mère qui l’avait écrit dans son journal intime. Par hasard, je l’avais trouvé dans ta chambre. Le soir de sa mort dans l’affolement des problèmes, elle ne te l’avait vraisemblablement pas dit qu’elle était enceinte d’un petit garçon. Dans cette dernière page, elle décrivait avec émotion à quoi il pourrait ressembler et que si elle devait lui donner un prénom. Elle l’appellerait Paul. Avec tout ça, je comprends qu'à travers moi tu la retrouvais et que c'était pour ça que tu souhaitais être si souvent avec moi. Etrangement, je ressemblais à la description sur de cette page presque comme un calque.

                  Par ailleurs, les assemblées ont approuvé une dernière marque de respect, à toi qui nous a donné la vie. Jusqu'à notre mort et au-delà, comme une croisade, « FATUM LIBERATUM », nous poursuivrons sans relâche ton œuvre. Comme les anges gardiens de cette terre, nous aiderons tous ceux et toutes celles qui sont dans la peine. Pour ce faire, mes frères et mes sœurs, avec notre QI de 195, nous n'avons eu aucune difficulté à nous insérer dans les emplois stratégiques de plusieurs villes, voir même au-delà des mers. Toutefois, nous concentrons notre priorité sur ce qui a fait chez toi, Dijon. Certains d'entre nous, se sont mariés avec plusieurs citadins et citadines de cette ville. Finalement, ils ont même des enfants et ils ont l'air heureux. Moi, peut-être que j'ai été le plus touché par ton absence. Démesurément, je n'arrivais pas à m'attacher à quelqu'un d'autre alors que pour autant, je me sentais seul comme toi. Quand, à travers l'activité journalière, plusieurs années plus tard, j'ai effleuré un visage qui m'a interpellé lors d’une visite d’un quartier difficile.

                   Pourquoi cette femme ? Pourquoi elle en particulier ?(8) Elle était jolie et mystérieuse en même temps. Profondément, je ressentais quelque chose qui s'accrochait à elle, quelque chose de malsain. Au lever de ses yeux noisette, j'ai plongé tout entier dans la profondeur de ses miroirs. C'était indescriptible, j'avais la sensation qu'elle m'appelait au secours. Dubitativement, j'avais les mêmes impressions, les mêmes émotions lorsque j'étais auprès de toi père. Malgré une joie de façade, je sentais une tristesse, une douleur cachée à l'intérieur. Est-ce que c'était parce que je m'accrochais à ton souvenir ? Avec application et rigueur, je me suis mis en tête de l'étudier.

Le génie insolite, Chapitre 2, "Journal de bord"suite 4

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

 (4) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" Comme une roue".

 (5) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" Brule pour un ange".

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective.

 (9) Rosélinda s'ouvre enfin à Paul.

 Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à  l’œuvre de DHT, sa chanson « Listen to your heart».

Acces you tube chanson 9

Lien de traduction de la chanson 9 en Français

 (10) Quand Paul écoute avec attention Rosélinda, immobile.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à l’œuvre de Enrique Iglesias sa chanson « Love to see you cry».

Acces you tube chanson 10

Lien de traduction de la chanson 10 en Français

(11) Quand  Rosélinda espère enfin quitté sa vie d'avant.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à l’œuvre de Coeur de pirate sa chanson « oublie moi».

Acces you tube chanson 11

(12) Quand Paul regarde avec amour Rosélinda.  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à l’œuvre de Glenn Medeiros sa chanson « Nothing Gonna Change My Love For  You».

Acces you tube chanson 12

Lien de traduction de la chanson 12 en Français

(13) Quand Paul espère que Rosélinda l'aime.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à l’œuvre de Mike Brant sa chanson « Laisse moi t'aimer».

Acces you tube chanson 13

 (6) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:"Ta lune, mon étoile"

 

              Si elle avait besoin de mon aide. Loyalement, c'était une façon pour moi de racheter mes erreurs. Celles que je regrette le plus. Il fallait que je le fasse pour tout l'amour que j'ai pour toi père. Comme toi, elle n'arrivait pas à se laisser facilement approcher. Comme toi, par auto défense incontrôlable, elle se réfugiait dans sa carapace et elle cachait un secret honteux qui la faisait souffrir. Mon enquête n'avait qu'un ultime but, lui ouvrir une nouvelle vie si cela était possible afin qu'elle soit pleinement heureuse. Étrangement, comme pour toi, elle se réfugiait dans un travail, ou bien dans ces livres pour ne pas y penser à ses sorties au parc, ou en recluse dans cet appartement. Dans les tous premiers éléments trouvés, je constatais qu'elle était en couple accompagné de deux enfants, deux filles, des jumelles du nom d’Esperanza et Wilma. Rosélinda avait réussi à donner à deux petits anges le même reflet que leur maman. Alors pourquoi, j'ai eu un tel ressenti glauque quand je l'observais ?(4) Dans un premier temps, j'étais perplexe et je me suis dit que je devais me tromper. Plusieurs mois durant, j'ai arrêté de la suivre. Dans l'encadrure de mon bureau au 20e sous-sol, couloir 15, jetant mon mini ballon de mon panier de basket intérieur, je réfléchissais. Est-ce que je m'étais trompé à ce point ? Distinctement pourtant, je ressentais le contraire pour elle une compassion incroyable et un attachement qui ne cessait de progresser. Moi Paul, je ressentais des choses pour cette femme et c'était étrange !

               Comme si inconsciemment, elle m'avait appelé jusqu'à elle et qu'elle attendait de moi un miracle.(5) Mon esprit me jouait-il des tours ? Malgré tout, je distinguais bien que sa tranquillité tournait à un enfermement au quotidien. La principale des causes était l'homme qui l'accompagnait,Carl, un dealer identifié par la police de mon secteur. C'est à partir de là que j'ai fini par comprendre, cet homme lui avait offert une prison en guise d'asile pour elle et ses filles. Les commérages autour de ce couple étaient très fréquents. Les toutes premières questions que les commères habituelles se posaient : « Comment se fait-il que ce jeune homme connu de tous dans notre quartier est réussi à mettre la main sur une telle fille ? Et quelles promesses lui avait-t-il tenu, qu’il serait fidèle ? Mais pour quelle fidélité ? »

                En particulier, les grands-mères de la barre d’immeuble qu'il avait vu grandir racontaient à quel point quand il était petit, il était mal élevé. Après les insultes qu'il proférait, il avait été pris la main dans le sac à voler à la supérette du coin. Il était chouchouté comme un enfant gâté par sa mère et préféré à son frère aîné. Cela ne l’avait pas empêché de mal tourner et d’intégrer un gang. Sans équivoque, il se servait de Rosélinda comme alibi. À tort, j'avais pensé que c'était les filles de cet homme. Mais ce n'était pas le cas du tout, les deux petites étaient issues d'une précédente relation. Or, je comprenais mieux, je discernais mieux que Rosélinda était en plein trouble personnel, en pleine détresse.

               Après plusieurs tentatives, j'arrivais à percer les remparts qui me séparaient d'elle.(9) Enfin, Rosélinda s'ouvrait à moi en me racontant ses difficultés passées, cette fuite en avant. Je m'attendrissais comme pour toi père comme quand j'avais frappé contre ce mur. C'était ça que mon cœur avait perçu, toute la violence barbare qui s'échappait d'elle. Le ressentiment qui m'avait chamboulé d'une compassion extrême était le même que j'avais subi d'impuissance quand je t'ai trouvé pendu. Au départ, comme pour toi père, je ne savais pas quoi lui dire, quelques mots pour la clamer. Ces mots pour lui dire que je ressentais ce qu'elle ressentait, un mal.

                Sachant que par ailleurs, celui qui se donnait le rôle d’époux agissait au quotidien sur la peur pour la contrôler et assouvir ses désirs. Pour se faire un peu d’argent, elle servait de nourrisse pour cacher les paquets de drogues. Il avait réussi à la convaincre qu'enfermée dans une activité tous ses malheurs s'effaceraient. Sous le couvert d’un mariage, il avait abusé de sa naïveté. Manipulateur, il lui avait menti sur la fidélité vers laquelle il souhaitait la diriger, son seul intérêt ! Si le diable existait, il voulait seulement son obéissance, pleine et entière. Ce n’était pas la fidélité de l’amour.  Parce que, la fidélité n’est pas l’amour. C’est l’amour entre deux personnes qui amène à la fidélité, en particulier la fidélité de sentiments réciproques. Le devoir n’est pas l’amour. C’est de l’amour que nait le devoir. Son sauveur était son gardien, le gardien de son bisness odieux, sous le cachet d’une existence rangée. Mais le plus important, s’il existait un dieu ! Je savais que Dieu serait pardonné l’infidélité quand ce devoir de fidélité créait uniquement de la souffrance et non pas de l’amour. De part le fait le plus simple, que cette fidélité était basée sur le pilier d’un mensonge. Encore une fois, le diable s’était dissimulé  sous une fausse honnêté, sous une fausse sincérité revêtant le manteau de la tromperie. Car, je comprenais pertinemment que le diable n’avait toujours qu’une idée derrière la tête faire souffrir les plus faibles et les abusés. Le bourreau de Carl était ce démon déguisé sous des beaux traits, jovial, beau gosse et au parler facile. Comme ce diable qui avait fait tuer ma mère pour faire souffrir une nouvelle fois mon père et le conduire à la déchéance.

              Après des convocations officielles, j’avais réussi avec complexité à l’extraire plusieurs journées sous le couvert de rendez-vous pédagogiques pour ses filles. Dans un des après midi, à une de ces sorties, celle pour le parc animalier, je lui avais ouvert mon cœur avec sincérité que je l’aimais et qu’elle m’avait attendri dans son désespoir. Par chance, elle finissait par ouvrir les yeux pour son bien à mes questions. Comme pour toi père, elle me fit jurer de me taire sur toutes ses peines et de ne le dire à personne. Enfin, elle avait déchiffré que mes intentions étaient de venir exclusivement à son secours afin de lui ôter ces chaines, en dépassant ses craintes de souffrir à nouveau. Sinon son regret aurait encore été plus difficile à endurer. Car, elle voulait encore croire à la possibilité de ses rêves, une vie à deux pour être, tous les deux heureux.

               Son souci était ce secret, ce secret qu’elle me cachait par ses frayeurs du passé. D’autre part, je comprenais ses craintes, en retombant sur le même homme que ce lui qu’elle avait dû accepter par nécessité. Toutefois, elle tenta sa chance pour peut-être un véritable bonheur par le fait que je lui avais dit que je l’aimais. Elle pensait à tort que je ne pourrais pas l’entendre que je lui reprocherais. Rassurant, je lui expliquais que lorsque l’on est acteur. Avec mesure, on ne remarque pas l’envers du décor. Seul le spectateur lui seulement peut le percevoir. Certain disent avoir la tête dans le guidon. Emue, plaçant un léger sourire, elle arriva à me le dire, avec une très grande pudeur. Compréhensif, je n’avais pas prévu les explications complémentaires qu’elle allait m’exposer, un passage en prison, une maladie difficile ou encore ses mauvais liens avec la drogue, que sais-je ? Mais, je m’en moquais de ces écueils qui pouvaient m’atteindre. J’étais prêt. Sans commune mesure, je voulais l’entendre ! Alors, j’avais insisté : «  quoique tu m’as à me dire, ça n’a aucune gravité et même je contribuerais à te le faire oublier ! Je te montrais que je sais écouter».(10) Pour elle, j’aurais tout fait si cela m’était possible. Je m’étais rendu compte que je l’aimais à en mourir.

                  Pensant me choqué, elle m’avoua qu’elle était atteinte d’un cancer et il ne lui restait qu’une dizaine d’année à vivre. Puis, après un long silence, ajouté à cela, comme-ci ça ne suffisait pas afin de durcir sa sanction. Régulièrement, son dealer souvent alcoolisé la battait au moindre mot de trop. De force, il l’avait marqué dans sa chair pour être incarcérer à vie, avec lui, sous un dôme, celui d’une terreur despotique. Atroce, elle n’avait pas choisi volontaire cette prison avec cet homme dominateur. C'était l’amour pour ses filles qui la poussait au silence. Son acceptation, elle avait besoin d’assez d’argent pour permettre à ses filles de survivre quand elle ne serait plus là. Son histoire était tragique. Contre toute attente, je lui proposais une autre solution, un choix basé sur l’amour et pas sur le besoin, la contrainte, mais une possibilité de changer totalement son destin. Choqué, elle ne me croyait pas ! Car d’après les experts, son cancer était impossible à soigner. Alors, j’ai introduit Rosélinda dans notre complexe afin de lui faire passer des examens. Lançant le diagnostic automatique de la machine de soin de mon père, le résultat était celui que je pensais, dégénérescence des cellules. En deux clics, j’avais mis en route la restructuration pour les clones. Puis, je me penchais sur elle pour la relever et je lui dis : « Tu vois, c’est fini ! Ton cancer est ôté et tu vivras plus longtemps maintenant. En plus, toutes tes cicatrices et fractures ont été réparées. Tu peux vivre avec nous si tu le souhaites. »

                En complète différence avec l’attitude du bandit qui se dressait à côté d’elle.(11) Grâce à tes conseils, père, j’ai découvert un être magnifique. Jusqu'à la racine de ses cheveux de couleur prune, ou bien la délicatesse de ses mains, de ses fins poignets assortis de bracelets brésiliens en tissu, je réalisais que j'étais fou d'elle. Elle incarnait tout ce que j'avais pu penser de mère, tendre, douce, affectueuse. C'était ses yeux qui me l'avaient crié. Alors si le paradis était descendu sur terre, il avait les traits de Rosélinda.(12) Mais comme toi père, j'étais un homme bon et je ne voulais pas lui imposer mes désirs.

                 Assurément, il fallait que ce soit réciproque et qu'elle aussi éprouve le même sentiment. Pire, si elle me disait non et que je le regrettais jusqu’à vivre ton propre calvaire! A cet instant, je savais que je l’aimerais éternellement. De toute façon, elle occupait déjà toutes mes pensées, du levé, au couché, au levé. Particulièrement, je me confondais magistralement en toi père pour une seule femme comme un revenant. Je lui aurais même donné un homme bon pour elle et ses filles. De ce fait, avec toutes mes relations financières, amicales, dans toutes les strates de la ville, je lui ai donné par amour les moyens d'avoir enfin la plus enchantée des vies, pour qu’elle soit libre de ses choix. Son divorce fût prononcé en prenant d’extrêmes précautions face à Carl. Puis peu de temps après, il suivit grâce au témoignage de Rosélinda sur le trafic, une peine de prison de 20 ans ferme pour son ex compagnon. Par son effort, avec soulagement, elle ne prit quant à elle que du sursis avec 5 années de mise à l’épreuve. Mais libre ! (13) Au contraire de ce que je pensais, elle me choisit avec la reconnaissance que j'espérais. Enfin, elle m’avouait qu’elle m’aimait, en s’agrippant à moi passionnellement. Aujourd'hui, nous nous sommes mariés au milieu de mes frères et sœurs et je n'ai jamais vu une telle liesse de bonheur. (6)

                Tu vois père malgré ton absence moi aussi je suis l'auteur d'un petit miracle. Ma précieuse Rosélinda, ce petit ange du ciel est enceinte de ton petit-fils. Du reste, j'adore la regarder sur la balancelle accrochée au perron sous l'avant-toit de la maison familiale. Guillerette de me voir arriver avec un mug à thé dans la main droite, elle se lève pour me rejoindre et se blottir contre moi. Incroyable, elle fait ce que je n'ai pas su faire pour toi, me serrer dans tes bras. Alors père, j’ai découvert comme toi la plus idéale des personnes pour soigner mes blessures.

                En respectant, l’attention honnête que tu portais aux autres et que pourtant on te rendait très peu, je me sens vivre auprès d’elle. C’est un véritable amour qui offre des surprises tous les jours. Je lui fais découvrir ton gigantesque travail. Complice, nous passons des heures au pied de chaque massif de chaque pousse, de chaque fleur de ton immense serre. Je suis ébahi car elle est aussi réceptive que mère lorsqu'elle était avec toi. Tous les deux, habillés en jardinier, nous tenons avec délicatesse des roses rouges, couleur pourpre. Pendant que, à côté de nous, deux petites filles courent sur les  allées. Ensuite, elles se placent à côté de nous et nous demandent curieuses, le nom de chaque plante présente. Tu ne peux pas savoir père comment je suis fier d'avoir pris la même place que toi en cet instant.

                Candidement, j'ai l'impression de reprendre ta vie là où elle n'aurait pas dû s'arrêter. Le plus impressionnant est quand je lui ai raconté ton histoire. Tremblante par ce récit, elle était émue d’une rare sensibilité. Alors, dans notre quête d'amour, elle s'est jointe à nous pour livrer les mêmes batailles contre ceux qui sont mauvais. Une façon pour elle d’effacer cette ardoise qui la rongeait. Dans mes plus grands rêves, un tel vœu aurait été impossible. Pourtant, l'impossible s'était produit. Alors père sache que tout ce que tu as réalisé n'a pas été vain. L'avenir nous portera, moi et mes frères et sœurs pour conduire ce monde, cette terre vers la paix. Chaque jour, nous nous emploierons à atteindre ce but que tu t'étais fixé. Avec effroi, j'ai mis par hasard la main sur la raison de ton geste lié à une technologie encore primitive.

                Tu avais une date butoir pour sauver mère. En effet, ton enregistrement indiquait qu'au bout de 23 années dans ce tube cryogénique, le corps emprisonné était perdu. C'est par amour pour toi que nous avons décidé de placer mère auprès de toi dans la serre. Au moins, même si ce n'est qu’un corps, je sais que vous êtes rassemblés vous aussi. En conclusion, nous souhaitons te témoigner notre amour et notre reconnaissance à travers les âges. Tu as démontré sans équivoque que tu étais le plus grand génie de ce siècle. Toi l'abandonné, l'orphelin, tu as su franchir les portes que jamais un autre homme n'avait réussies à franchir à ta place. Ajouté à cette peine, la disparition de celle que tu chérissais, t’a donné peut-être dans la douleur, les ailes vers les sommets de la science. Un jour, je l'espère et j'en suis même convaincu. On te reconnaîtra comme le nouveau messie qui a souffert pour les autres, emportant la plus terrible de toutes les croix, la perte de son unique amour. Affectueusement, ton fil que tu as rebaptisé par amour du prénom de Paul.

 

FIN

Dernier chapitre prévu 2016

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