CHP3 Le génie insolite, " De l'enfer peut-on voir le paradis?"

Si vous n'avez pas lu la deuxième partie!

 

Bonjour à toutes et tous,

Vous êtes dans la partie rédaction Règlement intérieur, droit d'auteur. Je vous propose de continuer des essais de roman, en suivant vos idées pour construire une suite.

"Le thème abordé est l'unique amour", avec un point de vue sur un roméo et juliette moderne.

Ce thème n'est pas unique et je rappelle qu'il a pour but d'être incitatif ! Donc, vous pouvez regarder les autres.

Les consignes importantes pour faire une proposition:

- Il faut lire le texte (texte normal).  D'autre part,  j'ai choisi des chansons qui pourraient se comparer, pour partie, à l'émotion des personnages à certain moment du récit. 

- Il faut rédiger l'équivalent d'un chapitre d'un livre soit environ 5000 mots à minima. C'est ce qui est déjà réalisé pour vous.

- Il faut faire attention à l'orthographe, grammaire et éviter les répétitions ( aide sur internet pour les synonymes)

- Il faut respecter le caractère de chaque personnage s'il est décrit.

-Orientation pour le titre du chapitre 3, un autre monde, renaissance

-Dans tous les cas, vous pouvez le lire simplement, vous faire votre opinion en allant jusqu'au bout :

Je vous propose l'aide à la compréhension des sentiments des personnages: Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci et j'ai créé des poèmes pour donner encore plus de compréhension.

Bon courage à ceux qui vont essayer. votre essai à adresser monespritenlib@gmail.com

 

PARTIE CLOSE

 


 

CHP3 De l'enfer peut-on voir le paradis ?

         

        

En Enfer, peut-on voir le Paradis ?

 

Aux confins d’un des cercles maudits, une âme agonisante gisait là. Dans un dernier débattement tragique, elle implorait le retour de son âme sœur de manière impérieuse. On entendait ses pleurs déchirants et l’effroyable grincement de sa désespérance dans une très, très, lointaine complainte d’outre-tombe. Dans ce noir de l’Enfer des suicidés, cette âme inconsolable exprimait son incommensurable tristesse si intense, à vous pétrifier atrocement d’effroi ! Là, dans de ce lieu, une humidité froide remontait à cause de la proximité du Cocyte, le torrent des lamentations. Son cri si écorchant résonnait en un écho implacable.

Monstrueux, celui-ci possédait même une telle force qu'il aplatissait autour de lui les peu de restes de toute intelligence comme un rouleau éradicateur de pensée. Mais, ce lieu, l’un des plus terribles recoins des Enfers travaillait aussi à ce perpétuel cauchemar. En effet, il offrait deux parois phoniques qui s’unissaient dans une étreinte putride épuisante. La première contenait un mur, immensément épais. Méticuleusement, il avait été façonné à l’aide des restes et des os de ceux qui étaient morts de désespoir, déchiquetés et enchevêtrés pêle-mêle.

Ensuite, la seconde paroi, se composait quant à elle, de ce lourd plafond accablant couvert de stalactites de sang coagulé provenant de ceux qui s’étaient ouvert les veines. Alors, sous un siècle de douleur, à cet endroit, comment Auguste résistait-il déjà accablé par le poids titanesque de sa culpabilité exacerbée ? Quand par ailleurs dans ce plan, le temps sous l’effet de la folie n’existait plus et Satan attentif connaissait vos moindres déviances pour vous y faire replonger. En joueur caractériellement compulsif possédé par la hargne, il adorait vous torturer éternellement.

Pour cela, il pouvait vous faire ressentir vos vastes peurs chroniques. Puis, sadique, il pouvait s’acharner sur vous en resserrant l’étau de vos précédents malheurs. Ou encore, il pouvait vous faire dégringoler esclave à cause de vos fautes inavouées. Perfide, il pouvait même aller jusqu’à s’enfiler retors, derrière le noir de votre ombre et y faire ressortir les oublis de vos ténèbres. Machiavélique, il avait même déjà prévu d’avance vos premiers pas vers son antre, dès votre vie terrestre. Irrévocablement, Satan idolâtrait le jeu pour mettre à mal votre âme, pour la faire chuter vers lui par la lourdeur de vos péchés et de vos frayeurs.

A chaque fois, il se servait de la tentation pour vous posséder grâce à l’ignorance car il savait que la connaissance ouvrait toujours à la vérité céleste et donc à Dieu. Sinon, habilement, il détournait votre attention en tronquant les vérités. En effet, une demi-vérité reste toujours comme le fardeau d’un mensonge et en vivant dans le mensonge immanquablement vous le rejoigniez. Par ce que Satan savait combien les sentiments sincères entre deux personnes permettaient toutes les vérités. Cette personne le faisait par son unique croyance en amour et l’amour conduisait de la compassion à l’infinité du pardon.

Mais, dans le dédale des âmes, le représentant du Mal convoitait obsessionnellement les plus pures, les plus innocentes. Son but ultime était d’éradiquer tous les liens qui unissaient les hommes à Dieu pour en devenir leur seul maître. Selon les circonstances, Satan utilisait les artifices de la duperie, en attisant le feu sanglant des vices pour détruire la création dans sa globalité. A la perfection, il stimulait dans sa quête la maniaque concupiscence de la matière par une tempête d’avarice dans le cœur des hommes. Avec patience, il encourageait la gourmandise, l’envie. Mieux encore, il était capable de putréfier l’union sacrée du mariage de deux êtres, en l’immergeant dans les cages infernales de la possession, de la luxure et de la soumission glauque à l’Ego.

Pour cela, gloussant, il utilisait un de ces outils favoris, la course au sommet de la perversion, dans des actes sales de la sexualité, bestiaux, sadiques. A ce titre, il rayait d’un trait un mariage fondé sur le partage de sentiments sincères, dans lequel aucun des deux partenaires n’avait de sentiment de supériorité, ni ne culpabilisait l’autre. Seul l’amour régnait au centre du couple. Mieux encore, il avait rendu belle la destruction par la cruauté, en soufflant du plaisir dans les yeux des hommes. Jusqu’à son murmure impie dans les consciences, où il excitait odieusement les vices contre nature.

Pleurant de rire, il débarrassait crûment alors le reste de confiance que vous puissiez avoir dans les autres par la souffrance glaciale du viol ou de l’inceste cuisant. Si vous cherchiez la vertu, vous ne pouviez pas l’atteindre par la facilité car aimer restait toujours un acte difficile sous le glaive de sa main. Alors, hargneusement, il avait chargé quatre cavaliers portant les plaies du monde de répandre pour lui sa haine de Dieu, par la rage de la guerre, par la difformité de la maladie, par la faux de la mort et la putréfaction des récoltes menant à la famine. Satan le chef des enfers, l’ange déchu du ciel puni par Dieu pour son orgueil, restera à jamais laid et déformé, adorant la pénurie de pureté des âmes saignées à blanc, la stérilité de la culpabilité, les déficiences par l’aveuglement, les travers de démentes pulsions et d’asservissantes envies. Pourtant, dans cette cellule de torture, le son de cette âme pleurnicharde commençait enfin à l’intéresser par son étrange résistance.

Son instinct sadique alors se réveillait et attisait en lui l’envie d’un nouveau défi : « Pourquoi résiste- t-il encore, cette larve ?». En effet, Satan adorait broyer toutes les âmes grouillantes dans ses mains afin de combler sa soif de domination, les âmes devenaient ensuite des jouets serviles. Dressé, colérique, dans le feu brûlant des ultimes fournaises, Satan exprima d’un coup son glacial désir tonitruant : «  Il faut éradiquer les derniers morceaux de cette raison obtuse ! ?» Pendant ce temps, tant d’autres restaient stoïques et tétanisés de peur dans l’enceinte fourmillante des innombrables damnés.

Un de ses démons préférés sur ses pieds de bouc, ses cornes imposantes en avant s’affairait rudement dans la place. Illico, il se présenta avec véhémence pour satisfaire les caprices de son maître, en se présentant sur le seuil de son trône infernal. Fronçant les sourcils, les pupilles noires, « Tu te crois prêt à le soumettre à notre loi, mon enfant », ricana Satan en s’émoustillant. Agenouillé, Alastor releva légèrement la tête et prononça avec clarté ces mots : « Je sais que je n’ai pas un morceau de votre talent mon Seigneur ! Mais pour vous, je réussirai avec foi mon Maître ! ». « Alastor, tu sais bien que je n’aime pas quand tu es aussi pompeux ! Mais je te laisse me surprendre, mon petit gamin si morveux », ordonna salement Satan avec jubilation.

Aussitôt, le démon Alastor l’exécutant premier de Satan se redressa et activement il se dirigea vers l’abîme où était enfermé le martyr. Pendant ce temps dans son cloître, sous ses cheveux bruns, le cou d’Auguste se tortillait revivant son ancienne pendaison terrestre. Sa tête gesticulait comme un bilboquet sous une main maladroite. A l’opposé, tout le reste de son corps était immobile. Celui-ci était scotché à genoux sur un sol gelé. Auguste était maintenu durement les bras écartés en croix par des chaînes mordant sa chair, accrochées à l’un des murs de sa prison.

 

CHP3 De l'enfer peut-on voir le paradis ? suite 2

Son visage, malgré ses cris de résistance, était abominablement martyrisé par le froid. Un gel piquant remontait en bourrasques du Tartare de glace. Par sanction, Auguste était suspendu en supplicié dans la prison de ces âmes insoumises. Incroyablement, générait encore en lui une ridicule lueur d’espoir de revoir son amour, celui de sa douce Mélanie. Alors que les visions de son viol et de sa mort, elle avait été poignardée, l’assaillaient encore continuellement. Pour Satan, il représentait un de ses jouets indociles à briser le plus sauvagement possible. « Il faut bien un passe-temps comme un autre ! », vous dirait-il avec sarcasme.

Mécontent, Alastor arriva enfin dans l’entrée principale de l’abîme des suicidés bien loin de de sa demeure privilégiée. Aussitôt, il se dirigea vers les geôliers présents et énergiquement, il les questionna. Il ne comprenait pas pourquoi Auguste n’avait pas encore flanché après sa longue torture. La langue trop pressée, stupidement, l’un deux répondit à Alastor pour lui signifier qu’il avait suivi strictement ses ordres habituels. De retour, en fureur, Alastor donna un large coup de fouet devant lui. Dans un éclair foncé, le satyre trop bavard venait d’être désintégré de toute réalité, au son d’un grésillement très violent.

Avec un regard rigide, Alastor se retourna en direction du second Satyre : « Et toi, tu as des choses intéressantes à me dire ? ». Ressentant une grande frayeur, celui assura immédiatement que l’âme d’Auguste continuait à percevoir des images courtes et résiduelles de bonheur. Perplexe à l’écoute de cette révélation, Alastor était très embêté. Cela ne s’était pas produit depuis très longtemps ! Inflexible pas rapport à sa promesse à Satan, il fallait qu’il emploie rapidement une nouvelle méthode, une nouvelle approche. Réfléchissant, il devinait que la seule image de la mort de l’amour d’Auguste ne suffisait plus du tout dans son cas.

Alastor contrarié secouait sa tête de bouc irrité. Puis, chassant par des grincements sa nervosité, il pénétra dans la prison d’Auguste. De façon exceptionnelle, il prit la décision de le fouetter avec énergie. Car sur l’instant, il pensait qu’une souffrance supplémentaire aiderait à faire basculer définitivement l’âme d’Auguste du mauvais côté. Il choisit de lui remémorer, la mort de sa mère adoptive et l’absence de ses clones et de ses enfants. Au moins, si ce n’était pas le cas, son âme serait à minima brisée, dans un état de coma. Pourtant, Auguste continuait d’encaisser ces persécutions malgré l’application persistante d’Alastor à le broyer.

Dans une aura verdâtre, le fouet infernal avait beau claquer et claquer pour assombrir les rêves d’Auguste, la poupée enchaînée et soumise à sa cage, étrangement mécontentait son maître. « Mais, bougre d’âne ne vas-tu pas enfin plier à la démence !! », s’énerva Alastor, en se martelant le front. Même les murs endurcis et acérés n’assimilaient pas la vue de ce phénomène de foire. Exagérément, Auguste montrait une résistance accrue face à la haine qui pleuvait. Stupéfait, abaissant la main de son fouet, Alastor n’en pouvait plus de la ténacité de cette âme : « Mais qu’est-qui le rend aussi imperméable à mes attaques ? » pensait-il !

Sous la charge de son exaspération, il commit la seule erreur à ne pas faire auprès d’Auguste. Dans l’emballement et sa fougue, il s’exprima à haute voix dans la cellule individuelle de son prisonnier : « Ah, je ne sais pas comme faire avec celui-là. Pourtant, tout était programmé pour qu’il soit le pire de nos démons régents ! Notre maître était sans appel». Dans ce trou noir où toutes les lumières étaient absorbés, il suffit parfois d’entendre pour voir. Sur-le-champ, les yeux bruns d’Auguste s’ouvrirent sur cette nuit d’Enfer ? Cherchant son interlocuteur dissimulé et soudain, il se mit à voir ce qu’il ne remarquait pas.

Progressivement, il distinguait quelqu’un et sortant de son sommeil comme après une gueule de bois qui s’était éternisée et il questionna avec aplomb : « Qu’est-ce qui était programmé et pourquoi parlez-vous de démon ??? Où sommes-nous ? » Négligemment, surpris, Alastor répliqua dans un élan : « Idiot, tu es en enfer. Tu es enfermé par ton propre pêché ! Maintenant, nous attendons de toi que tu obéisses à l’être élu, notre seigneur Satan.» Postérieurement à ses dernières contributions de paroles, s’ouvrant à la vérité de son état, Auguste découvrait intrigué le visage de son bourreau : « Qui es-tu ? » « Je suis Alastor, l’exécutant premier de Satan. Es-tu prêt à servir notre maître ? », demanda-t-il, redressé en démon courroucé.

Dans l’atmosphère déjà lourde, malgré ses chaînes qui le rendaient esclave, malgré des images cruelles sillonnant encore sa mémoire, Auguste émergeait enfin de sa grande torpeur et il cracha un mot qui n’était pas prévu : « NON ! » Démentiellement, un tremblement inconnu, dévastant les fruits de toutes les meilleures récoltes des morts de désespoir, éclata dans l’enfer des suicidés, distillant la liqueur unique contre toute nature infernale, l’espoir. Alastor déboussolé recula d’un pas, puis d’un second presque à tomber sous la queue de la traîne de sa cape: «  Qu’as-tu dit ???? » «  Je crois que tu n’as pas entendu. NON !! Je ne suis la propriété de personne ! », hurla Auguste en faisant encore une fois frémir cet Enfer.

Pire, le torrent des lamentations qui était d’habitude si tranquille tourbillonna en se détournant presque de sa direction centrale. L’esprit de génie d’Auguste avait repris sa marche magistrale : « Tu n’as pas répondu. Qu’est-ce qui était programmé ?? ». Impuissant pour la première fois, Alastor était déconcerté : « Mais, qu’est-ce qui te donne cette certitude de pouvoir contrarier notre maître ? » Que n’avait-il pas dit là et son maître allait le punir pour ce qui devait suivre en circulant dans l’Enfer tout entier comme la plus horrible colère de Satan. « C’est l’amour ! L’amour éternel que je conserve farouchement pour Mélanie qui me donne cette puissance de croire et pouvoir être auprès d’elle à nouveau.

Quelque soit la personne qui me l’a prise, je finirais par la retrouver, un jour. Elle est la seule à m’avoir donné le meilleur de ce qui fait partie de tous les mondes, sans retenue, sans jugement, avec dignité, avec pudeur, avec une magistrale tendresse, j’ai été en accord parfait avec elle. Elle est cette perfection faite pour moi. Celle qui m’a rendu meilleur à son contact et grâce à son amour. A cause d’elle, j’écris tellement de mots et j’ai résolu tellement de solutions scientifiques. Il n’y a qu’elle pour me forcer à me remettre en cause.

Il n’y a qu’elle pour me donner des ailes. Elle est l’esprit qui m’apaise. Elle est ma force. Elle est ce qui donne sens à toutes les vies et même derrière ces bouquins, stoïque, absorbé, je la trouvais belle et attachante. Elle était adorable sous sa coiffe, sa blouse blanche dans les couloirs de nos labos pharmaceutiques et biologiques et elle rayonnait dans son travail par son sourire. Son courage malgré sa ligne frêle était si incroyable. Je n’ai aucun doute, même si elle n’est pas à côté de moi. Je l’aimerai à jamais !!! Où qu’elle soit ! Je t’aime mon amour. Je t’aime mon âme sœur ! », louangea Auguste d’un vœu pieu.

       

              

CHP3 De l'enfer peut-on voir le paradis ?suite 3

ussitôt émis, le mot interdit dévastait l’enceinte des différents cercles des damnés. Pour la première fois, les visages de la colère se pétrifiaient dans le cinquième cercle, au centre de ses eaux boueuses. Pour la première fois, des têtes paniquées se tournèrent toutes abasourdies, dans le sixième cercle bouclant les paroles des hérétiques, dans le septième cercle figeant un instant les frasques de la barbarie et dans le huitième cercle accablant les menteurs, les faisant suffoquer devant la puissance la plus abominable. Pendant que d’autres se terraient dans leur antre, comme les gourmands du quatrième cercle qui bénissaient à ce moment leur sort.

Tous étaient paniqués. Un temps d’arrêt dans la fournaise de la fourmilière se synchronisa sous le pouvoir supérieur de Satan. Sous la pression, même les fleuves de l’enfer, le Styx, l’affluent de la haine, le Phlégéthon, la rivière de flammes ou l’Achéron, le fleuve du chagrin se stoppèrent pendant quelques secondes dans leur course vers le marais central de l’enfer. Mais, le plus invraisemblable, le Cocyte, le torrent des lamentations se dévia d’une large longueur autour de la prison d’Auguste. Cataclysmique, la fureur de Satan aussitôt commotionna la plupart des démons effrayés. Jamais le maître du lieu n’avait été si en colère.

A l’autre bout, tombant sur son séant, percuté pas ces mots, raclant de ses sabots le sol pour fuir, Alastor était dépassé par l’âme qui était devant lui. Il lâcha son fouet terrorisé et quitta sans se retourner l’enfer de ce lieu. Seulement, une escadre vint le quérir immédiatement. L’interpellant dans sa marche, à sa tête, le général Focaler modelé avec ses ailes de griffon et son sceau de cuivre l’invectiva : « Qu’as-tu fait ? Notre maître n’a jamais été autant en colère que depuis sa chute du Paradis. Nous t’emmenons à une audience, sur le champ. » Sur son flan gauche Kobal le fanfaron de l’Enfer le mordit à la jambe, en ricanant à son grand ordinaire. Mais, il était flagrant que cette fois, ce n’était absolument pas pour rire.

Traversant l’un des deux seuls ponts à démon à proximité, celui passant au-dessus de la rivière de flamme de Phlégéthon, les couvrant de sa chaleur démentiellement brûlante, ils débarquaient sur la terre suspendue de leur Seigneur. En effet, au-dessus du grand marais central recueillant les différents torrents et rivières de l’enfer, s’élevant artificiellement par le feu des pêchés, l’immense bastion de Satan surplombait en gloire tous les cercles des damnés. Malmené par deux sbires, Alastor fut sauvagement assis à terre devant le grand trône infernal. Par des barres de fer, il était de part et d’autre forcé à garder sa posture, en signe de traîtrise à son rang démoniaque.

Si vous n’aviez jamais entendu crier Satan. Il aurait été inutile de se boucher les oreilles tellement il aurait de toute façon détruit vos tympans : « Toi, l’un de mes préférés, tu me déçois je regrette le bien que j’ai pu te dire de toi. Quelle mouche t’a piqué ?» « Mon seigneur, mon seigneur, je n’y suis pour rien. C’est le prisonnier de l’enfer des suicidés, Auguste ! C‘est lui la cause de tout ce chambardement », s’affola Alastor, coincé dans sa camisole de fer. Satan était dubitatif : « Comment ça c’est lui qui a généré ce problème ?? ». Puis, marquant une légère pause, Satan reprit plus calme : « Tu vas y retourner et le détruire. Tant pis, au vu de sa résistance, désintègre-le ! C’est un ordre !! »

Cependant, à la grande surprise de tous, sachant la sentence finale qui lui était réservée, Alastor refusa catégoriquement malgré les retours colériques de Satan. Mais que se passait-il dans la tête du démon Alastor ? Utopique, l’exécutant ne voulait plus exécuter son rôle de bourreau. Comment quelques mots avaient pu transformer le volontaire qu’il était ? Alors, sous les regards de la foule présente, pour le punir sévèrement, Satan prit le désir de lui faire subir ce cadeau empoisonné, celui de le réincarner en homme pour le livrer à une nouvelle vie de souffrance mortelle.

En quelques secondes, dans un tourbillon provoqué par le pouvoir de Satan, Alastor disparaissait de l’enfer pour être réincarné en pleine persécution policière dans une famille de gitans. Dans les coulisses, les autres s’avaient ce que cela voulait dire et aucun d’eux ne moufetaient sous la menace, la despotique main gauche du diable était encore tendue. Puis, Satan réfléchit à la stratégie à mener et il mandata trois démons qui à leur tour devaient séduire et corrompre l’âme d’Auguste.

Le premier démon fut une démonesse, Arte sous ses cornes en croissant, cette charmeuse de plaisir corporel, cette pure prostituée indécente venant du cercle de la luxure, devait utiliser l’image de Mélanie pour qu’Auguste accepte de servir Satan. Le second démon fut Béhémot toujours aussi lourd et stupide, il était chargé de faire souffler à nouveau, la haine et l’orgueil dans l’âme d’Auguste. Enfin, le dernier fut Méphistophélès, un des plus redoutables démons après Satan, il devait faire croire par ruse qu’en offrant un grand pouvoir à Auguste, celui-ci pourrait ramener Mélanie à la vie.

Mais, voilà à quel prix ? L’âme d’Auguste lui serait définitivement et éternellement confisquée. Parce qu’un pacte avec le diable, vous conduit toujours à être damné effectivement éternellement, sauf si Dieu vous absout. Chacun à tour de rôle, ils se présentèrent recouvert des habits de la supercherie. Mais, Auguste miraculeusement était indomptable, comme un devin il ressentait le mensonge. Quand Arte dans le corps de Mélanie essaya de détourner Auguste de l’amour qu’il portait encore pour sa bien-aimée, dans le reste des cendres de son cœur. Là, elle lui promettait qu’en acceptant de suivre Satan. Il serait libre d’être à nouveau avec elle.

Bizarrement, Auguste se rappelait le clone de Mélanie qu’il avait fait dans son laboratoire. Sous ses questions, il comprenait qu’elle n’était pas son amour mais une autre personne. En revanche sa ruse, son habilité et son jeu de séduction, Arte avait échoué dans sa démarche. Puis, quand Béhémot se matérialisa dans la prison, dans la peau de l’assassin de Mélanie, le résultat fut identique car même sous les traits de ce monstre, Auguste savait qu’il l’avait déjà tué. Alors, malgré tout les propos haineux que Béhémot lui lâcha, il avait fait front grâce à l’amour que Mélanie lui avait donné sans retenue. Juste après, il avait eu des remords en faisant justice lui-même car il avait compris !

En commettant cet acte, il ne valait pas mieux que cet assassin. Enfin, Le tour de Méphistophélès arriva mais la ruse de ce démon était plus grande. Dans son action, celui-ci se présenta sous le visage du doyen de l’université. Euphorique, il avait découvert un nouveau procédé de décongélation. Il lui promettait un miracle pour sortir Mélanie de son tube cryogénique. Attentif, Auguste échangea quelques idées alors sur la technique et le procédé. Mais les réponses étaient trop imprécises. Soudain, il décrypta la tentative démoniaque et l’accord qu’on lui soumettait. Etonnement, Auguste verbalisa ce qu’il avait toujours rejeté : « Mais, elle morte et où elle est, elle est en paix ! ».

L’attitude déboussolante d’Auguste démontait point par point les démons envoyés par Satan. Dans un dernier effort, Méphistophélès s’aventura plus loin en promettant un retour dans le réel avant tous les événements tragiques . Quelques secondes passées, Auguste débouta Méphistophélès par le mot interdit : « Tu ne comprends pas. Je l’aime et tu veux savoir ? L’amour que je lui porte me permettra un jour de la retrouver. » Les chaînes qui maintenaient Auguste tombèrent sous ses paroles. Les murs de sa prison s’effondrèrent sous la force de ses mots. L’enfer trembla sous une tempête.

              

CHP3 De l'enfer peut-on voir le paradis ?suite 4

Sachant qu’il serait sanctionné par Satan, Méphistophélès s’attaqua par dépit à Auguste. Face à l’assaut, par réflexe, Auguste ramassa le fouet d’Alastor, resté sur le sol congelé. Dans ses mains, il prit subitement la forme d’une épée étincelante, d’une lumière inconnue dans le creux de ces enfers. Des éclats de fer, blanc contre noir, furent échangés et Méphistophélès était désemparé devant cette âme mue par une force ahurissante. Une bataille sans précédent eut lieu entre les deux épéistes. Depuis les cellules, d’où émanaient des complaintes, on entendait cette lutte sans merci, car les deux combattants faisaient preuve d’une incroyable dextérité. Un évitement angélique, une parade diabolique, un coup franc divin, un coup rusé infernal, il n’y avait pas à dire les frappes de titan de chacun étaient époustouflantes. Pendant tout ce temps, le visage d'Auguste était passé des pleurs à la droiture.

Les suicidés de tous les couloirs de l’enfer grelottaient sous les fracas assourdissants. Pourtant, plus Auguste frappait, plus il avait la conviction de revoir Mélanie et plus son amour croissait dans son âme. Brusquement, une transformation chaude, dans la froideur du lieu, l’enlaça d’un halo blanc et deux moignons lui poussèrent sur ses omoplates. Progressivement, sa vitesse s’intensifia et Méphistophélès se laissait presque surprendre par sa folie. Mais, Auguste passa à une étape supérieure, une élévation spirituelle lorsque deux ailes d’une pure blancheur s’animèrent dans son dos.

Vite, Méphistophélès prit une forme de géant pour essayer de stopper l’ascension d’Auguste. Les heurts s’en trouvèrent décuplés, le combat se déporta aux abords de la fosse des conseillers et des fraudeurs. Au fond de celle-ci, les flammes se débattaient énergiquement comme une riposte armée. Devant l’insuffisance de Méphistophélès, d’autres démons de l’Enfer s’immiscèrent dans la lutte contre Auguste. Par tous les feux infernaux, l’entité ailée rendait les moindres coups face à tous ses antagonistes acharnés à le faire chuter. Quel émerveillement ! Auguste surpassa dans un terrible effet sonique l’ensemble des démons. Hyper Sonique, il les balaya comme des fétus de paille. Dans son bastion, Satan avait regardé la mêlée mythologique du haut de sa place. Pendant tout ce temps, le visage d'Auguste était passé de la droiture, au sourire.

Maintenant, c’était à lui d’intervenir ! Possédé par la force de ses damnés, le bruit de la première collision entre lui et Auguste fut démesuré. Jamais, l’Enfer n’avait perçu un tel bruit dans son enceinte, même au centre du cercle de la violence. Dans sa rage, Satan se dressa pour assener avec puissance sa fourche démoniaque des tourments éternels. Un effroyable rouleau de pouvoir entre les deux armes repoussa les deux combattants. L’Enfer s’émiettait dans les vicissitudes d’une querelle impensable pour un mortel. Prodigieusement, Auguste possédé par son amour extraordinaire surmenait Satan dans cette lutte ébouriffante.

L’apothéose survint lorsqu’une lumière creva le plafond de l’enfer. Massivement, elle s’agença au-dessus d’Auguste. Avec entêtement, Satan s’acharna et il persista mais la lutte devenait trop inégale. Débouté, sa défaite était plus que cuisante et amère. Alors, Auguste prononça pour Satan des mots invraisemblables : « Je te pardonne Satan. Tu n’as fait que ce pourquoi tu existes !! Car, tu ne seras jamais ce que veut dire aimer ». Pleurant comme un chiot, Satan le chassa : « Va-t’en de chez moi, va-t’en d’ici, va-t’en ! ». Pendant tout ce temps, le visage d'Auguste était passé du sourire, au légendaire.

Par des battements d’ailes réguliers, peu à peu, Auguste s’éloignait retraversant les cercles jusqu’aux Limbes, puis l’antre-Enfer en survolant la forêt des perdus. Repensant à son amour, Auguste se mit à méditer à se qu’il ressentait pour elle.

Comme les fragments d’un puzzle, il les combinait pour percevoir l’ultime savoir. Sa conscience se mit à dépasser le plan terrestre pour s’élever de nouveau. Lorsqu’il était vivant. Son être conscient criait son désespoir que son état mortel ne lui permettait plus d’atteindre. Mais son inconscient lui soufflait qu’il y avait un espoir. La profondeur de ses sentiments, doux et tendres, lui avait servi mystérieusement de guide. Même si son âme avait été torturée pendant des siècles. Cette âme qui avait été contrainte à haïr. Cette âme qui s’était culpabilisée pour des actions commises. Celle-ci avait brisé ses chaînes par amour.

Le pouvoir de voler l’invitait à la découverte le monde, il était étonné devant son aspect lumineux. Traversant des monts escarpés, des collines dentelées, des plaines généreuses, des forêts denses, des rivières chantantes, des lacs paisibles, des océans, il n’en revenait pas de ce calme et de cette paix humaine qui irradiaient après ses longues années d’absence. S’approchant d’une ville qui rayonnait d’harmonie, il dévisageait Dijon comme une femme câlinée avec amour. Agitées, les rues piétonnes étaient joyeuses dans la course matinale des habitants. Invisible pour les êtres réels, dans un bruissement d’ailes, il se posa avec maîtrise sur le pavé de la place Darcy. Authentique, la fontaine de bronze à la grenouille était toujours présente avec ses enfants rieurs.

Par ailleurs, dans les yeux et les regards qu’il croisait, Auguste ressentait de la bienveillance et de l’amour. La ville des ducs de Bourgogne de son passé était métamorphosée. Soudain, il reconnut des silhouettes familières, des physionomies qui l’émurent, lui rappelant des souvenirs. Un sourire d’affection s’élargissant sur leur passage, Auguste étendit la main comme pour les toucher, il avait deviné que ces personnes étaient ses descendants. Ceux qui étaient ses enfants. Les petits-enfants des gens assemblés, ses enfants, déambulaient heureux dans les artères du cœur dijonnais.

Reprenant son vol jusqu’au parc Darcy, il eut une dernière surprise au voisinage d’un massif de fleurs odorantes et familières. Parmi les badauds qui marchaient, un prénom, une phrase retentit : « Paul ne t’éloigne pas trop mon chéri ! ». Est-ce que c’était son fils préféré, peut-être ? Dans tous les cas, il avait les magnifiques yeux bleus de Mélanie, intenses, clairs, était-ce sa mère ? Puis, percevant que c’était le moment, ses ailes s’activèrent formidablement pour s’élancer vers le ciel glorieux. Dans sa traversée des nuages, le ciel se fendit en deux, dans la pureté d’une lumière blanche ardente. Pendant tout ce temps, le visage d'Auguste était passé du légendaire, à un cœur rayonnant d'amour.

Amoureux, il franchissait enfin le seuil de cette maison pour disparaître du plan terrestre dans sa transhumance, heureux de béatitude. Sur le coup, il se croyait seul mais peu à peu, il discernait des silhouettes de plus en plus claires : «  Bonjour, mon ange, tu en as pris du temps pour me revenir ! Mais ta tâche était tellement énorme. Tu seras maintenant pourquoi tu avais été choisi ». Déconcerté, mais enchanté de cette interlocutrice, il se transporta aussitôt près d’elle, enroulant ses ailes sur son dos. C’était Mélanie dans une blancheur captivante qui était contre son cœur. Dans une embrassade angélique, ils se comblèrent d’une très longue éternelle tendresse.

Les yeux pétillants bleutés de Mélanie s’écarquillèrent face à un Auguste des plus attentifs : «  Tu viens ! Il y a d’innombrables personnes qui veulent de voir et te parler. » Dépourvu de sa timidité mais mu par sa curiosité, Auguste répondit avec une presque naïveté : «  Pourquoi ? On n’est pas bien tous les deux. Maintenant que je t’ai retrouvé mon amour, mon cœur ? ». Alors Mélanie s’écarta du corps d’Auguste pour prendre de l’assurance : « Mais, tu ne comprends pas. Tu es un héros, mon amour ! Tous ici te sont reconnaissants pour ton travail.

Toutes tes fautes humaines ont été pardonnées. O mon amour, tu ne t’es même pas rendu compte de la merveille que tu as créé sur la terre. » Entraîné par son amour de Mélanie, deux anges l’un près de l’autre parcouraient la féerie du Paradis. Dans la liesse, tandis que sonnait l’angélus, ils arrivaient au temple de lumière éternelle de l’amour de Dieu et du Saint-Esprit. A l’intérieur, les douze apôtres, la Sainte Trinité et les archanges honoraient par leur présence, ce lieu où régnait la béatitude.

Mélanie lâcha la main d’Auguste : « C’est toi qu’ils attendent mon amour. Aujourd’hui c’est ton grand jour ! Je t’aime». Passant le grand imposte, Auguste parmi cette foule fut conduit vers la Sainte Trinité. Invité à s’agenouiller, Auguste s’abaissa avec un immuable respect. Quand, l’archange Saint-Michel s’exclama : « A ce jour, pour le reste de l’éternité, ici, je compte un de mes frères comme nouvel archange. Reçois ta couronne Auguste !! ». Alors, devant cette assemblée, l’archange de l’ultime amour était né. Il est même dit qu’en ce jour béni dans les quatre coins du monde, on vit apparaître des milliers d’arcs en ciels exaltés de liesse pendant une durée de sept jours.


 

 

FIN

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