CHP1 Le génie insolite, "La fleur de mon coeur"

Bonjour à toutes et tous,

Vous êtes dans la partie rédaction Règlement intérieur, droit d'auteur. Je vous propose de continuer des essais de roman, en suivant vos idées pour construire une suite.

"Le thème abordé est l'unique amour", avec un point de vue sur un roméo et juliette moderne.

Ce thème n'est pas unique et je rappelle qu'il a pour but d'être incitatif ! Donc, vous pouvez regarder les autres.

Les consignes importantes pour faire une proposition:

- Il faut lire le texte (texte normal).  D'autre part,  j'ai choisi des chansons qui pourraient se comparer, pour partie, à l'émotion des personnages à certain moment du récit. 

- Il faut rédiger l'équivalent d'un chapitre d'un livre soit environ 5000 mots à minima. C'est ce qui est déjà réalisé pour vous.

- Il faut faire attention à l'orthographe, grammaire et éviter les répétitions ( aide sur internet pour les synonymes)

- Il faut respecter le caractère de chaque personnage s'il est décrit.

-Orientation pour le titre du chapitre 2, " l'ange exterminateur" où "un génie fou" où bien faire une proposition......, voir aussi complément "réflexion sur le thème de l'amour".

-Dans tous les cas, vous pouvez le lire simplement, vous faire votre opinion en allant jusqu'au bout :

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte des sentiments des personnages: Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci et j'ai créé des poèmes pour donner encore plus de compréhension.

Bon courage à ceux qui vont essayer. votre essai à adresser monespritenlib@gmail.com

 


 

Le génie insolite, Chapitre 1, "La fleur de mon coeur"

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

  (1) Quand auguste se rappelle de son enfance.

  Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

   A l’œuvre de Corneille, sa chanson « seul au monde ».

Acces you tube chanson 1 

 

(2) Quand auguste découvre l'attention que lui porte Mélanie.

 Ses sentiments pourraient ressemblés pour partie à

  A l’œuvre de Jean Ferrat, sa chanson « Que serais sans toi ».

Acces you tube chanson 2 

 

 

(3) Quand mélanie découvre la vie d'auguste. 

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à 

A l’œuvre de Joyce jonathan sa chanson « ça ira». 

Acces you tube chanson 3 

 

            Si vous étiez né d’une trahison, pourriez-vous  l’assumer ? D’autant plus si vous étiez un génie qui serait des plus anodins… Il serait celui qui passe inaperçu, celui auquel vous ne prêtez jamais attention. Vous le considéreriez quelconque en le regardant. Il serait d’une banalité déconcertante. Aussi bien dans la rue, au moment où vous faîtes les courses ou bien encore dans le bus qui vous emmène à votre travail.

             C’était ce que vivait Auguste, cloîtré sur une des banquettes de la ligne de Dijon. Il était âgé de 23 ans et il se remémorait son enfance difficile dans un de ses moments de solitude avancée(1). Il avait été abandonné quand il était tout petit vers ses 2 ou 3 ans. Il n'avait jamais pu savoir quelle en était la raison. Il ne se rappelait pas non plus de son placement dans un des orphelinats de Bourgogne, dans le département de la côte d’or. Pourtant, il s’y était trop souvent senti non seulement rejeté mais isolé comme les objets inutiles que l’on colle dans un grenier ou un débarras. Là où la poussière règne dans chaque recoin, ou le concours de la plus grande toile d’araignée s’expose, là où l’on oublie qu’ils ont existé. Un mal de vivre, par une question intense qui se martelait dans sa tête : « Pourquoi m’ont-ils abandonné ? pourquoi m’ont-ils fait ça ? ». Bien sûr il avait essayé de trouver des justifications dans la période fatidique des années 90, si on avait été en guerre, ils auraient pu être tués. Il n’y avait même pas eu une grande crise. C’était la France, celle dont on dit qu’elle protège de tout. On ne peut pas y perdre son enfant !...

             Sa vie à l'orphelinat n'avait pas été sans heurt. Quand il était petit, il avait une nature plutôt chétive. Mais il en gardait de bons souvenirs malgré une place qu'il n'y avait pas trouvée. D'autre part il était de ceux qui ne furent jamais adoptés : comme si on l'avait dépecé de toute identité. Un extraterrestre terrien qui vivait chez les terriens. Une seule personne avait essayé de lui donner un peu d'attention, un peu d’amour, c'était la directrice de l'établissement ; elle avait fini par le garder auprès d'elle. Elle lui prodigua une certaine affection et, grâce à elle, Auguste suivit de grandes études et s'orienta vers la biologie comme vers l’envie inconsciente de retrouver ses origines. Arianna avait donc comblé un certain vide en Auguste car, pour sa carrière, elle n'avait jamais pris le temps de fonder une famille. Elle s'était toujours consacrée à ces enfants perdus et ils étaient sa famille. La maison d'Arianna était issue de la vieille bourgeoisie dijonnaise, elle était située le long des allées du parc. A l'automne, les allées se couvraient temporairement de rouille presque aussitôt ôtée par les engins de nettoyage municipaux. D'une ossature du XIXe siècle, la maison avait été rénovée avec la mise en valeur d'une magnifique serre. Auguste y passait une grande partie de son temps auprès des fleurs et des plantes avec lesquelles il avait réalisé un prodige de composition.

             Par ailleurs, c'étaient les bancs de l'université qu'il fréquentait le plus. Impressionné, le doyen de la faculté avait fini par le convoquer dans son bureau pour les résultats exceptionnels qu'il avait obtenus. Une étude approfondie de ses qualités mit en évidence un QI supérieur à la normale. De ce fait, on lui proposa une bourse et un laboratoire tout équipés pour ses recherches en biologie. Cette attention particulière ne lui avait pas pour autant ôter le vide resté présent. Comme on pouvait le constater, malgré ses déplacements journaliers dans les couloirs ou les cours de l'université, aucun des autres élèves ne l'abordaient jamais.

             Pourtant une personne se détacha du lot. Elle participait aux expériences et manipulations d'Auguste. La petite Mélanie, d'une nature un peu moins réservée, appréciait la compagnie de ce jeune chercheur. Un soir, alors qu’ils avaient travaillé ensemble beaucoup plus longtemps que d'ordinaire, d'un petit sourire insistant elle l'invita à prendre un repas à un des restaurant rapides encore ouverts. Elle avait compris que ce n'était pas dans les habitudes d'Auguste. Par une gesticulation des mains, d'arguments en tous genres, Mélanie avait fini par réussir à le convaincre. (2)Auguste avait eu un petit pincement au cœur devant la découverte d'une fille, en dehors de sa mère adoptive qui lui prodiguait de l'attention. Ils prirent leurs affaires. Auguste enfila son blouson gris, ses gants de laine, son bonnet et son écharpe écrue et il sortit dans le vent froid automnal. La présence des pas de Mélanie lui fournissait une émotion inconnue. Elle lui apportait une chaleur inhabituelle et il s'était rendu compte que son pouls avait accéléré. Il n'osait plus poser son regard sur Mélanie. Une petite blonde dont les yeux bleus se cachaient devant une épaisse paire de lunettes liées à sa myopie. Auguste avait même contracté une couleur rouge avancée sur la hauteur de ses joues. Le petit coup de tête dans sa direction permit à Mélanie de voir que son accompagnateur n'était pas totalement indifférent à sa présence. Ce qui combla son enthousiasme du départ et qui se traduit par un nouveau sourire sur les pointes de ses lèvres, recouvertes de stick anti-gerçures.

             Auguste, pour détourner l'attention de Mélanie, se mit à parler comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Il raconta sa passion pour les fleurs, qu'il tenait la serre de sa mère adoptive. Il lui avoua avec un certain complexe le fait qu'il avait été abandonné à la naissance. A ce moment, Mélanie ressentit la tristesse d'Auguste, une solitude qui le poursuivait. Un sentiment de compassion la traversa, elle était encore plus émue par cet homme (3). Poursuivant leur conversation, ils s'engouffrèrent dans un bus violet de la ligne 5. Ils prirent alors la direction du centre ville et ils descendirent à la place Darcy. Ils traversèrent cette place qui venait d'être refaite et ils passèrent sous l'arche marquant comme un symbole ce nouveau lien intime. Ils s'enfilèrent alors dans la toute récente voie piétonne de l'avenue de la liberté pour arriver jusqu'à un resto rapide en contrebas. Après avoir pris leur commande au guichet, ils prirent des places dans la salle à l'étage. Auguste s'était mis à être prévenant avec Mélanie. Il l'aida à retirer sa veste après lui avoir porté son plateau. Il lui tira sa chaise pour faire preuve d'une certaine chevalerie. Instinctivement, il décryptait tous les petits comportements de la demoiselle, décelant les parcelles de complicités dont elle l'abreuvait. Mélanie en jouait avec douceur au vu des révélations précédentes de son prétendant.

             Mais la discussion coupa court par la présence d'une bande plus qu’agressive et qui venait de monter. Cette bande se mit à bousculer leur couple nouvellement formé. Devant l'impolitesse des individus, Auguste demanda à Mélanie de sortir. Quand, attrapé de dos par une de ses épaules, on le retourna et, sans qu'il ait eu le temps de voir son agresseur, il prit plusieurs coups au visage et sous les chocs, il tomba dans le coma. Heureusement, les vigiles avaient suivi ce groupe et ils mirent un terme à l’affrontement après plusieurs échanges de poings. A la suite, les hôtesses de service prévinrent immédiatement les secours. A côté de son corps allongé, Mélanie s’inquiétait pour Auguste même si l’un des vigils l'avait rassurée après avoir constaté qu'il respirait toujours. Un véhicule du SAMU arriva pour emmener l'inconscient dont le visage était défiguré par le sang. Mélanie prit son rôle encore plus au sérieux en l'escortant dans l'ambulance jusqu'à l'hôpital du bocage avec les gyrophares allumés et la sirène hurlante. Ils débarquèrent aux urgences pour une prise en charge en réanimation. On pria Mélanie d'attendre à l'extérieur pour que les premiers examens soient faits.

Le génie insolite, Chapitre 1, "La fleur de mon coeur" suite 2

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

 

(4) Quand Arianna découvre son fils amoureux de Mélanie.

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à

A l’œuvre de Daniel Lavoie sa chanson « ils s'aiment».

Acces you tube chanson 4 

 

            Pendant ce temps sa maman, Arianna, fut appelée par le service hospitalier afin de lui apprendre la tragédie qu'avait vécue son fils. Complètement atterrée par les explications, elle confia, après avoir raccroché, les responsabilités à son assistante. Elle rejoignit alors son véhicule afin de se rendre sur place. Dans le même temps, Mélanie avait pris place dans une salle d'attente, feuilletant les brochures périmées. De temps à autre, elle jetait un œil dans l'espoir qu'on lui donne des nouvelles. De l'autre côté, un va et vient s'était engagé pour la prise en charge du blessé et le praticien ressortit pour indiquer à la jeune femme qu'il allait opérer Auguste. En effet, il avait une hémorragie qu'il fallait absolument stopper. Il abandonna son interlocutrice pour se rendre en salle d'opération. A l'entrée des urgences, au bout de 2 heures, Arianna entrait et elle se dirigea immédiatement vers un guichet. Derrière un bureau tout neuf, une secrétaire était en train de répondre au téléphone dans les lumières agressives des halogènes. Enfin elle raccrocha pour demander d'une toute petite voix : " Vous désirez ?" Arianna expliqua la situation et elle fut orientée vers le service de réanimation. L'heure tardive ne prêtait pas à une foule déambulant dans les couloirs. Ce qui les rendait éteints dans la grande majorité. Leurs zigzags finirent par faire déboucher Arianna sur la salle d'attente où Mélanie mâchouillait une barre de chocolat tirée du distributeur.

             Arianna s'adressa directement à Mélanie pour savoir qui elle était. Après les différents échanges de paroles, Mélanie comprit que la personne devant elle était proche d'Auguste." Vous êtes sa maman ?" Lui demanda-t-elle. Arianna répondit par l'affirmative dans l’agréable surprise de rencontrer, pour la première fois, une personne qui connaissait son fils. Et, sous le sourire d'Arianna, Mélanie expliqua qui elle était, la raison de sa présence et surtout le fait qu'Auguste soit en train d'être opéré. Dans l'expectative du lien qu'avait apparemment cette petite blonde avec son fils, Arianna prit place près d'elle dans la salle d'attente. Les heures s'écoulaient lentement quand un des soignants se présenta devant cette famille de fortune. Il indiqua que l'opération s'était bien passée et qu'Auguste avait été placé dans une chambre de surveillance. Néanmoins, il leur proposa sous réserve de quelques précautions d'usages de pouvoir approcher de son chevet. Arianna et Mélanie suivirent ce guide improvisé et elles accédèrent dans le silence de leurs pas à la chambre de l'épargné. Dans une lumière tamisée presque noire, elles découvrirent un amas de tubes et de fils de toutes sortes dont était pourvu Auguste.         

            Arianna fut la première à s'asseoir auprès de lui, désemparée devant l'état de son enfant. Faisant face à la fatigue, Mélanie informa la maman d'Auguste qu'elle rentrait chez elle afin de se reposer et qu'elle repasserait le lendemain en fin de journée. Celle-ci lui répondit par l'aval d'un hochement de tête par lequel Mélanie comprit qu'Arianna, elle, restait sur place. Le bruit des machines bipant n'eut pas raison du sommeil d'Arianna qui, après de brefs à-coups de tête, finit par s'éteindre. Le fauteuil où elle s'était installée finit par faire office de lit d'appoint.

             De son côté, Mélanie avait terminé le retour à son appartement. Ne cherchant pas, à faire de zèle, elle affala ses affaires sur le dossier de sa coiffeuse et s'enfila dans les draps. Dans le dernier état de conscience, elle revoyait avec de la déception les événements du resto rapide et le visage défiguré d'Auguste. La nuit s'étira en longueur plus que d'ordinaire pour nos deux gardes-malade. L'activité de la rue eut raison des songes et derniers rêves de Mélanie. Elle finit par s'apercevoir qu'elle s'était accordé trop de temps de repos.        

            Dans l'agitation du réveil, elle cavala, une douche puis un petit café et un restant de brioche. Elle était à peine habillée qu'elle était déjà descendue à son arrêt de bus. Déboulant avec des pas forcés à son travail, elle allait accéder rapidement au laboratoire lorsque l'adjoint du service l'interpella sur le seuil de la porte. "Que faîtes-vous là ?" demanda-t-il. "Je viens prendre mon poste " répliqua-t-elle d’un ton explicite. " Ne vous fâchez pas, nous savons ce qui vous est arrivé hier soir avec Monsieur  Auguste Thane !" puis il ajouta après un petit blanc " Nous sommes seulement surpris que vous ne soyez à son chevet, étant collègue ?!... Décontenancée par la réplique, elle bredouilla : " Bah, bah, je sais mais nous avons lancé des tas de solutions et je ne voudrais pas qu’Auguste les rate !...". La forçant à changer d'idée, celui lui lança : " La science a attendu jusque là, je pense qu'elle préfère la vie d'un ami ! enfin nous l'espérons". D'ordinaire Mélanie n’était pas trop sujette à être démonstrative mais, à ce moment, elle se mit à ressentir un coup de sang sur son visage. Alors elle questionna, avisée : " Vous m'autorisez donc à retourner à 'hôpital ?". Il reprit alors dans un soupir : " Evidemment, et nous prendrons soin du labo !!!". Dans un merci, Mélanie fit demi-tour aussi sec, reboutonna son manteau et reprit le rythme soutenu de ses pas d'arrivée. Elle était heureuse de la preuve de respect que l'on fournissait à Auguste. Elle regrettait uniquement qu'il n'en ait pas connaissance, lui qui ne pensait pas solliciter d'intérêt.

            Un petit quart d'heure plus tard, elle était déjà au niveau de la chambre d'Auguste. Le périple ne s'était pas fait sans mal car l'effervescence des services battait son plein dans ce trois quarts de matinée. A son entrée, elle acquiesça au bonjour d’Arianna qui était toujours présente et qui en profita pour demander à la nouvelle arrivée si elle pouvait s'absenter le temps d'aller se restaurer un peu. Mélanie n’y vit pas d'objection mais elle était surprise qu'Arianna n’ait pas reçu de plateau repas.

             Alors les jours s’enchaînèrent entre les allées et venues des deux femmes. Elles durent attendre le 4ème jour pour qu'Auguste sorte enfin du coma. Assis sur le bord du lit, Mélanie fut la première à lui sourire, la main dans la sienne. Arianna comprit sous la première réaction de son fils qu’il était amoureux. (4)D’une joie retenue, elle se dit immédiatement que leur relation serait difficile après l’incident du resto malgré qu’ils avaient l’air si heureux. Il aura fallu une semaine au total pour qu'il soit convalescent, avec une surveillance médicale. Il était prévisible que ses blessures prendraient du temps à cicatriser. Peu importait, il avait pris un plaisir sans tache en s'éveillant. Il recevait pendant qu'il goûtait les derniers soubresauts de douleur, l'affection qu'il avait tant espérée. Les deux mois suivants ses mauvaises aventures, la vie d’Auguste avait pris un pli inédit. Il s'était rapproché de Mélanie avec laquelle il partageait quotidiennement sa vie. Ce vide qui l’avait suivi s'était presque effacé, il savourait ces moments qu'il passait auprès d'elle. Il avait l'impression d'être redevenu un enfant quand il l'admirait.

             Pourtant, à l'opposé de ces moments heureux, le groupe qui s'était attaqué à lui connaissait son adresse. En effet, lorsqu'il avait été mis KO, il n'avait pas pu voir que son portefeuille s'était glissé hors de sa veste. La bande de délinquants composée de cinq individus venait de s'acquitter d'un procès suite à plusieurs faits dont celui de trafic de drogue. Mais, suite à la plainte de sa mère Arianna pour coups et blessures à l'encontre d'Auguste, le meneur avait écopé de 6 mois de prison avec sursis et d’une amende. Une rancune tenace le travaillait et il avait juré à sa bande qu'il se vengerait dès que le bon moment se présenterait. Auguste, à son insu, avait donc attiré la haine d'un dangereux arrogant, orgueilleux, superficiel et suffisant personnage.

Le génie insolite, Chapitre 1, "La fleur de mon coeur" suite 3

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

 

(5) Quand auguste se sent enfin le pouvoir d'aimer sans retenu.

Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à

A l’œuvre de Florent Pagny sa chanson « savoir aimer».

Acces you tube chanson 5 

 

 

(6) Quand auguste amène mélanie chez lui.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à

A l’œuvre de Emmanuel Moire sa chanson « suffit mon amour».

 Acces you tube chanson 6

  

 (7) Quand auguste et mélanie partage l'intimité de la chambre

 leurs sentiments pourraient se comparer pour partie à

 A l’œuvre de la comédie musicale Roméo et juliette sa chanson « aimer».

Acces you tube chanson 7 

 

            Auguste lui était tout à ce qu’il vivait en son cœur comme une vraie naissance, le phénix renaissant à la vie, un nouveau souffle enflait sa poitrine(5). De plus son retour dans la partie scientifique où il y travaillait fut le théâtre d'une petite fête surprise. Tous les autres professionnels s'étaient organisés pour lui souhaiter un bon retour parmi eux. Il s'était tant cru complètement invisible… et ce qui s'était passé lui prouvait le contraire. Et le plus incroyable, c’est que lui que l'on évitait, à qui l’on n’adjoignait que des bonjours et des saluts, était maintenant reconnu pour la précision de son travail, de son esprit de synthèse, de son génie de biologiste appliqué. Il s'était mu de l'ombre à la lumière, Auguste s'était transposé dans un nouvel homme. Le bonheur espéré était atteint, il trouvait sa place.      

            D'autant plus que le lien de plus en plus présent entre lui Mélanie avait abouti à un premier baiser lors de leur balade du week-end. D'une confiance spéciale, il l'avait mené à son jardin secret  (6). Ils s’étaient arrêtés devant une bâtisse de l'époque victorienne avec de grandes mansardes. La, ils avaient remonté l'allée principale gravillonnée, bordée de part et d'autre d'arbres de plusieurs essences, de chênes, de frênes et, au second plan, un peu plus en retrait dans l'intérieur du parc fraichement tondu, de majestueux marronniers. Puis ils avaient contourné l'aile ouest de sa demeure qui laissait place comme une main posée sur la pointe de ses doigts semi-tendus, à une immense serre. On distinguait clairement les teintes dépolies de certains verres quand d'autres étaient récents. Par ailleurs, sa base était cerclée quant à elle d'un ensemble de vitraux colorés. Auguste dans le craquement éteint de ses pas dans les graviers, sortit une clé ouvragée de sa poche et il fit entrer, la guidant d'une caresse dans le dos, Mélanie. Elle se mit à avancer à pas d'escargots comme scotchée par intermittence sur le sol. Ses yeux bleus s’émerveillaient devant une diversité d'espèces dont beaucoup lui étaient totalement inconnues. Dans un retournement de tête interloqué dans la direction d'Auguste, elle lui adressa : " C'est vraiment toi qui as fait ça ?!".

            A ce moment, dans un état de tendresse devant sa jolie visiteuse, complété par ses pupilles passant au diamant, il baissa son menton pour afficher une banane d'intime suivie par une montée de ses paupières : " ça te plait Méla, je t'ai vraiment fait plaisir ?". Sans reprendre la discussion, elle se rapprocha d'Auguste et se mit à l'enlacer en douceur quand, sous la lumière inclinée du futur coucher extérieur, dans ce décor de plantes exotiques, les deux visages se marièrent pour ne former qu'un cœur au choc endiablé de leurs lèvres. Après un bon 5 minutes, l'union de cet amour fit sa place au bras d'Auguste couvrant les épaules de Mélanie. Ils se mirent à arpenter dans une intense complicité les différents chemins riches de multiples variétés. Essayant d'assouvir ses connaissances, Mélanie était devenue un moulin à paroles interminables : " Et ça c'est quoi ? Et celle-ci qu'elle est belle !...". Il avait beau essayer de tenir la distance, Auguste s'affranchissait d'un souffle coupé car il ne pouvait plus suivre son admiratrice privilégié. La petite table basse devant laquelle ils s'étaient avancés prêtait un sécateur émoussé. Auguste le saisit et il coupa une rose d’une variété d'un rouge pourpre qui se capitonnait de pétales d'un magnifique velours.  Il la tendit à Mélanie qui arrêta ses questions pour la saisir avec délicatesse et apprécier son captivant parfum. Sous le coup d'un souffle décidé, elle voulait passer à une étape plus personnelle avec Auguste et elle se mit à lui glisser un petit murmure au fond de l’oreille. Auguste resta ébahi une longue minute sous la proposition de Mélanie. Jamais il n'aurait pensé que ce soit aussi sérieux. Enfin si, mais il ne pensait pas cela soit aussi tôt.

             Et sous l'attente de sa compagne, un élan fougueux opposé à ses réserves habituelles lui fit saisir sa main et il l'emporta dans une course dans la partie habitée de la maison. Ils la traversèrent pour accéder à l'escalier marbré central en quart de cercle dont ils montèrent les marches quatre par quatre. Le premier étage s’ouvrait sur une desserte de couloirs dans lesquels les amants s’engagèrent en choisissant celui qui se trouvait à leur gauche.          

             A la cinquième chambre sur leur droite, ils prirent possession de la pièce. Auguste se laissait mener par cette fleur unique par ce petit bout de femme au caractère décidé de Mélanie. Ils se déshabillèrent dans la plus pieuse des douceurs et ils se glissèrent à l'intérieur d'un grand lit en baldaquin en bois noir patiné. (7)Ils s'adonnèrent alors à un plaisir charnel d'une grande volupté. Là où les sens s'unissaient pour rattraper la pensée et le rêve. Là où l'ivresse du partage pour combler l'autre était sans égal. Quand l'effort de chacun s'était donné à la merveille, un calme de sérénité remplit de nouveau cette chambre, les bras enroulés sur le corps de son voisin, la joue posée sur celle de l'autre, ils épinglaient dans cet état les songes. Ceux qui conduisent au repos et la plénitude de la symbiose de deux êtres. Les yeux embrouillés de sincérité, l'un après l'autre, ils se caressaient leurs cheveux dans le retour à l’existence. Le quotidien reprenait sa course. Dans l'évidence, Mélanie prit la parole : « Tu veux aller voir un film avec moi ?". " Ce que tu veux !" puis sous une prise d'inspiration, comme si il gardait cette phrase depuis des années en lui, il reprit : " Je t'aime... je t'aime Méla !!". Elle lui souriait à nouveau, elle l'embrassa sur la joue : " Je sais, je l'ai toujours su et moi aussi je t'aime !". Face à face, ils se ré habillaient mutuellement.

             Abandonnant la chambre de la passion, comme pour marquer ce souvenir, ils prirent un temps fou pour en sortir. Auguste proposa à sa câline petite blonde, très loin d’une scientifique austère, de manger un petit morceau avant de ressortir. Mélanie apprécia la proposition et ils accédèrent à une cuisine carrelée vert menthe dont la taille prêtait plus à celle d'un restaurant, tout en étant bardée d'une multitude d'ustensiles. C'est Auguste qui prit le rôle de chef en étalant plein de restes, de petits plats, un peu de charcuterie, du pain...etc. Ils se hissèrent sur des tabourets de bar en cuir noir où Mélanie fut la première à se poser. Entre les bruits de bouches, les bruits de couverts, ils échangeaient sur le thème qu’ils allaient choisir pour leur séance, en particulier parce que Mélanie ne voulait pas être la seule à décider. Elle comprenait très bien qu'Auguste désirait lui faire plaisir. Au premier abord, il était devenu un homme comme les autres. Cependant, en y regardant de près, il était plutôt devenu un génie benêt, incapable de réfléchir, resté encore dans la rêverie de la chambre. En fait, il était devenu un homme normal avec une vie normale, ce à quoi Auguste avait combien de fois réfléchi et espéré. Après le rangement de la vaisselle du repas, ils se vêtirent de leur manteau et, par le perron de l’entrée principale, ils quittèrent cette demeure particulière. Sous la nuit tombante, ils s’emparèrent de la main de l’autre.

             Comme un soupir, ils abandonnèrent derrière eux, comme un temple, la bâtisse de leur première fois. Ils traversèrent l’avenue de la cour du parc, en croisant un dernier vélo, feux allumés sur la piste cyclable, et ils s’engouffrèrent dans un passage en traverse rejoignant la rue de Longvic. Tournant sur leur gauche, ils filèrent dans la rue jusqu'au rond point et ils s'engagèrent dans la rue de Magenta pour retomber sur celle d'Auxonne et atteindre le cinéma qui se trouvait rue Alfred de Musset. Ils avaient pris la décision d'aller à l'Eldorado, un cinéma qui projetait des essais et des documentaires. En effet, ils n'avaient pas souhaité visionner une grosse production américaine. Ils avaient préféré la réflexion au divertissement. Une soirée exceptionnelle d'une utopie réalisée par nos pères après la seconde guerre mondiale, celle qui avait permis la réussite d'une génération d'hommes contre l'égoïsme de quelques uns. Le résumé les avait enthousiasmés dont le titre était : " Les jours heureux". Celui parlait d'une utopie de Résistants  qui devint une réalité. Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux », le fameux titre, afin de toucher l'ensemble de la population française. Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc. Après la projection, ils étaient comptant d'avoir participé à un débat avec l'auteur Gilles Perret et de comprendre que leur époque était en train d'effacer le progrès que cela avait amené au profit du capitalisme outrancier. L'égoïsme et le profit de quelques uns contre le bienêtre du plus grand nombre.

Le génie insolite, Chapitre 1, "La fleur de mon coeur" suite 4

Je vous propose l'aide à la comphéhension de texte:

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective des idées véhiculées par celles-ci.

 

 (1) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:" coeur brisé".

 

Comparaison des sentiments des personnages avec des chansons pour une mise en perspective.

 (8) Quand auguste a perdu le gout de la vie.

 Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à

A l’œuvre de Jean Ferrat, sa chanson « le malheur d'aimer».

 Acces you tube chanson 8

 

 (9) Quand auguste attend sous le pont, immobile.

  Ses sentiments pourraient se comparer pour partie à

A l’œuvre de Emmanuel Moire sa chanson « venir voir».

Acces you tube chanson 9 

 

 (2) lié au poème rédigé par l'auteur philippe Graindorge:"la plus belle des fleurs"

 

            A travers la lumière des réverbères, ils se frayèrent eux aussi une voie vers leurs jours heureux sur le chemin vers l'appartement de Mélanie. Leur marche dura environ 25 minutes et elle se poursuivit par l'escalade de cages d'escaliers jusqu'au 3ème étage. Mélanie s'introduit en premier dans l'appartement afin d'allumer la lumière. Comme un vrai couple, ils se préparèrent pour le coucher. Ils lavèrent leurs dents et ils terminèrent par un sage repos. Malgré tout, ils s'étaient blottis ensemble. Auguste avait enlacé ses bras autour de Mélanie et s'était calé contre son dos. À l'aube, Auguste avait pris l'initiative d'aller chercher des croissants à la boulangerie pour faire une surprise à Mélanie. Il avait joué le furtif pour ne pas la tirer de son sommeil. Après son escapade, il s'amusait de voir son aimée encore endormie. Il prit alors le pli de préparer du café. Il finit par avoir le temps de lui présenter un joli plateau de petit déjeuner. Auguste l'attendait comme l'innocent admirant le monde. Soudain, d'un œil entrouvert, Mélanie esquissa un regard de complétude à Auguste. Une journée idéale s'annonçait pour les amoureux, en commençant par rejoindre leur laboratoire.

             Quelle mauvaise surprise à leur approche de leur bâtiment, ils entendirent des sirènes de pompiers accompagnées d'une épaisse fumée éventée par un temps agité. Le laboratoire de leur rencontre brûlait malgré le copieux arrosage des sapeurs qui s'activaient à la tâche. Ils étaient dans l'expectative devant ce théâtre de désolation. C'était un coup de malheur pour tous les deux, la perte d'un travail de deux ans. Mélanie était tellement bouleversée qu'elle se cacha contre Auguste. De son côté lui était resté stoïque, il était devenu une statue sans visage. Il faisait partie d'un décor en y étant complètement absent. Ils abandonnèrent le parvis de l'université parsemé de quelques retours en arrière lorsque, de dépit, ils s'éloignèrent définitivement de la scène. Attrapant le premier bus, Auguste désirait prévenir sa mère. Ils rejoignirent la demeure des allées du parc mais le bus fut bloqué dans les embouteillages. Ils descendirent contraints, bien avant leur arrêt, et terminèrent leur course à pied. Le dernier pâté de maison franchi, ils tombèrent sous un spectacle d'une horreur familière.

             La fumée, les flammes, les sirènes mais que leur arrivaient-ils ? Ils étaient tout chancelants de tristesse et de stupeur. Le téléphone portable ne donnait  rien, il aboutissait encore sur la messagerie. Ils attrapèrent le premier téléphone public mais n’y trouvèrent que le vide coutumier de sa sonnerie. Une avalanche d'inquiétudes prit le dessus. " Vite un taxi ! " s'écria de peur Auguste. Mélanie constatant l'énervement inhabituel de son compagnon essayait de le calmer. Sur le champ ils l’avaient appelé, cela n’empêcha pas d’avoir les plus longues 5 minutes d’attente pour Auguste qui piétinait dans tous les sens. Sa réflexion, pragmatique et froide avait repris le pas sur son instinct : " Il y a trop d'improbabilité que deux endroits où je passe du temps soient en feu le même jour… Il est sûr que quelque chose ou quelqu'un est l'instigateur de ce qui se passe".

             À l’approche du taxi, ils avaient déjà investi des places et indiqué l’adresse où se rendre. À contre cœur de tout, il retournait à l’orphelinat, une période de son enfance qu’il refoulait avec hargne. La voiture aspirait les kilomètres sous les réclamations insistantes des passagers. Celle-ci passa enfin le poste de garde et remonta la route principale bitumée pour déverser les visiteurs empressés. Elle maintenait sa position pour assurer le retour des fidèles qui étaient passés tout de suite à l’intérieur de l’aile gauche et s’étaient dirigés vers le bureau de la directrice. Ils furent interpellés «  Monsieur Auguste ! Nous sommes surpris, votre mère n’est pas avec vous ? ». «  Elle n’est pas à son poste ? » retourna-t-il. «  Nous ne l’avons pas vue de la matinée, ni  non plus en ce début d'après-midi !". Auguste était sous le choc de nouveau. La responsable adjointe reprit : " Vous avez essayé de la joindre sur son portable ?". " Bien évidemment mais ça sonne sans réponse ! Vous croyez quoi ! Ragea t-il de colère alors que ne ça ne lui ressemblait pas. Mélanie le tira : " Viens, il faut que l'on retourne à Dijon !". Il s'exécuta sachant qu'il ne ferait rien de plus sur place. Il fallait à tout prix se rendre à la gendarmerie faire une déposition.

             Dans cette cavale, ils n'avaient même pas pris le temps de manger, la faim les titillait. Dans le taxi, ils entendirent leur ventre réclamer. D'un commun accord, ils décidèrent d'attendre d'être en ville pour se restaurer car ils ne voulaient absolument pas perdre de temps. Après trois heures de route, ils débarquèrent à l'appartement de Mélanie, épuisés et affamés. Sans s'attacher à la présentation, ils dévorèrent à la hâte deux, trois trucs qui traînaient dans la cuisine. Auguste essayait de convaincre Mélanie de partir de Dijon car il avait un très mauvais pressentiment. À force de parler, parler, parler, il finit par la convaincre de rejoindre sa famille à Chalon sur Saône. Dans la soirée, elle prendrait un train pour s'y rendre. Puis plus de deux heures durant, ils déposèrent sur les événements de la journée au commissariat de quartier. Ils n’étaient pas loin de l’heure du départ à la gare. Une anxiété, un stress bien compréhensible faisait trembler les mains d'Auguste. Il confirma : " Je t'accompagne !", il en devenait presque lourd d'insistance. Mélanie ne voulait pas en rajouter mais ce fut plus fort qu'elle : " Stop, arrête de faire de peur !". Auguste se tut et ils entamèrent cette dernière ligne droite avant de se quitter.  Dans leurs pas silencieux, il finit par lui passer sa main dans la sienne et ils se regardèrent pour se rassurer d'être l'un à côté de l'autre. Ils terminaient ainsi le boulevard de l'arquebuse et approchaient du pont.

             Dans le périple, ils n'avaient pas détecté qu'ils étaient suivis depuis le commissariat. Auguste prit un coup de batte dans les articulations. Ses genoux se plantèrent au sol avec leur dessus qui, dans l'élan, se râpèrent sur l’asphalte. Deux protagonistes l'agrippèrent, le maintenant de force au sol. Au même moment, les trois autres de ce groupe, dont le chef, avaient ceinturé Mélanie. Dans son débat et sous ses cris, ils lui arrachèrent ses habits par la lame d'un couteau. De l'autre, Auguste s'acharnait à se débattre malgré ses deux bras retournés, ses paumes maintenues vers le ciel et ses deux épaules retenues vers le sol. Comme un ange se posant sur la réalité de la haine, de l'horreur ou du mal incarné. "Laissez-la !", "Arrêtez ça !", " Lâchez-moi ! Mais arrêtez, je vous en prie !", lança t-il à tour de rôle sous la douleur d’un démembrement et les larmes commençant à fouetter sa vision. Mais le pire fut quant ils le forcèrent à se soumettre au viol de son amour, de sa tendresse. Il encaissa un crochet dans la mâchoire, des coups de pieds dans le ventre et encore un crochet. À demi encore conscient, les arcades en charpie, la lèvre éclatée, il distinguait à peine la scène pourtant il continuait d'essayer de se relever. Parce qu’un son atroce lui perçait les tympans comme Ulysse face aux sirènes. C'était les cris de Mélanie qui lui déchiraient l’âme car il était incapable de lui porter secours. A l'extérieur, plusieurs badauds médusés, apeurés dans une panique affichée, prévenaient les services d'ordre de la situation. Sans commune mesure, le temps fit défaut à cette situation abjecte et comme si elle n’était pas encore finie : «  Regarde connard, tu vas payer !!  » s’égosilla le chef de bande. Le couteau levé, il transperça, transperça de toute la lame le corps de Mélanie, maintes et maintes fois jusqu’à ce que les sons se taisent. Quand les derniers spasmes de vie disparurent pour consentir à la rigidité du corps, ils lâchèrent leur basse besogne pour terminer sur Auguste. Quand, sous un feu nourri, ils encaissèrent des tirs de Flach-balls, une quinze de policiers les encerclaient afin de les maitriser. Alors que d'un toit protecteur, le dessous du pont de l'arquebuse illuminait de vert une rose posée entre ses piliers, ceux-ci assumaient leur rôle forcé de gardiens du désastre, de cette fleur aux pétales écarlates serpentant entre eux en se fanant. Pendant que rampant sur le sol, ne sentant plus que son bras droit, Auguste larmoyant se rapprochait de Méla, de son amour (1) . Dans l'indifférence des autres, avant de sombrer dans l'inconscience, sur le dernier effort, il l'entoura de son bras, la suivit et se figea.

             La cohue des services de secours, des policiers en renfort s'entremêlèrent pour rendre à nouveau le calme habituel à l'endroit. Confié à l'hôpital du bocage, allongé dans une pose renouvelée, Auguste était impassible aux soins qu'on lui prodiguait. Il était mort lui aussi, sous le pont. Pourtant, au bout d'une semaine, il avait disparu de son lit, surprenant le personnel. Redevenu orphelin par le supplice, la déchirure fut tellement immorale que l'homme alors sombra. De sa colère, de la rancœur accumulée, de la perte de la personne la plus chère à sa vie, Auguste devint l'opposé de lui-même, il devint rage. Une soif intarissable le saisit celle de la vengeance éternelle qui même dans la mort ne s'arrêterait pas. Dans les mois qui suivirent, il s'occupa comme un robot des démarches des décès, celui de Mélanie et celui de sa mère Arianna retrouvée dans les cendres de leur maison. Avec l'assurance, il fit reconstruire à l'identique la demeure  (8) sans la serre qu'il garda en état de ruine, condamna la chambre du plaisir. Il marqua ainsi la fin d’une époque.  (9) Des heures durant, on le trouvait stoïque sous le linceul ou s'était éteinte sa bien-aimée (2). Il ne reprit jamais son travail à l'université. Personne ne savait qu'il avait monté son propre laboratoire dans la demeure de sa mère. On ne savait pas où il s'était procuré l'argent.

             Un an s'était écoulé, il y eut des histoires étranges de vieillards qui habitaient les allées du parc. Certains racontaient avoir vu trois fois la même personne. D'autres personnes racontaient que des ados se prirent des claques par quatre hommes identiques jusqu'à lécher la terre écrasée sur les sièges pour avoir posé leur pied sur les banquettes des bus.

             Puis, on retrouva lardé comme un porc un des premiers individus de la bande de criminels, le premier d'une très longue, très longue liste...

 LA SUITE : CHP2 Le génie insolite, "Journal de bord"

Le personnage d'auguste, aide:

C’est un cloneur, il conserve sa bien-aimée dans un cercueil cryogénique ainsi que les restes de sa mère. On ne sait pas ce qu’il va en faire.

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