Le fils du dieu néant

Bonjour à toutes et tous,

Vous êtes dans la partie Essai indépendant,"Le thème du légendaire", avec un récit sur les dieux.

Bonne lecture 

Création littéraire, Tous droits réserves et exclusifs.

Auteur : Philippe Graindorge, Blaisy-bas

janvier 2015

 

 

Commentaire  de l'auteur: il y a plusieurs axes de lectures, les interactions dans une famille, une approche scientifique et une approche philosophique.

 

Le fils du dieu

 

 Le fils du dieu Néant

 

 

               Stoïquement, impassiblement, le premier des très anciens dieux, le dieu Néant, était assis comme obstiné sur son rocher du gigantisme vide. D’une sale habitude constante et indéfectible, il était perdu dans ses songes philosophiques éternels et balayé par la réalité de l’océan de la science insondable de ses théories. Ce noir invinciblement absolu, ce silence d’une rage rigide, cette stagnation ogresse perpétuelle, il y baignait depuis tant d’éternités que d’assentiment, il ne pensait à rien d’autre. Soudain, le pouième d’une minuscule, ridicule, lilliputienne idée traversa ses pensées et elle s’appliqua à se creuser un sillon dans ses habituels questionnements infinis. Pour la toute première fois, une chose impossible et tellement si incroyable se produisait en lui.

 

                En effet, le dieu Néant....doutait : «Même si je suis le seul et l’unique, le tout et le rien à la fois. Est-il possible qu’il existe un autre comme moi ou un plus petit et que je ne le sache pas ? Non, cela n’est pas possible car je le saurais évidement». A force de rappels algébriquement continus au cœur du chemin sans fin de son esprit, le dieu Néant émettait la profondeur et le précurseur d’un sentiment sincèrement inédit. Comme le marteau fabriqué pour un forgeron qui n’aurait jamais frappé d’enclumes, il était martelé du début incontrôlable d'un regret. Quand, le bruit d’un bougonnement inapproprié dans le silence se fitentendre : «Ah! Il est vraiment dommage, moi le seul et l'unique, que je ne puisse pas parler à une autre personne, autreque moi-même. Cela pourrait être d’une jubilation intellectuelle intéressante pour découvrir si d'autres idées sont possibles».

 

               A la suite, lors du ravage d’une charge de cavalerie épique, cette simple phrase reboucla, reboucla sans cesse à travers l’intégralité de son être. Comme-ci, après toute l’immensité de ce laps temps, le fait d’être toujours d’accord avec lui-même avait fini par l’ennuyer. Ou bien, l'apogée catatonique de la connaissance avait rejoint la limite du jugement de sa fin prononcée. Pourtant, il avait toujours eu tout ce qu’il voulait, étant le seul. Mais ce sentiment au sein de cet espace vide marquait le début d’une naissance, une absence. Sans fracas,le cisèlement d'une rotation s'accélérant de tonnes d'interrogations complètement inconnues émergea à la surface et il botta en touche d'un souffle nouveau, les réflexions plénières habituelles.

 

                Tout à coup, le grondement saccadé d'une oscillation se fit entendre et il en sortit la chimère d'une création immatérielle. A l'opposé de tout, le sentiment du regret avait nourri un pouvoir supérieur que ne connaissait pas le dieu Néant. Il imaginait ! Noué par ce bouleversement, cette agitation neuve, il cherchait des quantités invraisemblables de solutions sur les sensations étranges que lui insufflait le sentiment de ce regret. La chronologie d'une genèse s'affirmait : «À quoi cette conscience pourrait-elle ressembler ? Serait-elle identique à moi, l'unique ? Aurait-elle les mêmes pensées que les miennes ? Quelle place prendrait-elle, s'assiérait-elle aussi sur mon rocher ? Que ferions-nous ensemble ? Je ne serais plus un, mais quoi ? Quoi ?». Dans tout ce fatras déferlant en lames de fond, le dieu Néant défonça encore d'un pas l'au-delà de ses éternités passées. Soudain, catégoriquement, l'oscillation passa à la fréquence d’une onde inédite. Entrant à l'intérieur d'un cadre spécial, le dieu Néant, sous ce regret, imaginait à l'extrémité de ses suppositions. Mais plus encore, ses souhaits l'avaient amené à une phrase hors de son commun coutumier: «J'aimerais... qu'elle me ressemble ?».

 

              Peu à peu, le chamboulement du façonnement primaire fit jaillir d'un flan du dieu Néant quelque chose, intangiblement, quelque chose de remuant et d'instable. Une percussion retentissait dans cette espace d’un bavard expressément silencieux. Par étirement, le son harmonique naissait dans le cloître de cet abîme sans fond. Cela ressemblait à une nuit pure, noire, dépourvue de ses étoiles et de sa lune où d’enchantement, une seule perception vous attirait. Un volcan mélodiquement éruptif émergeait des glaciers éternels intersidéraux. Un phare musical émanait à travers des vagues, des variétés de sonorités, des musiques festives, extrêmement joyeuses et sortantes d’un nulle part fleuri par un débordement de liesse, de gaieté.

 

 Tout cet ensemble paraissait immuable, allégoriquement inarrêtable. Pourtant, l’amoncellement de l’entité phonique cessa brusquement.

 

              Dans une pause cliniquement lourde, il surgit une nouvelle voix, déchirant d’un feu vif et magmatique, le scellement des raisonnements du dieu Néant :«Qui es-tu ? On est où ? Pourquoi suis-je ici ? On ne peut pas s’amuser ?». Pour toujours, elle déchirait à jamais l’argumentaire unicité de ce lieu, le fils du dieu Néant était né. Confondu par l’étrangeté du phénomène, le dieu Néant avait un mal fou à répondre sous le couvercle primitif de ses paroles extérieures à lui-même. Avec ambigüité, il mit un long moment à répondre à son interrogateur, alors même que c’était le souhait le plus cher à sa conscience. Mais, forcément, la curiosité sur cette nouvelle entité courrait d'une trop grande tempétueuse importance, face à ses rêves.

 

              Comme tout père désirant l'attention de son enfant, il finit par lui répondre avec une rigueur nourrie de compassion, d'une colossale sagesse et d'une tendre bienveillante protection: «Tu es une partie de moi ! Tu es quelque chose de moi ! Ici, tu es au milieu de tout et de rien, sur mon royaume, chez moi ! Chez toi ! Mais, si tu es ici, c’est que je t’ai souhaité et magiquement, tu es là !». D’un débordement de cabri, l’enfant se mut à tourner autour de son père le dieu Néant, le laissant dubitatif devant ce spectacle, tout en lui répondant : «Tu es content que je sois avec toi ? Moi, je suis content d’être avec toi ! Alors maintenant, on peut s’amuser, toi et moi ?». C’était la deuxième fois que le dieu Néant recevait cette singulière proposition.

 

              Mais, étrangement,  il avait du mal à cerner le fondement ce cette requête : «Bien sûr, je suis content que tu sois avec moi. Par contre, je ne comprends pas bien ce que tu entends par le mot, s’amuser ?». Un boum strident de fission dans cet univers d’ilotier, celui qui savait tout, avait changé. L’évanouissement fantomatique de certaines notions, sans doute, lui échappait dorénavant, partiellement. Or, l’enfantillage du fils, apparemment, activait avec pertinence les sujets que n’abordait plus son père le dieu Néant. Dans un élan pimenté par une farandole d’espièglerie : «N’est ce pas cela, père… s’amuser ! On parlera d’une ribambelle de sujets ou de choses à laquelle, vous ne pensez plus ? Ou que vous n’avez jamais encore abordé ?», rigola le fils du dieu Néant en poursuivant sa ronde si fourmillante de vie.

       

              Regardés par l’extérieur, paradoxalement, l’immobilité s’alliait à un mouvement atomique contre l’espace et le temps qui s’y étaient scindés. Le fécond montage exponentiel des deux parties, dans cette pleine ombre incommensurable, s’aménageait d’un noyau unificateur, le dieu Néant, et d’un électron virevoltant dans tous les sens sphériques, son fils. Celui-ci au gré de ses assourdissants appétits s’enquérait de l’assaisonnement, avec le plus grand intérêt, les raisonnements majeurs du dieu Néant.

 

             D’une euphorie inégalable émerveillante, le dieu Néant s’extasiait sur la grande roue enchantée de cette immense pléthore déversée par ce fils prodigue. Par sa stimulante rotation mélodieuse, il était devenu l’orchestration d’un frissonnant nuancier d’avis qui alimentait comme l’eau d’un torrent, les grandes pales d’un moulin. Ferventes, celles-ci alors travaillaient d’aplomb et par allégation le cercle de la logique isolatrice du dieu Néant. Symphoniquement, leurs interactions s'affranchissaient d'une complicité fidèlement embrigadante. Elles concluaient subtilement le résultat suivant.

 

              En effet, le rocher du gigantisme vide semblait avoir diminué en taille. Sous le choc de la naissance du fils du dieu Néant, la détonnante déflagration avait brisé la vitre invisible de la science confortée de son père. Seule son contact tacite aurait suggéré objectivement sa présence. Avant, il aurait été d'une stupidité sans nom de courir les yeux bandés dans le noir abyssal, sans risquer de s'assommer d'un coma rigide au touché direct de cette paroi. L'infinité ouvrait les portes d'un nouveau plan à l'espace.

 

              Incontestablement, le carrousel de ces joutes mentales s’expansait d’un florilège croissant de concepts originaux. Tous les deux, liés par leur renversante réplique, ils atteignaient des frontières de sommets que même le dieu Néant, avec tout son savoir, n’aurait pu prétendre à lui tout seul. Seulement, comme toujours, les éternités passantes, le catalogue des frictions achevait par tuer le régime structurel de l'ensemble des positions de chacun.

 

                Alors, le fils du dieu Néant s'égosilla d'un regret à son tour: "Dis-moi père, pourquoi je peux courir circuler en jouant à proximité de toi. Quand toi, tu restes assis sans bouger ? Tu ne trouves pas ça intrigant que tu ne puisses pas le faire, toi aussi ?". Par l'accord d'un ébahissement pincé, le centre de tout, le dieu Néant, articula dans un protocole humide, le désœuvrement statique qui le possédait. Le malaise originel du dieu Néant, qui le prenait par surprise, avait touché l’ancre de son état inviolablement contraint. Subitement, le fils du dieu Néant ralentit emphatiquement sa trajectoire. Par attention filiale, il sentait qu’il avait pointé sur une lésion que portait en lui, d’un fatalisme fâché, son père le dieu Néant. Affectueusement, il murmura de douces paroles longilignes contraires à sa magnétique stimulation : «Ne vous inquiétez pas, père ! Si cette différence vous choque. Je m’adapterai à vous. Je ne veux en aucun cas vous changez alors que vous m’avez créé !».

              Ainsi, il répliquait concentriquement au froid découlant de son père le dieu Néant. Peu à peu, le mouvement instauré initialement entre eux stoppa comme par une allégeance fusionnelle. L’enrochement de la nature voulait rejoindre son administration antérieure. Méthodiquement, le fils avait rattrapé le père. Complices, ils devenaient un enclavement nouveau, en siégeant tous les deux sur le rocher du gigantisme vide. Pour un futur radieux, cette convenance d’entichement ne plantait rien d’éloquent sur le catalogue des entendements projetés par le rassemblement de ces deux pensées. L’écorchement cimenté d’une contagion morose étouffait mémoriellement le fils du dieu Néant. Celui-ci avait trop goûté à l’émulation de ses jeux et la dure limitation à ses tourbillons révolutionnaires lui pesait d’une impalpable lourdeur vaporeusement empoisonnante.

 

Le fils du dieu néant SUITE

              Dépourvu de vanité, le dieu Néant embrassait le sourd désaveu de son fils qui s’était timbré d’un verbeusement état muet. D’autre part, le rocher du gigantisme vide percevait intimement les vibrations plaintives du fils du dieu Néant. Impitoyablement, le duo qui paraissait en béton se fragmentait par des fissures de sa symbiose et il arrivait presque par dissocier le cœur de leur assise. Dans tous les cas, la place était géographiquement trop ridicule sur ce gouvernant rocher. D’un hochement d’abdication, le dieu Néant était partagé entre son état archaïque antérieur et les besoins de trémoussement de son fils qui l'avaient tant émerveillé : «Tu te sens pas bien avec moi ? Veux-tu que je te fasse de la place ? Tu sais, je peux essayer de me pousser ! Ou bien de me faire plus petit !». Réarrangeant, il se déterminait à trouver un meilleur sort pour qu’enfin son fils soit pleinement son égal. D’un grand zézaiement, son fils s’extériorisa : «Mais si, je me sens bien avec toi. Mais, ce n’est pas ça et cela n’a rien à voir avec la place !», se tortillant. Et de poursuivre : «Je sens que je n’arrive pas à garder mon calme car je repense tant à mes jeux d’avant !».

              Par ailleurs, le dieu Néant reconnaissait vocalement que les vastes échanges qu’il avait eu avec son fils, avaient franchi sans comparaison, l’excellence. Semblable à des yeux, le dieu Néant arrivait quasiment à percevoir deux notions établies. D’un cartésien élémentaire et posé, celle qui le plaquait matériellement et irrémédiablement d'une limitation sur le rocher du gigantisme vide. Puis, d’un mysticisme instinctif et sentimental, celle qui lui faisait visionner le rêve de suivre son fils dans ses chemins au quotidien. Ainsi, il savait qu’il pourrait appréhender avantageusement ses soifs de découverte enfantine et de les utiliser comblé. De lui-même, il ne pouvait admettre la marque de cet instant et il fut transpercé d’un second regret. A la suite, à l’image d’un arc-en-ciel se dessinant, sous le soleil et la pluie, cette simple perspective se distingua, se distingua sans cesse à travers l’intégralité de son être. Encore une fois, le dieu Néant dépassait le bout du bout de sa pensée. Soudain, brillamment, une seconde oscillation passa à une fréquence d’une onde inédite mais plus rapide, au régime de l’éclair. Entrant à l'intérieur d'une sphère spéciale, le dieu Néant, sous ce regret, imaginait l'extrémité de ses deux choix. Mais plus encore, il rayonna d’une phrase hors de son unicité coutumière: "J'aimerais... pouvoir faire les deux".

              Peu à peu, encore plus intense que le premier chamboulement, le dieu Néant vitrifié par sa conscience se scinda en deux parties distinctes en quelque chose, visiblement, en quelque chose de remuant et de stable. Magnifiquement, une boule blanche claire se dévoilait dans cet espace d’un éclairage de flamboiement noirâtre. Avec un dispersement, la lumière miroitante luisait dans le cloître de cet abîme démembré de vision. Cela ressemblait à une nuit où une seule étoile majestueuse brillait au firmament. Celle-ci fascinait par mille charmes ésotériques, une seule perception vous pétrifiait. Un torrent angéliquement jaillissant s'épandait coloré sur les nuages éternels intersidéraux. Un phare kaléidoscope irisait par des tons, des variétés de teintes, des couleurs pastel, extrêmement vivantes et entrant dans un ici conquis par ce débordement de liesses et d'amours. Les deux ensembles se présentaient inséparables, maritalement complémentaires. À contrario de la naissance du fils du dieu Néant, l’amoncellement de l’entité photonique continua admirablement à scintiller.

              Par un dénouement provocateur, ce qui restait du dieu Néant toujours accroché à son rocher, diaboliquement si noir, dévorait à l’aveugle la douceur luminaire de sa moitié aux reflets de cristal. Confusément, celui-ci était redevenu un ridicule enfant qui voulait tout découvrir de cette quintessence spectrale. Quand, une voix plus fine se fit entendre dans ce vide : «Pourquoi me regardes-tu avec tant d’attention ? Tu veux que je t’aide ? Car ton fils est déjà debout et je pense qu’il veut s’amuser ! Je reviendrais un peu plus tard te parler !» Un deuxième boum strident de fission dans cet espace cimetière, celui qui savait tout, avait encore changé. L’évanouissement sensitif de certaines notions, indubitablement, lui échappait dorénavant totalement. Dans un calme glacial, le dieu Néant riposta d’une ligne opératoire posant son accord de situation : « Vas ! Même si j’ai tant de choses à te dire !». Mais singulièrement, un manque impressionnant lui frappait tangiblement sa condition de gardien, dans ce rocher travaillé si carré, comme un coup glacé qui déchiquetait sa poitrine. Cette moitié prismatique qui l’avait quitté lui prodiguait une chaleur criminellement nourricière et il subsistait emprisonné à sa vue bienfaisante.

              Unilatéralement, elle manifestait sans concession, la création virginale de l’extraordinaire impératrice des déesses à un paradis. Elle dominait le pouvoir charismatique de toute chose par une subtile beauté effrénément envoutante. Dogmatique, elle délivrait la transcendante incarnation du bonheur divin irréversiblement suprême et glorieux. Plus encore, elle serait miraculeusement celle qui vous nourrit quand la faim crépusculaire vous tenaille dans l'enfer de votre mort. Elle serait infatigablement celle qui vous dénicherait dans l'abîme interminable des perditions infernales afin de vous rendre alertement l'espoir absolu. Elle serait opiniâtrement celle qui vous guérirait de vos déchirures de cœur, béantes de pleurs et de sang, en vous blanchissant d'un des plus purs des amours béni et salvateur. Quand, regardé de l’extérieur, avec éloquence, l’ombre s’unifiait à la clarté face à l’antimatière et à la matière qui s’y étaient scindées. Alors, sauvé par l'épurement, le fils du dieu Néant riait de joie. Partant dans tous les sens car il était désarrimé définitivement de l’emprise du rocher du gigantisme vide, il qualifia plaisamment son nouveau tuteur : «Tu es tellement maternelle et tellement câline avec moi ! Je t'aime tu sais, je t'aime ! Je peux t'appeler maman ! Tu es d’accord..... S’il te plaît !». Sans retard, d'un calme si précieux, elle lui retourna : " Mais bien entendu, si tu te sens bien et moi aussi je t'aime... mon enfant !". L'infinité s'ouvrait alors d'un second espace jamais approché.

              Pendant ce temps, contrarié, le Dieu Néant, rageur, observait les affranchis se réjouissant de la fraîcheur d'une liberté pleine et entière. Bizarrement, leur distraction s'abandonna dans une insouciante naïveté et elle les tira incroyablement en dehors des limites du plan du rocher du gigantisme vide. Alors, dans ses ténèbreuses pensées de dieu Néant transformé plus froid, effroyablement, une peur primaire s’exprimait pour la première fois : «Tu vas revenir, j’ai tant besoin de toi. J’aime quand tu es près de moi ! Mais, où allez-vous ? ». De l'autre côté, témérairement, le groupe des zébulons n'écoutait plus les torturants appels du dieu Néant. Ils se cabotaient alternativement dans une ronde puérile d’une éclaboussante innocence. Celui-ci d'un surenchérissement ralentissait implacable par l'éloignement de ses trottinants regrets vers une génératrice prophétiquement morbide. Puis, comme relevant la tête, le dieu Néant percevait à nouveau le feu de sa moitié noyé dans ses yeux gelés et embrumés. "Mais, on n'était pas loin ! Ton fils joue encore ! Qu'as-tu de si important à me dire ?", s'empressa-t-elle  d’exprimer soucieuse. Comme mordu par l’écorchement d'une jalousie féroce, le dieu Néant bafouilla dans des sanglots novateurs : «Ton absence me livre sans vie ! Quand tu n’es pas là, toute ma rationalité s'évade démoniaquement et je ne sais pas pourquoi !". D'un migraineux dilemme, souhaitant combler le désir d'amour du dieu Néant et de celui de son fils, l'étoile étincelante se mit à filer autour d'eux, compilant des placards de décisions émotionnellement viables : «Que faire, que faire?», gémissait-elle.

              Primordialement, elle n'avait qu'un seul but ultime. Elle voulait pudiquement la satisfaction compassionnelle pour ceux qu'elle aimait d'une ardente combustion idylliquement irradiante de bonté. Alors, frénétiquement, il n’y avait pas de terrain pour un échec cuisant dans l’espace de ce foyer. Chacun avait le droit au rang d’un partage équitablement distribué. Celle-ci prit idéologiquement la décision d’une répartition consensuelle. Tantôt, elle jouait avec le fils du dieu Néant en utilisant une foison d’idées fantaisistes. Tantôt, elle bavardait assidûment avec le dieu Néant distillant une kyrielle de principes et de sensations afin de réchauffer ces impressions droites capricieusement obscures.

              Pourtant, l’offre n’ébranlait pas charitablement les amples nécessités de chacun. L’état du dieu Néant s’armait pathologiquement d’une étrange chute colérique. D’autre part, le filament blanc de sa course traçait une conduite particulièrement papillonnante et son caractériel émoi n’advenait plus à produire les résultats attendus. C'était une déroute embouteillée d'obstacles. Dans l'entre deux mondes, elle se complexifiait en une réaction atomique difficile et elle s'optimisait d'investissement : «J'aimerais tant pouvoir à tous les deux, leur donner de l'amour ! J’aimerais être avec mon fils et j'aimerais être avec ma moitié». D'elle-même, elle ne pouvait admettre la contrainte de cette équation et il fut explosé par un regret.

              Poétiquement, une merveilleuse énergie réservée sortit du flan de la resplendissante déesse du dieu Néant. Un bombardement atomique, d'une intense luminosité et de saturation sonore, bouleversait la proximité du rocher du gigantisme vide. Érotiquement, des morceaux éclatants de matière s'amoncelèrent en tas jusqu'à tiédir anatomiquement en une masse d’une rondeur planétaire. Gracieusement, elle se satellisa autour du dieu Néant comme la riposte salutaire à ses tempétueuses fureurs. D’enfantement, leur fille venait de naître en corps astral dorloteur et mondialement prévenant. En effet, elle reprenait avec rigueur le chemin qu’avait suivi son frère à proximité de son père mais dans une révolution explicablement minutée et elliptiquement précise d’à-propos. Mathématiquement, le père et la fille développait ensemble une introspection mécaniquement huilée et calculée. D'un échange hors du commun, ils s'abreuvaient de courtoisie en recadrant l'égérie des pensées philosophiquement pyramidales par une réorganisation de la base de tous les concepts.

               À l’opposé, sa Déesse, lumière du Néant s'assujettissait clairement à son tracé de comète renouvelée et elle accueillait les ambitions lyriques de son fils avec un immense plaisir. D'un zoom plus large de l'extérieur, l'ensemble qui coexistait maintenant s'effilait théâtralement à la grandeur impériale d'une mouvance galactique. Dans cet univers, ce fils et cette fille devenaient magistralement les enfants bénis des dieux et chacun d'eux avait séparément leur place attitrée. Malgré tout, la nuit noire semblait subséquemment s'être émancipée par des lumières en dehors du cœur profond du rocher gigantisme vide. Celui-ci avait pris une apparence presque pitoyable ou même voir d'une curiosité véritablement ridicule. Néanmoins, le dieu Néant y séjournait toujours d'accablement. Raisonnablement, sa compromission granitique conservait son ineffable attraction centrique.

Le fils du dieu néant SUITE

                  Mais sur toute cette série d'évènements, il réagit d'une façon triomphalement optimiste : «C'est incroyable quand même ! Depuis que j'ai été déçu d'être seul. Désormais, je suis entouré de trois pensées formidablement riches. Chacun d'eux m'apporte tant de pluralité imaginative ! Je me sens à la limite de m'élever dans mes rêves, vers une totale liberté !».

                  Dans l'infiniment petit, l'atome serait passé d'un sublimement à l'état d'une molécule. Bibliquement, une réaction en chaîne qui ne s'arrêterait plus jamais. Comme-ci l'amour fondait la création de toute chose dans cette infinité. Constitutionnellement, une maison en forme de galaxie s'étirait en encerclant gravitationnellement un minuscule caillou. D'un côté, une supernova éblouissante tourbillonnait catapultée par un satellite moteur de jeux, aux bordures des limites de la transgression. De l'autre, une terre paradisiaque s'animait sous l'altitude sensible de sa lune féconde aux marées de réactivité. Ordinairement, mécaniquement, les interactions s'empilaient en unité d'éternité entre chaque noyau. Néanmoins, les compilations familiales s'accordèrent vers une variation conjoncturelle des situations.

                 L'approfondissement, d'une émancipation rejoignait les envies d'aventures carillonnantes par un renouvellement des orientations individuelles.

                  Alternativement, le fils du dieu Néant décèlerait auprès de son père toujours sur son caractériel trône de pierre et de sa petite sœur qui sensiblement se matérialisait en un astre avec une des plus grandes candeurs. En effet, celui aspirait à un retour des liens paternels initiaux dans lesquels il avait baigné de bonheur. Parallèlement, la découverte de ce petit bout de monde l'intriguait par un sentiment de fraternité indescriptible. Ensuite, son émerveillante clarté de mère emboîtait comparativement la même transition élémentaire, reconquérir ses liens familiaux avec son époux et sa fille. Comme-ci, cycliquement, après avoir exécuté leur voyage, le couple mère et fils revenait d'un consortium conditionnellement établi auprès du départ de tout.

                  Pendant ce temps, indéniablement, le dieu Néant et sa fille étaient plus que réceptifs à ces initiatives familiales. Comme un ballet savant orchestré, chacun tournait d’un élan papillonnant attractif variable. D’une satiété saisissante, ils répondaient tous platoniquement à l’appel de leur attache structurellement dansante. Au centre d’un trou noir, un Eden peuplé prospérait grâce à une complaisante affection universelle ! Le plus étrange était, que le dieu Néant déduisait d’un tâtonnement qu’il n’était plus au centre de tout. En effet, quelque chose avait structurellement changé. Est-ce que c’était dû à ses échanges particuliers, le renouvellement de sa conscience quotidienne, ce qu’il avait donné et reçu à la suite ?  Le rocher du gigantisme vide avait disparu, immanquablement disparu. Intensément, le dieu Néant alors se mit à pourchasser son tumultueux fils et sa rutilante compagne.

                  Sans vouloir être blessant, il omit ingratement sa tendre fille qui lui avait légitimisé la fin de ses peines. Fortuitement, il se retourna pour l’embarquer dans cette balade inattendue et ils se mirent tous à s’évader encore au-delà des limites de cet espace, bouleversant ainsi les lois élémentaires de la physique. Tout semblait aller somptueusement pour le mieux, entre les membres vibratoires de cette famille. Quand dans tout ce mouvement, des petits heurts involontaires éclatèrent sporadiquement dans leurs permutations à travers cette épopée d’enfer. Cahotiquement, le dieu Néant sous les secousses sollicita sa fille : «Tu n’as pas l’air d’être bien ? Tu suis une drôle d’allure. Pourtant, on s’amuse comme ton frère et ta maman !». Embarrassée, sa fille polémiqua : « Oui ! Je ne me sens pas bien ! Je n’aime pas être cruellement bousculé ainsi ! Cela manque d’un sérieux synchronisme. Et puis, je ne reconnais rien».

                  Dans cette course folle, aucun n’avait fait attention qu’ils avaient enjambé des distances pharaoniques en quelques instants, le parcours d’une éternité en un rien de temps. Démonstrativement, d’un œil perspicace, on aurait déduit par leur trajectoire cette hypothèse. Dans l’abîme de la nuit, on les aurait distingué en train de tomber dans un puits, un trou de ver dans l’espace, deux points unis mais diamétralement à l’opposé de tout. Quel pouvoir les nourrissait ? Leur colossale gargantuesque énormité d'entité divine! Ou bien simplement le pouvoir sans limite d'esprits qui étaient capables de briser l'espace par l'écrasante puissance de leur omniscience.

                  Dans l'ivresse d'avoir été démis de ses chaînes, le dieu Néant s'excusa auprès de son enfant : «Désolé! J'étais tellement content. Est-ce que tu veux t'amuser à une activité particulière ?». Il eut l’approbation de sa fille : «Oh oui ! Alors, je te pose une question. Qu'est-ce qui a permis notre naissance ?», lui demanda t-elle. Dans la profondeur son esprit, le dieu Néant se rappela : « J'ai imaginé que c'était possible que vous existiez !». D'une envie non retenue, le fils du dieu Néant en aîné s'interposa dans la conversation : «Dis père, je peux, je peux être le premier ? S'il te plaît !». «C’est quand même ta sœur qui a posé la question en premier ! Fais lui au moins plaisir par une création qui lui ressemble», reprit le dieu Néant.

                  Empressé, son fils accepta sans prendre de recul par rapport aux indications que lui prodiguait son père avec sa sagesse consciemment mesurée. Mais, les enfants niaisement commettent des erreurs et son fils rata lamentablement. En effet, il souhaitait imaginer une amie pour sœur afin de lui faire plaisir. Quand, émergent du néant absolu, le résultat fut une terre misérablement désertique, une ébauche, immobile et sauvage, exsangue de vie. Avec empressement, il avait pensé à la forme mais absolument pas à l'animation principale, sa pensée. Alors, sa sœur prit le relais pour trouver une meilleure construction en cherchant à résoudre cette situation. Elle pensa à des sentiments avec son cœur fragile et fort. Des sentiments qui pourraient être les plus primordiaux pour que cette création se meuve. Ainsi, sortant de la profondeur de la nuit noire naquit une émotion, la plus pure, celle de l'amour, remuant à l'intérieur d'un petit Dieu fertile. «Je vais te baptiser en t'appelant Eros et je t'ordonne d'aider cette forme à exister», imposa-elle avec conviction.

                  Alors, Eros s'appliqua à balayer d'une pluie de sentiments heureux, généreux et aimant cette terre aride. Fabuleusement, celle-ci commença par s'animer en débutant par valser nerveusement au ton d’une révolution angélique. Admiratif, le frère et la sœur regardaient avec attention la toute petite déesse qui venait de se mouvoir devant leurs yeux. «À mon tour de lui donner un nom ! Je vais te donner un nom original, tu te prénommeras…… Gaïa, j'aime bien ce nom !», s'émoustilla le frère. Prétentieusement, les deux enfants pensaient avoir égalé leur père le dieu Néant.

                  Cependant, la déesse Gaïa restait d’un sauvage et elle ne comprenait pas les discutions complexe de conscience particulière que s’échangeaient ses aïeuls.  Le frère et la sœur était très déçus : «Oh regarde ! Ils ne font qu’une tâche ! Pourquoi père ?». Fastidieusement, le dieu décortiqua avec patience le nœud du problème : «Lorsque, j’ai pensé à vous. J’y ai mi toute ma science ainsi vous pouviez intégralement me comprendre. Or, quand vous avez pensé à votre projet, vous l’avez fait sans y mettre tout. Vous avez choisi un thème, un sentiment !». Imperceptiblement, on pouvait percevoir une grande déception dans les bouleversements des deux enfants, pensant malgré tout qu'ils avaient essayé de leur mieux.

                 Pour déculpabiliser ses enfants, leur mère s’empressa de réagir par son extraordinaire compassion : «Nous allons donner à vos œuvres la possibilité de grandir pour nous rejoindre spirituellement. Elles le feront, en commettant des erreurs et grâce à cela, elles les amèneront à faire des choix pour en tirer des leçons. Dans ce cadre, je vais créer moi-aussi un dieu et il s’occupera de Gaïa avec la compagnie d’Eros ! Quand, ils auront assez grandi. Ils pourront alors nous retrouver !». Dans un grand effort maternel, un nouvel être, bestialement, surgit en s’extirpant de la déesse lumière.

                  Dans un barrissement, il s’animait de couleurs, d’un voile gris nuageux en étant triste et bleu azur quand il était joyeux. D’une conception encore trop rapide celle-ci finit par le baptiser Ouranos dans un symbolisme d'un ciel jurassique. Continûment, le dieu Ouranos abritait les mêmes travers lors de la création de Gaîa. Celui-ci demeurait avidement primitif et était personnifié par un instinct basique. Cumulativement, il ne réfléchissait qu’à une chose, enfanter besogneusement Gaïa. Ouranos ne possédait aucun maintien, aucune noblesse. Orageuse, l'enseigne accablante du machisme façonnait son attitude. Il se proclamait usuellement au rang d'un geôlier protecteur, pernicieux et même, il placardait une jalousie farouchement maladive envers Gaïa.

                  Par ailleurs, même s’il ne pouvait détester Eros qu'il considérait en frère. Fanatiquement, il n'admettait pas que celui-ci puisse s'approcher de trop près de sa bien aimée. Pour oublier la médiocrité de leurs ouvrages, les grands dieux les abandonnèrent afin de retourner vers un lieu plus propice à une imagination aboutie, sur un lieu encore matriciellement nu. Poursuivant ce besoin créatif, le dieu Néant accompagné de sa déesse et de ses enfants poursuivirent leur route vers un meilleur emplacement à travers les éternités et ils laissèrent derrière eux, ces jouets presque rudimentaires. Dans la marche de leur voyage, ils ensemencèrent l’espace de lumière et d’un cartable de myriades d’ouvrages. Décorativement, le vide de l’univers s’insuffla massivement dans une galerie de peintures de constellations, moucheté d’un gala de nouvelles étoiles ou de nouvelles planètes. A l’image d’une demeure géante, cette famille d’une émotion interstellaire mûrissait d’un engouement flagrant d’un besoin d’aller au-delà de leur toute première construction.

                   En quête d'accomplissement, les pionniers artistiques de l'espace et de tous les plans observèrent ce but ultime en dehors des recherches méta psychiques habituelles, découvrir s’ils parvenaient à magnifier des chefs d'œuvres. Par la multiplicité des réactions potentielles, ils étaient décidés à supplanter leur réussite en allant encore plus loin. Aujourd'hui, en résultat minimaliste dans l'infiniment, éphémèrement et ridiculement tout petit, l'homme contemple avec son lilliputien savoir, juste en levant les yeux au ciel, la quantité astronomique de toutes les ébauches de ces très anciens dieux. Il est bien évident que, l'homme n'en perçoit même pas la limite d'une poussière car la majorité s’astreint à stagner dans l’ignorance conservatrice à l’image du dieu Néant au commencement enclavé sur son rocher du gigantisme vide. Peut être qu’un jour, l’homme deviendra plus grand, plus sage ! C’est à cette seule condition qu’il connaîtra la vérité du Tout, du gigantisme vide, de l’espace intersidéral et de l’apogée de la création forgée par la conscience universelle de l’amour omniscient.

 

FIN

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