CHP1 un homme de peu de foi, La bourse du chaos organisé

Bonjour à toutes et tous,

Vous êtes dans la partie rédaction. Je vous propose de continuer des essais de roman, en suivant vos idées pour réaliser une suite.

 "le thème abordé est l'amour excessif de soi".

Ce thème n'est pas unique et je rappelle qu'il a pour but d'être incitatif ! Donc, vous pouvez regarder les autres.

Je n'ose pas dire l'égoîsme (définition larousse égoîsme) et le narcissime (définition larousse narcissisme).

Les consignes importantes pour faire une proposition:

- Il faut lire le texte.  D'autre part,  j'ai choisi des chansons qui pourraient se comparer, pour partie, à l'émotion des personnages à certain moment du récit. 

- Il faut rédiger l'équivalent d'un chapitre d'un livre soit environ 5000 mots à minima. C'est ce qui est déjà réaliser pour vous.

- Il faut faire attention à l'orthographe, grammaire et éviter les répétitions ( aide sur internet pour les synonymes)

- Il faut respecter le caractère de chaque personnage s'il est décrit.

 

-Dans tous les cas, vous pouvez le lire simplement, vous faire votre opinion en allant jusqu'au bout :

je vous propose une aide à la compréhension des sentiments des personnages: Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci et j'ai créé des poèmes pour donner encore plus de compréhension.

 

Bon courage à ceux qui vont essayé.  Votre essai à adresser monespritenlib@gmail.com

 

Remarques de l’auteur :

C’est un des essais que j’ai eu le plus de mal à écrire car je pense que vous l’avez compris. Ce type de comportement est en dehors de mes valeurs morales. Il est basé sur une personne qui a été un jour mon ami et qui a fini par se révéler le pire des égoïstes. Pourtant, je sais que l’aveuglement, la bêtise peuvent être pardonnés si la personne se repent réellement de ses erreurs. Je sais que ceux sont mes valeurs chrétiennes qui parlent. Mais pas seulement. il y a aussi mon cœur. Car je veux toujours espérer qu’il y a du bon en chacun de nous. Même si cela met difficile. Dans tous les cas, ce n’est pas moi qui à la fin jugerai. Alors, je vous laisse le choix de condamné Emeric ou de lui pardonné. Vous connaissez mon opinion..., voir aussi complément "réflexion sur le thème de l'amour".


 

 

 

La bourse du chaos organisé, Chapitre 1, "un homme de peu de foi."

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

(1) Quand EMERIC pense à lui:

  Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de jacques Dutronc, sa chanson « ET moi, ET moi, ET moi ».

Acces you tube chanson 1 

 

(2) Quand EMERIC est adolescent:

 Son attitude ressemblerait pour partie à

A l’œuvre de KEEN'V, sa chanson « petite émilie».

Acces you tube chanson 2

 

(3) Quand EMERIC est jeune homme:

 Son attitude ressemblerait pour partie à

A l’œuvre de Michel Leeb, sa chanson « le tombeur».

Acces you tube chanson 3

 

(1) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:"homme de peu de foi"

 

(4) Quand EMERIC pense à Aurore comme épouse:

 Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de KEEN'V, sa chanson « j'suis pas ton prince charmant».

Acces you tube chanson 4

La salle de marché bouillait d'activités, entre ventes, achats, O.P.A, les traders étaient sous l'effervescence. Les risques qu'ils prenaient étaient tous sous contrôle, sous leur contrôle. Pour faire ce métier, il fallait aimer les chiffres et, plus ils étaient longs, plus c'était profitable : le paradis quotidien d'Émeric, il y vouait son âme. Alors la clé c'était ça, que Dieu bénissait le profit. Quand d'autres avaient tout donné pour conserver leur poste dans la boite qu'il fréquentait depuis des années. C'était la vie, pensait Emeric ; même pas, il n’avait que faire des geignards  (1) . C'était comme ça que le groupe qui travaillait avec lui plaisantait lors des manifestations de liquidation d'entreprises. Dans un rictus, il se disait que ces imbéciles n'avaient qu'à mettre du fric de côté ou bien à en trouver qui en rapportait encore. C'était ses dogmes : « rapporter, bénéfice, profit », il souhaitait les encadrer, tellement ils étaient sa vérité. Émeric avait bâti sa vie sociale sur ces principes.

         Aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait toujours eu ce qu'il voulait, étant fils unique. Le divorce de ses parents, vers ses 10 ans, l'avait encore un peu plus guidé dans cette direction. En effet chacun à tour de rôle, pour avoir son amour, le couvrait de cadeaux où d'argent. Quelques caprices que ce se soient, il avait fini par tout obtenir. Dans sa vie, il n'avait jamais appris à partager, il avait toujours suivi ses intérêts personnels. Ensuite à l’adolescence, sous les diktats de la mode minceur abreuvant les idées préconçues d’une seule beauté absolue, il avait participé avec d’autres élèves de son lycéen à martyriser une fille de leur classe, un peu rondelette pendant toute l’année scolaire. Il fût peu ému au moment où elle se suicida, sa dignité d’être humain mise à sac par son groupe de crâneurs en fin trimestre (2). Assurément, Son plus beau souvenir, c'était sa première bagnole, un coupé sport rouge Mercedes… comme il avait frimé devant les discothèques ! De plus il adorait jouer et il prenait plaisir à manipuler les autres pour arriver à ses fins. On lui avait toujours montré ce mode de comportement, et ça, depuis qu’il était tout petit. Alors les femmes avec qui il sortait, avec son régime beau parleur, chronomètre lancé, il cherchait à établir en combien de temps il pouvait les tirer(3).

         Mais il avait tout le temps besoin de fric dans le cadre de ses beuveries avec ses potes consommateurs et sa fumette, comme il le disait. Alors son orientation était toute trouvée, là où était l'argent il serait. Il avait commencé au guichet d'une banque(1). Ensuite, il avait gravi les échelons, il avait réussi à prendre la place d'un de ses collègues en le poussant à la faute lors d’une opération client . Elle avait d’ailleurs coûté des milliers d'euros à cause de faux en écriture… Émeric calculait tout, comme aux échecs, toujours plusieurs coups d'avance.

         Malgré cela, peut-être par conformisme, il se mit à espérer avoir une vie de couple. Encore une décision calculée, il fallait qu'il obtienne une femme qui lui rapporterait aussi de la monnaie. Evidemment, il faudrait qu'elle soit belle pour l'exposer comme un trophée de chasse. Son égo le devançait systématiquement : quitte à s'exposer, autant qu'il le fasse avec panache ! La frime, il aimait ça… Il avait de beaux vêtements de grands couturiers, de belles chaussures de grandes marques. Il avait réussit aussi à obtenir une villa sur les hauteurs de Neuilly, en récupérant par chance un impayé de crédit.  Ayant placé judicieusement sa pièce, il avait fait une offre bien en deçà du marché de l'immobilier sur le secteur.

         Un pur bonheur dans sa villa, le parc japonais sur le devant offrait un calme reposant. L'intérieur, quant à lui, était composé d'une vingtaine de chambres et de trois salles de bain à l'étage. Puis le rez-de-chaussée était desservi par une entrée, donnant sur un grand hall avec, de part et d'autre, deux immenses escaliers. Ensuite, une très belle salle à manger recevait une gigantesque table en chêne massif, arborant un chemin de table avec un liseré or et, encore ensuite, une cuisine toute équipée, customisée, avec un ton futuriste aluminium, une véranda pavée en pierre,  un coin bibliothèque formé de quarante sept étagères, un grand bureau habillé en merisier, une salle de jeu et encore et encore... etc. Sa préférence était à l'arrière de la propriété où il y avait un jacuzzi bleu métallisé ovale dont le surplus d'eau se déversait, juste à côté, dans une piscine carrelée en mosaïque bleutée. Le fond de celle-ci affichait plusieurs dessins noirs représentant le symbole des monnaies : euro, dollar, yen. Elles étaient, à une demi-hauteur, sous son narcisse. Il avait réussi son installation à l'œil, en négociant un des fonds pour une entreprise de constructeur de piscine.

         Pourtant, ce fut un peu plus compliqué avec la femme qu'il choisit (4). Elle aussi avait des idées bien arrêtées de possession et de grandeur. Comme lui, elle pensait que tout lui était dû. Par contre, elle tenait déjà une certaine place dans la société. Elle était la fille d'une riche famille d'aristocrates qui avait fait leur fortune sur le lever des impôts pour le roi à une certaine époque. On passera sur les histoires de détournement d’une partie de ses richesses. Toute cette famille avait pérennisé ses biens  mal acquis par des arrangements de mariages, entre financier et titre. Sa famille détenait une ribambelle d'ensembles immobiliers, hôtels, immeubles locatifs, centres équestres, ou bien restaurants de renoms. Émeric l'avait pris comme un défi supplémentaire. Elle était peut-être capricieuse mais elle avait un tel potentiel quand il la croisait à des réceptions mondaines où il avait pris l'habitude de s'incruster…

         Bien sûr, il avait menti sur sa situation pour pouvoir se faire admettre dans cette haute sphère. Mais à force de mener l'intrigue, il avait gagné une certaine  sympathie auprès de cette belle rousse aux yeux verts. S’il n'avait déchiffré que ça, il avait observé la moindre des ses mensurations. Se délectant de ses mémoires de chairs, il rêvait avec ses idées lubriques de ce qu'il pourrait lui faire. Émeric se complaisait dans un double désir, charnel et financier. Il se pensa : " Joindre l'utile à l'agréable, ça serait le top ! ". Il passa beaucoup de temps à la séduire pour obtenir ses faveurs mais, ayant elle aussi fait le bilan de ce brin au nez un peu long, Aurore se laissa sortir par le bellâtre qui se prenait pour un apollon.

La bourse du chaos organisé, Chapitre 1, "un homme de peu de foi". SUITE

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

(5) Quand Aurore pense à Emeric comme époux:

 Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de AQUA, sa chanson « barbie girl».

Acces you tube chanson 5

 

(6) Quand les bdauds voient passer le cortège:

Leurs sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de Roméo et juliette, la chanson « les rois du monde».

Acces you tube chanson 6 

Elle ne le trouvait pas spécialement beau, mais il avait une telle tchatche que les compliments qu’il lui servait flattaient sa fierté personnelle (5). Néanmoins ils ne tardèrent pas à s'amuser ensemble. Quand, arrivés à l'orgasme, la simulation de la belle du cri de plaisir atteint était du plus grotesque et du plus sérieux, elle savait parfaitement accaparer l'attention sur elle pour obtenir ce qu'elle désirait.

         Ah quelle brochette ! Deux égoïstes rassemblés prouvaient que tout était possible dans la société du bisness. Dans l'année suivante, les fiançailles d’Émeric et Aurore furent annoncées dans les familles. En grande pompe, le mariage fut préparé par un organisateur très prisé des stars, avec des frasques frôlant l'indécence par une opulence vomitive. Encore une fois c’était plié : la frime, encore la frime !... ce futur couple n'avait pas à son vocabulaire le mot humble. L'arrivée à la cérémonie était prévue en hélicoptère mais, dans l'impossibilité d'atterrir au plus près de la cathédrale, l’idée fut écartée. Alors, on opta pour la limousine américaine de très grande longueur et d'un blanc nacré. Ils n'avaient pas pu avoir la cathédrale de Notre Dame de Paris, ils s'étaient donc rabattu sur celle de Reims où Napoléon s'était sacré empereur. Elle était à la taille de leur ambition. Par ailleurs, ils avaient lancé environ mille invitations au vin d'honneur et quatre cents cinquante pour le repas. Une grosse partie du gratin, n'étant que des relations d'affaires, participait à cet immense mariage. Émeric avait peut-être eu les yeux plus grands que le ventre... il commença alors à faire l'addition pour voir la multiplication des factures…

         Evidemment il n'avait pas pensé utiliser ce qu'il avait mis de côté… Un petit tour s'imposait en Suisse pour ramener une valise très utile pour répondre à cette demande de besoins. Mais cet investissement valait la chandelle qu'il allait brûler, un petit sacrifice qui était assurément un jackpot. Dans les démarches de cette union, le risque avait été écarté par le père d'Aurore. Conserver ses biens, il n'avait que ça à la bouche, le contrat fut signé sous les termes de la séparation de biens. Émeric n’avait pas réussi, malgré ses talents de manipulateur, à changer quoi que ce soit à cette décision. Sans parler des diverses preuves qu'il avait dû apporter pour obtenir la bénédiction de la famille d'Aurore. Il ne savait pas que sa belle rousse avait extrêmement appuyé de sa propre force de persuasion. Parce qu’une certaine idylle régnait au sein de ce couple, doté d'une intense sexualité. Comme si la possession de richesse stimulait les appétits bestiaux. Dans une journée, on pouvait atteindre les cinq, six fois, et on passera sur les lieux insolites… Pour être pervers, ils s'étaient convenablement trouvés et ils s'exerçaient même avec une brutalité malsaine.

         Enfin le grand jour était là. La circulation fut coupée par un escadron de police pour guider toute cette masse d'invités. Dans la ligne droite des protocoles, le futur époux s'installa le premier devant l'autel. La naissance d'un amour avait peu à peu atteint Émeric qui eut le cœur retourné d'émotion lorsque sa princesse passa le seuil du massif porche de l'entrée centrale, au bras ferme de son père. Dans une robe blanche d'un grand couturier, une voilette devant le visage, Aurore remontait vers le cœur. De parts et d'autres, les bancs affichaient complets par la présence du gratin et d'une partie de curieux venus pour la cérémonie. On ne pouvait que conclure à l'opulence de cette assemblée tellement le déversoir de toilettes chics, de bijoux en or, diamant ou encore de perles, de costumes sur mesure, ou de chaussures à design unique pleuvaient sous cette nef. Alors que, de l'autre côté, la partie de curieux dénotait avec la majorité du groupe, et apparaissait bien plus en phase avec ce lieu solennel. De ce fait, lorsque le silence fut demandé par le prêtre, on aurait presque rigolé devant le burlesque de cette scène. On aurait cru avoir rassemblé l'opulence du mépris accompagné du vassal curieux de la pauvreté.

         Néanmoins, sans aucune attente, un silence unanime se forma et laissa place au rite de l'union d'un homme et d'une femme sous le regard de dieu. Un instant particulier avec l'échange des vœux, poursuivi par l'échange des alliances fit ressentir un moment spécial parmi l'ensemble des proches. De l'autre côté, on distinguait clairement des spectateurs pressés par l'envie de partir, voire totalement absents dans leur place. L'un se curait les ongles, un autre répondait à ses messages sur son portable, encore un autre griffonnait sur le papier de la cérémonie... etc. Enfin la sortie !... Les nouveaux mariés attendirent avec un précieux échange de joie que toute cette masse ait quitté les lieux afin de se diriger vers un château classé pour la suite de la bouffonnerie. Dans la déferlante de berlines, ils réussissaient à créer un bouchon d'une dizaine de kilomètres sur leur trajet.

         Encore une fois, la curiosité avait gagné le voisinage à la vue de ce clinquant cortège(6). Pourtant, le parking d'arrivée accueillit tout ce monde comme le plus digne des parcs d'attractions. A l'extérieur du château, il y avait trois immenses chapiteaux dressés, un pour le vin d'honneur, un pour le repas et le dernier pour la soirée dansante. Ce fut long, très long, pour que les deux époux puissent faire le tour de tous les invités afin de les remercier, comme il en est d'usage. Mais les festivités furent lancées. Les verres furent remplis et vidés aussi sec. Une bouteille, deux, quatre-vingt, deux cents soixante, le concours des cadavres était d'actualité. Pendant que les verbiages des convives s'amplifiaient et que les gamins couraient dans tous les sens, le temps d'un bon petit moment, les deux hôtes s'éclipsèrent pour se donner une nouvelle fois à leur désir horizontal. Quand ils furent soulagés, ils reprirent les activités de leur fête. Faisant un rappel, ils firent démarrer des jongleurs, un mini cirque ambulant, des chanteurs avant de passer au dîner animé. Tout avait l'air de bien se dérouler. Le repas se poursuivit sur quatre heures pour se terminer par un feu d'artifices d'au moins une demi-heure avant la soirée dansante… puis  ce fut le départ des jeunes mariés  pour leur lune de miel alors qu’une bonne partie des invités étaient déjà repartis dans leur habitude courante.

La bourse du chaos organisé, Chapitre 1, "un homme de peu de foi".SUITE

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

(7) Quand Aurore pense à Emeric comme époux:

 Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de Superbus, leur chanson «travel the world».

Acces you tube chanson 7 

Un vol de nuit pour les Seychelles était programmé pour une semaine en pension complète dans un hôtel de grand standing. Le vol fut peut-être long mais, en première classe, la sensation fut à peine perceptible(7). A la descente de l'avion, tout était prévu. Ils furent reçus par un véhicule de l'hôtellerie qui avait été affrété à leur attention. Émeric et Aurore  consommèrent ces deux semaines entre massage, hammam, mer et farniente. Dès qu’ils avaient rechargé leur énergie, ils repassaient leurs ébats dans la révision du kamasoutra. La question se posait : " Etait-ce de l'amour ? Ou de la passion ? ".

         Pourtant, une certaine complicité les liait dans leur prétention, le jugement des autres avec leur continuel sentiment de supériorité. Dans tous les cas, ils étaient meilleurs que tout le monde. Aurore piquait même de l'hystérie quand une femme de ménage avait oublié un poil ou une tache sur une surface de la chambre. Pour elle, cela relevait presque d'un jeu sadique d'empoisonner ceux qui travaillent pour survivre. Dans le mois qui suivit le retour à la vie routinière, Aurore annonça qu'elle était enceinte. Il fallait que ce soit un garçon, pensa aussitôt Émeric. Mais, les mois suivants apprirent que l'enfant serait une fille. Emeric était déçu, son côté macho s'extériorisa sous la forme de reproches. Ce fut sous ses premières tensions que naquît Akifède. Avec le temps, Émeric finit par se calmer mais il avait du mal avec cette enfant. Un événement le réconcilia avec cette naissance. Une idée farfelue lui avait traversé l'esprit : jouer en chiffres la date d'anniversaire d'Akifède dans un placement immobilier. Il gagna un joli petit pactole et il se mit à réfléchir… sa fille serait peut-être, après tout, un bon calcul. Il s'activa à pardonner à Aurore avec une perversité non-retenue qui relança son parcours avec elle. Comme un lien dénaturé, l'argent avait une nouvelle fois pris le pas sur ceux indéfectibles d'amour entre le père et sa fille, entre le mari et son épouse. A croire que ce pognon était l’unique moteur de ce couple et que tout ne devait tourner qu'autour de lui.

         D'autre part, son travail de trader, sur tous les ans du début 2000, lui donnait satisfaction folle en profit. Malgré les frasques de réceptions qu'Aurore organisait régulièrement, des soirées dansantes aux repas mondains. Si ce n'était pas la réalité, on aurait cru visionner les incontournables soi-disant télés « réalités » distribuant les pires valeurs morales nauséabondes. Ils passaient leur existence dans le strass et les paillettes avec la vénération de la planche à billets pour pulvériser leurs envies de capricieux.  Dans cette pléthore d'arrogance et d'avarice, naquît un deuxième enfant. C'était une nouvelle fille, mais sa présence fut contenue en cette année 2004 avec, étrangement, aucun sarcasme de la part d'Émeric. Avec empressement, il abandonna la presque totalité de leur éducation à leur mère, ne gardant pour sa part que les rappels à l'ordre. On aurait pu penser que toute cette histoire continuerait avec une incroyable assiduité.

         La complication avança dans l'année 2007. Émeric, le calculateur, celui qui anticipait tout, subit un revers qu'il n'avait pas prévu. Les autres requins de la finance avaient spéculé tellement avec des faux que tous les systèmes bancaires se cassaient la gueule. Une pandémie du mal nommé « homo sapiens sapiens », ravageait le monde. Elle détruisit des vies, sans état d'âme, comme une peste aveugle. Le bienfait du libéralisme avait liquidé les liquidités. Le pacte français pourri des trente glorieuses que rabâchaient les politiques avait pourtant en partie amorti cette crise. Les économistes s'en donnaient à cœur joie de flinguer ce système à bout de souffle. Il ne serait certainement pas arrivé à ce stade si on ne lui avait permis d'emprunter sur les marchés financiers faussés. Le plus vieil adage du monde avait été imposé par quelques-uns pour en tirer bénéfice. La bonne vache de l'État français ne servirait bientôt plus le plus grand nombre de français. Si les résistants de la seconde guerre mondiale avaient vu le massacre du pacte social,  dans cette France qui était en ruine à la fin de cette guerre, ils seraient détuits du devenu de l'individualisme ambiant dans une nouvelle France débordant de richesses. La réponse était bien la suivante, elles ne profitaient déjà plus au plus grand nombre. L'esprit collectif, d'égalité et de fraternité avait été rayé du fronton de nos mairies. Ce n'était absolument pas le souci d'Émeric. Comme tous les petits poissons qui se croyaient des requins, et qui s'étaient tous noyés dans l'envie, dans l'avarice. Dans un requiem de boursicotage, Émeric perdait, perdait, perdait, beaucoup d'argent.

         Ce fut la première fois qu’il s'affola, il ne maîtrisait plus ses nerfs. Il n'avait d’ailleurs jamais mesuré, le coût des soirées et des sorties de sa belle. L'argent rentrant à flots, il s'en était moqué. Maintenant, il était hors de question de continuer, sinon il comprenait aisément qu'il allait tout perdre. Le contact fut des plus glacials lors des explications qu'il du avoir avec Aurore. Celle-ci ne voulait pas s'arrêter dans ses caprices de princesse. Elle les considérait comme une obligation inaltérable. Madame n'avait qu'une idée : conserver son rang dans la société. Il n'était pas question qu'elle devint comme le commun des mortelles. Faisant des allers et retours dans les pièces, Émeric piqua une colère sans précédent, une colère de raison, pour une fois. Il esquissa : " Et les biens de ta famille ? Pourquoi  n’en récupères-tu pas une partie ? ". Émeric fut alors stupéfait de la réaction d'Aurore, elle qui répondait habituellement du tac au tac. Elle se mit à le fuir, elle ne parlait plus. Rageant, Émeric reprit : « Mais, dis ! Dis-moi ce que tu caches ! ». Et là, spontanée, elle se mit à bredouiller : « Bah..., bah..., j'ai pas d'argent ! ». Perplexe, il releva ses sourcils noirs en plissant le nez : " Comment, t'as pas d'argent ? Et les hôtels ? Les biens immobiliers !?! ". " En fait, je ne toucherai les biens que quand mes parents ne seront plus là, je ne touche qu'une rente de 15000 euros par mois ! " Lâcha-t-elle sous le regard destructeur d'Emeric, qui lui balança un coup poing en pleine face. Il venait de comprendre que depuis son mariage, il s'était fait roulé par le contrat de mariage.

         Du choc, Aurore tomba d'une masse sur le carrelage rutilant, recouvert d'huile de lin, de la grande salle. A terre, il continua de l'insulter quand il prit conscience qu'elle ne réagissait plus. Appelant au secours le major d'homme pour qu'il prévienne les services du S.A.M.U., Émeric recevait une peur dont il s'était toujours moqué. Dans les jours qui suivirent, Émeric entama une dégringolade, et sa singularité de profiteur se mit à voler en éclats. Les parents d'Aurore lui collèrent une interdiction d'approcher d’Aurore et de ses filles par assignation de justice. Dans ce cadre, il reçut la demande de divorce. Pendant que dans le même temps, vu les pertes accumulées à la banque, il fut viré. Puis, il perdit son procès avec une telle indemnité de pension alimentaire qu'il lui restait à peine pour vivre. En plus, il devrait faire de la prison s’il reprenait contact par quelque moyen que ce soit avec sa femme ou ses enfants. La déchéance continua par un contrôle sérère du fisc, qui avait constaté des irrégularités après un échange de fichiers avec les banques suisses. Tout lui fut saisi. Il avait profité d'un confort, de la facilité et il se retrouvait comme monsieur tout le monde. Les portes de ses amis de soirées et de dîners mondains lui furent fermées, ils lui firent clairement comprendre qu’ils ne souhaitaient plus sa présence.

La bourse du chaos organisé, Chapitre 1, "un homme de peu de foi". SUITE

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

 

(8) Quand EMERIC regarde les enfants dans le parc:

Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

A l’œuvre de emmanuel Moire, sa chanson « je ne sais rien».

Acces you tube chanson 8

 

Par ailleurs, Émeric était persona non grata chez ses parents depuis qu’il les avait évincés de son mariage. Le revers d'un petit clic lui avait soufflé sa situation. Celui-là même qu'il avait utilisé pour pester sur les ouvriers licenciés. Émeric s'était au fil des mois décomposé en abandon total. Il avait toujours montré une volonté de réussir… tant que repartir de zéro lui paraissait insurmontable. Jusqu'à l'accompagnement des refus d'emplois dans les sociétés où il se présentait… il se prenait refus sur refus de désillusion de sa supériorité et de son verbiage. Le comble : il avait travaillé en indépendant et il n'avait jamais cotisé à la sécurité sociale. Encore une fois, il avait prévu comme ça qu'il toucherait toujours plus de blé et, parce qu'il n'avait jamais été solidaire, il ne bénéficiait de rien. Émeric avait même fini par vendre sa voiture à laquelle il tenait tant, son dernier trésor. Il avait, avec ce qu'il avait récupéré, tenté de trader mais les marchés étaient complètement fous. Le moindre placement partait en fumée aussi vite qu'il gagnait un peu. Après, il essaya de monter une boutique mais le peu qu'il investissait disparaissait. De la pression du quotidien, la drogue, l'alcool s'invitèrent avec intensité. En sachant que le fisc ne l'avait pas oublié et le contrôlait très régulièrement sur ses déclarations.

         Peu à peu, un trou béant se forma sous ses pieds et il fut happé par la spirale de la rue. D'homme imbu de lui-même, avec sa fierté mal placée, il ne restait qu'une masse informe et puante qui gisait sous un pont de Paris. Le trader des hautes sphères était devenu le cireur officiel des trottoirs pavés de la capitale. La manche, il s'était mis à faire la manche pour de l'alcool ou une dose… Dans une solitude qu'il n'avait jamais, ô grand jamais, connue, car on s'était tout le temps  occupé de lui pour en tirer profit. Il n'était plus qu'une ombre déambulant le long des murs d'une ville. Ecarté, Émeric était à l'agonie, il était à l'antipode de ce qu'il avait été. Ses rêves avaient coulé sur le papier de sa mémoire jusqu'à les rendre illisibles. Si la haine l'avait suivi, ce n'était pas la sienne la plus importante. C'était la haine de la survie quand le matin se leva dans les premières gelés d'automne et qu’il comprit que la dernière chose, son sac de couchage, qui le protégeait d'une mort glacée avait été piqué dans son sommeil. Les yeux agars, il était secoué par les rayons du soleil qui se levaient d'une couleur rose orangé et qui démantelaient, petit à petit, le bleu de la nuit. Dans son mal, dans cet isolement imposé, après avoir ressassé et ressassé son passé, après la vision de son futur décès, il prenait enfin conscience que c'était ses excès qui l'avaient conduit à cet instant là. Si, au moins, il s'était occupé au moins une fois des autres au lieu de s'occuper de lui ! Il admettait que, peut-être, il ne serait pas sous l'arche de son pont autoroutier et qu'il mangerait un repas décent. Alors, comme un automate, il se redressa couvert d'une vieille charpente usée par la douleur des manques.

         Émeric se mit à se traîner vers la civilisation tellement proche et pourtant tellement lointaine quand un groupe de quatre personnes, des bénévoles du secours social, l'arrêtèrent avec douceur afin de savoir s’il allait bien. Émeric réfléchissait difficilement car il était dans l'expectative… on prenait de ses nouvelles. Il en était bien à six mois d'absence de conversation soutenue. Un certain Thomas menait ce groupe avec le caractère de porter secours aux plus démunis, aux sans abris. Toutes les personnes qui s’agenouillaient dans la détresse, quelque soit leur qu’origine. Thomas accrocha alors une liste énorme de questions après avoir conduit son exclu près de la camionnette de leur tournée. En même temps qu'il faisait le bilan de la situation d'Émeric, il lui servit un sandwich et une boisson chaude. Émeric percevait le goût neuf d'un jambon beurre et d'un café, à croire qu'il n'en avait jamais pris. Une proposition fut faite à Émeric d'être soigné dans un centre hospitalier où une unité de soins en addictologie était en place de façon à ce qu’il puisse être désintoxiqué des drogues qu'il avait prises. Dans une dernière bouchée, Émeric comprenait qu'on lui témoignait de la compassion, sans aucun retour en échange, et il se mit à pleurer, cachant ses yeux de sa main pour se soustraire à la vue des hommes devant lui. Il venait de découvrir une chose évidente pour certains d'entre nous, l'argent n'achète pas le cœur, ni la bonté, lorsqu'ils sont sincères.

         Deux choix s’offraient à lui, la rue  et y rester une loque ou relever la tête comme il le faisait auparavant. IL ne tarda pas, tout chancelant, à gravir la marche de la camionnette et à prendre place sur un siège à l’arrière de ce véhicule. Puis, le groupe d’aides-soignants lui emboita le pas et ils l’orientèrent après une longue route sur le périphérique vers le 18e arrondissement où se trouvait un hôpital avec la structure appropriée. Émeric savait que ça serait très dur mais il ne voulait pas replonger dans ce qu’il venait de vivre depuis deux ans. Il avait un moyen de redevenir clair à minima, son envie d’oubli était partie. La durée de son hospitalisation pour son sevrage dura presque 4 semaines où il dû se battre lors de ses crises dues à l’arrêt de sa consommation d’alcool et de drogues en tous genres. Dans cette chambre jaune pâle, Émeric était passé par des tas de symptômes physiques (une transpiration d’un coup profuse, son rythme cardiaque qui accélérait, très irrégulier, des symptômes subjectifs, très forts maux de tête, une envie incompressible de vomir, assortie d’angoisses). Il était balayé par le vent du poison tel un fétu de paille. Il n'avait pas le souvenir qu'il avait, lors de ses pertes de conscience, été attaché par des sangles à son lit pour qu'il ne se blesse pas. À travers cette épreuve, il avait apprécié une place en particulier.

          Émeric, de là où il était assis, la tête en arrière, immobile dans un fauteuil en similicuir, les idées dans le vague, distinguait des enfants en totale liberté dans un parc public (8). Ils couraient, les uns derrières les autres, ils s'attrapaient par moment, ils montaient en escaladant les jambes immenses et descendaient  une trompe énorme d'un toboggan en forme d'éléphant d'un rouge déteint. Mais, plus flagrant pour Émeric que de simples objets, ils riaient. C'était quelque chose qu'il n'avait pas connu. Il imaginait ses filles dans cet endroit, leurs cheveux cuivre foncé au vent. Elles devaient être grandes aujourd'hui. L'aînée devait être âgée de 10 ans et la seconde de 7 ans. Celui qui avait refoulé ses instincts de père les sentait le tirailler dans ses entrailles. Est-ce que l'immersion dans le monde des clochards, des âmes en perdition, avait été l'électrochoc des valeurs qui n'avaient pas été les siennes jusqu’à lors. Reprenant une raison dés-embrumée, Émeric savait qu'il n'avait pas été un exemple mais de s'être retrouvé tout seul avait changé quelque chose. Le plus étonnant était que Thomas s'invitait auprès de lui pour parler. Ils avaient des échanges sur des sujets qu'il avait catégoriquement, à une époque, écartés du quotidien où il était immergé. Émeric découvrait une facette du monde à laquelle il n'avait jamais fait face. Un mal étrange l'avait lessivé après son passage auprès d'enfants luttant contre le cancer. Les regards, ces regards de supplication martyrisaient ses rêves.

         Lorsqu'Émeric devint convalescent, il s'arrêta devant une pile de journaux traitant des événements économiques. Une curiosité l'avait poussé à lire ce qui lui avait été banal lorsqu'il travaillait. S'affalant dans la banquette de cette salle d'attente, il comprit après analyse sa vie, ce qui s'était joué. Il s'était fait avoir par un requin du monde des affaires en participant à la manipulation de l'extorsion. Émeric avait en fait été un pion des grands escroqueurs, des riches, des encore plus riches, sur le dos des autres. C'était ça qui l’interpelait à longueur de page, encore et encore. Il comprenait avoir vécu à l'écart de tout sérieux et réalisme et que la loi de l'argent l'avait corrompu, dans l'univers de la déraison.

         Il voulait maintenant d'autres valeurs, avoir de véritables amis qui ne le trahiraient pas. Tout en pensant au partage que lui avait offert Thomas lors des interludes de ses crises. Un rouleau de regrets le culpabilisait, les bons moments passés quand il était heureux.  Ses parents, son master en économie ne lui avaient pas appris les bases des relations avec les personnes qui l’entouraient dans cet hôpital.  Émeric s’émerveillait devant la patience, le dévouement que les aides-soignants, les infirmiers et infirmières, les docteurs avaient pour aider toute cette kyrielle de gens.  Il était désemparé de voir une telle solidarité entre eux, à tel point qu’il se rendait compte qu’il ne faisait qu’un seul corps. Chacun supplantait avec engagement ses confrères. Émeric était prêt à sortir, en qualité d’homme dépoussiéré  de ses excès. Il envisageait une vie plus simple, apaisé de la violence, il pensait presque se retirer dans un cloître.  Juste avant de quitter son lieu de soin, il avait reçu l’essentiel pour raccrocher un sens à tous les jours. Il prit alors des résolutions marchant dans les croisements des contre chemins en direction de la sortie. Il devait contacter ses parents en commençant par des excuses pour son comportement. Il devait leur raconter tout son égarement. Il devait raconter sa virée en enfer. Dans tous les mots qui lui frappaient la tête, Émeric soufflait avec lenteur du malaise qui le saisissait face à lui. En venant dans sa direction un couple fut rejoint par deux petites filles qui riaient aux éclats de leurs fossettes. «  Tu crois qu’on pourra y aller, papa, au parc d’attraction ? Dis papa ! » Interrogea l’une d’elle. Le père répondit alors avec espièglerie : « Tu ne vois pas que je vous fais marcher depuis tout à l’heure, on a déjà tout prévu avec ta maman !!! ». Alors la mère ajouta : « Evidement, c’est parce que vous le méritez par le travail que vous avez réalisé ; c’est pour cela que l’on vous récompense ! ». Alors Émeric s’arrêta sur un banc et il zieuta le couple de complices s’éloigner. Un guide, Emeric comprenait qu’il lui avait manqué un guide, à l’image de ce père, à l’image de Thomas.

FIN

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